Communiqué de presse
Congrès Rwandais du Canada (CRC)
Mensonges et manipulations autour du génocide rwandais
Le Congrès Rwandais du Canada a lu avec intérêt le papier paru dans la Presse de Montréal sur le "négationnisme présumé de M. Robin Philpot" et trouve dommage que des manipulateurs qui veulent s'attribuer à eux seuls le titre de "victimes" du génocide rwandais continuent à en faire un fond de commerce pour Dieu seul sait quelle raison et viennent perturber la campagne électorale du Québec!
Il est connu que dans toutes les tragédies humaines, la vérité est souvent la victime oubliée. Le génocide rwandais n’échappe pas à cette règle. Le livre de Robin Philpot, lequel n’a jamais nié le génocide rwandais, a le mérite de poser des questions qui dérangent l’ONU et certains pays occidentaux qui se sont impliqués au Rwanda au cours de cette période. Son livre plaide pour une compassion collective pour qu’on reconnaisse que le génocide rwandais a fait des milliers de victimes non seulement du côté des tutsi mais aussi parmi les hutus. Le livre de Joshua Ruzibiza[1], ancien collaborateur de Kagame vient de conforter de façon éclatante les thèses de Robin Philpot.
En effet nombreux sont des Québécoises et des Québécois d'origine rwandaise qui, ont échappé à la folie meurtrière du Front Patriotique Rwandais, aujourd’hui au pouvoir au Rwanda. Au nord est notamment ces hommes et femmes ont fui devant la machine à tuer du FPR depuis le 1er Octobre 1990, et après avoir laissé sur le carreau plusieurs membres de leurs familles, ils étaient près d'un million à être entassés dans un camp de fortune aux portes de la ville de Kigali depuis mars 1993. Il y avait plus 100 décès par jour dans ce camp de fortune au début de l’année 1994. Est-ce que l’abbé Kabayiza pourrait reconnaître que ceux parmi ces malheureux qui ont réussi à s’en sortir en 1994, sont eux aussi des victimes du génocide rwandais? Aujourd’hui bon nombre de rwandais s’accordent sur le fait qu’il faut tout faire pour éviter qu’un tel drame ne puisse se reproduire un jour.
Ceux qui se donnent la peine de vérifier les faits, savent qu’après l’assassinat du président d’alors, le 6 avril 1994, l’ex-rebelle Paul Kagame a ordonné à ses hommes de rouvrir les hostilités sur tous les fronts pour prendre le pouvoir par les armes; ceci était en effet l’unique objectif de son mouvement. Selon plusieurs témoins privilégiés membres de l’armée de Kagame, ce dernier aura accompli son forfait en sacrifiant ceux qui étaient perçus comme les complices des agresseurs, toutes ethnies confondues, et qui étaient pourchassés par les milices chauffées à blanc par la peur et la haine. Les mêmes témoins racontent comment de leur côté, les rebelles du Front Patriotique Rwandais rivalisaient d’atrocités avec les miliciens dans toutes les zones conquises par la rébellion. Quelques uns de ces témoignages peuvent être retrouvés dans l’émission « Zone libre » de Radio Canada du 19 avril 2006, à la suite d’une enquête menée pendant deux ans par le journaliste Raymond St-Pierre. Rappelons qu’à l’issue de la diffusion de cette enquête, les mêmes démagogues ont taxé le journalisme de faire la promotion du négationnisme du génocide rwandais. Il faut remarquer que parmi tous ceux qui s’intéressent à la tragédie rwandaise, ceux qui ont dénoncé la part de responsabilité du FPR dans le génocide ont été affublés de qualificatifs négationnistes, révisionnistes, interahamwe, etc. Parmi ceux-ci on peut citer le Prof. belge Filip Reyntjens, le héros du film Hôtel Rwanda, M. Paul Rusesabagina, qui a sauvé plus de 1200 rescapés du génocide à l’Hôtel des Milles Collines, le journaliste d’investigation Pierre Péan, l’essayiste québécois Robin Philpot, l’historienne américaine Alison Desforges, les profs Christian Davenport de l’Université du Maryland[2], et j’en passe. Aujourd’hui même à Arusha, devant le Tribunal Pénal International pour le Rwanda, madame Desforges a affirmé que l’attentat contre l’avion de l’ancien président du Rwanda faisait bel et bien partie du mandat de ce tribunal; ce que Kigali et ses suppôts, dont les démagogues en question ici, réfutent énergiquement.
Depuis que l’enquête du juge anti-terroriste français Jean-Louis Bruguière a conclu en novembre 2006, après huit années d’investigations, que ce sont Kagame et ses proches qui ont organisé et exécuté cet attentat dans le but de provoquer le chaos et en profiter pour se saisir du pouvoir, les démagogues du FPR s’agitent car ils savent qu’ils ont acquis le pouvoir sur base de manipulation de l’opinion internationale en tenant pour responsable de la tragédie rwandaise la communauté internationale qui n’a pas voulu intervenir. Toute cette manipulation vise constamment à faire échec à toute tentative de vouloir en savoir plus sur la genèse du génocide rwandais. Pourtant le CRC croit que c’est un exercice nécessaire qui permettrait d’éviter que plus jamais un génocide ne puisse se reproduire dans ce petit pays africain et partout ailleurs dans le monde.
Il est affligeant de constater que le génocide rwandais est devenu un véritable fond de commerce et une arme imparable pour le pouvoir en place à Kigali. Tout opposant réel ou imaginaire est qualifié de génocidaire, de négationniste, de révisioniste et tous les « istes » de cet accabit. A la lumière de tous ces faits « nouveaux » pour certains, on est en droit de dire que définitivement « ça ne s’est pas passé comme ça à Kigali! »
Congrès Rwandais du Canada (CRC)
Pierre-Claver Nkinamubanzi, Ph.D., Président
Gatineau
Sunday, March 11, 2007
The International Strategic Studies Association
PO Box 20407, Alexandria, Virginia 22320, United States of America.
Telephone (703) 548-1070. Facsimile (703) 684-7476. E-mail : StratConf@aol.com. Website : www.StrategicStudies.org
The following is the authorized translation of the Declaration by ISSA adviser and consultant Jean-Pierre Mugabe
Declaration on the Shooting Down of the Aircraft Carrying Rwandan President Juvénal Habyalimina and Burundi President Cyprien Ntaryamira on April 6, 1994
April 21, 2000
ADRESSED TO:
o All Rwandans, UN, OAU, International Tribunal,
o Countries: Tanzania, Ouganda, Burundi, Belgium, France, Holland, Germany, United Kingdom, United States of America, Canada.
o Human Rights Organizations.
o The Press and Media.
WITNESS:
MUGABE JEAN-PIERRE
o Former Director of the Rwandese newspaper, Le Tribun du Peuple.
o Former Intelligence Officer of the Department G2 of National Gendarmerie (Rwandan Patriotic Army).
o Graduate Expert Detective (Belgium).
o Currently Consultant and Research Fellow at International Strategic Studies Association (ISSA), Washington DC, USA.
THE PERPETRATORS OF THE PRESIDENTIAL AIRCRAFT CRASH.
Major-General Paul KAGAME
Maj.-Gen. Paul Kagame is the son of Rutagambwa and Siteriya and comes from Gitisi and Nyamagana near Ruhango (GITARAMA). He studied primary school in Uganda and finished four years of Secondary school at Ntare school in Mbarara (Uganda). He became a Major in the Ugandan National Resistance Army with the function of Deputy Chief of the Ugandan Directorate of Military Intelligence.
He subsequently became Vice-President of Rwandan Patriotic Front (RPF) and Commander-in-Chief of the Rwandan Patriotic Army (RPA). He became Vice-President of the Republic of Rwanda and its Minister of Defense.
He is now nominated to be President of the Republic of Rwanda, and was scheduled to be confirmed in that office on April 22, 2000.
Colonel James KABAREBE.
Colonel James Kabarebe was the private Secretary and aide-de-camp (ADC) of Major-General Paul Kagame [see above]. He became Commander of the High Command Unit at Mulindi. Later, this Unit became the Republican Guard under his leadership.
James Kabarebe was the Commander-in-Chief of the Congolese Army Forces (FAC) after Mzee Laurent Desiré Kabila took power in the Democratic Republic of Congo (DRC) in 1997. Soon after, James took the control of forces determined to overthrow Mzee Kabila. He is now the Deputy Commander-in-Chief of the Rwandan Patriotic Army (RPA).
Lieutenant-Colonel Charles KAYONGA
Lt.-Col. Charles Kayonga was chief in charge of the Operations Unit of High Commmand Unit at Mulindi ó at that time with the rank of lieutenant ó from December 1993 until July 1, 1994. From lieutenant, he was promoted directly to the rank of lieutentant-colonel and given the command of the RPA battalion sent to Kigali to what is now the National Assembly (then the NDC: National Development Council) after the signing of the Arusha Accords. Kayonga had under his command more than 3,200 RPA troops, wearing civilian clothes, who clandestinely entered into the city of Kigali.
PREPARING FOR CONFLICT WHILE NEGOTIATING PEACE
Both the Rwandan Patriotic Front (RPF) and the Habyalimana Government were preparing for war while engaged in the Arusha Peace Process.
Preparations on the side of Habyalimana's Rwandan Armed Forces (FAR):
The Rwandan Government was heavily involved during 1993 in buying military equipment: arms and ammunition. This is shown by the funds of 2.5-billion Rwandese francs, paid to Dominique Lemaunier, a French businessman, who was supposed to deliver the equipment. It was Marc RUGENERA, by then Finance Minister, who signed the contract for the purchases on the Government side. The deal was followed up by Lt.- Col. Kayumba Cyprien of the FAR (Rwandan Armed Forces).
In March 1994, arms purchased in Egypt and sent to Kigali by a British aircraft were distributed to the Interahamwe militia of Pres. Habyalimana's political party, the MRND. These Interahamwe militia units were being trained militarily and receiving arms and ammunition specifically to undertake a genocidal assault against the nation's Tutsi population. They also planned a massacre of some political opposition leaders, including those who happened to be moderate Hutu. At the same time the Interahamwe were recruiting, with their numbers growing to 50,000. Army [FAR] Reservists, too, were given instructions to train the Interahamwe. All prefectures of Rwanda received funds from the Government, to distribute to the Interahamwe.
President Habyalimana in 1993, meanwhile, deliberately delayed the implementation of the Arusha Peace Accords, in order to allow more time for his Army units and militias to prepare for the coming mass destruction.
Radio Television of Mille Collines (RTLM) was strengthed in human and financial terms from the Akazu [clan, support base] of Habyalimana, specifically to propagate ethnic hatred against the Tutsi and to mobilize all Hutu extremists favoring the genocide against the Tutsi population.
PREPARATIONS IN THE RWANDAN PATRIOTIC FRONT.
During and after the signing of the Arusha Peace Accords, the Rwandan Patriotic Front was preparing for the final battle. After the signature by both sides involved in the conflict, [then] Major [now Major-General] Paul Kagame started visiting all Unit Commands under the areas controlled by RPF. He met with us (Rwandan Patriotic Army soldiers) and assured us that we should not believe at all in Arusha Peace Accords.
"Be ready with your military equipment, we are going to fight for the final war against the Kigali Government," Major Paul Kagame told the RPF troops.
Thereafter, the military forces in different units received intensive training in Karama, a political-military center in Byumba prefecture. In addition, the nominally-civilian cadres of RPF also received some military and political training in Karama to support the RPA. When the RPF had sent its RPA battalion of 600 troops to Kigali under command of Lt.-Col. Charles Kayonga, other military units in civilian clothes also infiltrated the town of Kigali. Every time that RPF trucks came to our headquater in Mulindi to load military supplies and firewood to be sent to the battalion in Kigali (at the CND, where the RPA battalion was based), arms and ammunition were also loaded, concealed among the supplies which were legitimately supposed to reach Kigali.
Heavy arms, including light artillery (such as mortars), were disassembled, before being loaded and later re-assembled upon arrival at the CND building.
The RPA officer in charge of that secret operation at Mulindi was Sub.-Lt. Moses of the High Command unit and Captain Charles Karamba of the DMI was based in CND building, orchestrating events from that end.
Captain Charles was the liaison officer between Mulindi and Kigali for that operation.
He was later appointed military attaché in Eritrea, where he has the particular mission of buying arms and military equipments for the RPF. A day before the genocide started, there were 4,000 RPA troops in Kigali. The RPF's high-ranking officers in Kigali under MINUAR [United Nations International Monitoring Unit in Rwanda] were there to survey the preparations of the then-Government Army.
RPF officials tried at their best to convince other opposition political parties to address the Rwandan crises by eliminating President Habyalimana. Pres. Habyalimana has been reported as the key person who brought disaster to the country and the person who delayed the implementation of the Arusha Peace Accord. There were, however, other factors. The main political parties, the MDR and PSD, were reluctant to support the RPF proposal in the belief that the RPF itself would not respect the Arusha Peace Accord.
Gatabazi Felicien, the incumbent Secretary-General of PSD (Partie Socialiste Democrat), was killed by RPF gunmen while entering his compound in Kigali in February 1994, because he had opposed the RPF plan. The killers used a known and standard RPF method called "standing up".
The RPF held a meeting between February and March 1994 at Mulindi with RPF-member businessmen, the sponsors of RPF's guerilla operations. Major-General Paul Kagame, closing that meeting , spoke about the Arusha Peace Accord, accusing Habyalimana of delaying its imprimantation. A businessman named Kalinda Sweet Bread (who subsequently fled Rwanda in 1998 after the RPA killed his child), speaking on behalf of other RPF members, declared that the Arusha Peace Accord delayed the RPF program and that this would cost a lot of money which they would not be capable of providing in the coming days. Major-General Kagame asked for solutions. Kalinda responded that the real solution was to re-attack the Rwandan Government. That proposal was well-received by other businessmen and Kagame did not oppose it.
THE COLLAPSE OF THE ARUSHA PEACE ACCORD WAS THE OPPORTUNITY FOR THE RPF TO SEIZE POWER
It was clear that if the Arusha Peace Accord was to be implemented then both the Habyalimina Administration and the RPF would face possibly insurmountable difficulties. The extent of the corruption by the incumbent Hutu Government of Pres. Habyalimana meant that, if the Accords were to be implemented, senior officials, including the President, would be open to charges of corruption and abuse of power, including the many political murders which they had undertaken. Maj.-Gen. Kagame, for his part, recognized that, because the Arusha Accords called for one-man, one-vote, the Tutsi minority ó which the RPF in large part represented ó could not win outright power at any stage. [It was well-known that elections would not favor the RPF because Hutu power cores of the MRND, MDR, CDR, PSD and PL parties were composed mostly of Hutu.] As a result, both leaders, for different reasons, knew that implementation of the Arusha Accords was not acceptable, despite public posturing to the contrary.
Generals Habyalimana and Kagame were known, therefore, to believe that the power sharing was weakening both sides. The Arusha Accords were becoming increasingly meaningless to both of them, but they were required, for domestic as well as international reasons, to continue paying lip-service to the process.
Maj.-Gen. Kagame at this stage was clearly committed, therefore, to continuing the guerilla war against the Habyalimana, up to and including the assassination of the President. It has become clear that, in this process, Maj.-Gen. Kagame was aware of the fact that killing Pres. Habyalimana would initiate mass destruction and genocide. RPF officers, such as myself, were told in 1993 by the RPF leadership that intelligence reports indicated that Pres. Habyalimana's Hutu followers would begin a campaign to kill all Tutsis in the event that Kagame attempted to sieze power. This intelligence was leaked to the exiled King of Rwanda, King Kigeli V, by his supporters within the RPF, and the King subsequently used the information to issue written warnings to the United States Government and the United Nations that a campaign of genocide was expected. These warnings are now a matter of public record.
It is understood that Pres. Habyalimana confirmed these warnings in separate messages to the King.
As an intelligence officer, I knew that Maj.-Gen. Kagame was well-informed of the fact that Pres. Habyalimana's Presidential Guard and Interahamwe militia were trained and armed to eliminate Tutsi groups in case Paul Kagame attempted to take power. He knew very well that almost all Tutsi were registered on the list of those who had to be exterminated. Militia Interahamwe units were deployed throughout the country, waiting to kill all Tutsi inside Rwanda.
The RPF's clandestine broadcasting unit, Radio Muhabura, consistently and openly broadcast at the time details of the Interahamwe's plans for attacks on Tutsis.
The following examples demonstrate that extent of that situation:
Gatabazi Felicien, noted above, was assassinated by the RPF because he had refused to endorse the plan to kill Habyalimana. The RPF had been afraid that he might reveal the plans to Habyalimana who was a close associate in an arms business which weapons supplied to Palipehutu, a criminal-extremist Hutu group in Burundi, and through Mr Minani, who was at that time a Burundian Minister. The transit store of those arms was a company called Mimosa, a travel company located behind St. Andrews College at Nyamirambo, a suburb of Kigali. Mimosa belonged to Mbarushimana Antoine, a close friend to Gatabazi. Mbarushimana was subsequently killed by RPA at Nyanza (a sub-prefecture of Butare) after the genocide, in order to silence a witness of Gatabazi's death.
In response to the killing of Gatabazi, the PSD militants of Butare prefecture, ignoring the psychological operations of the RPF, killed Bucyana Martin, President of CDR (Coalition pour la defense de la Republique) in revenge, believing that their leader was killed by CDR or Habyalimana. The Interahamwe and CDR militia in turn reacted angrily and killed many Tutsi in revenge for the killing of Bucyana. This rapid and violent sequence of events made it clear to Kagame what would happen if he attempted to kill Habyalimana.
Another corroborating example was the death in 1993 of Katumba, one of the Interahamwe leaders, who was shot dead, presumably by the RPF, because the Interahamwe and CDR had killed so many Tutsi of Kigali. This wave of killings should have served as an alarm which could not have gone unnoticed.
Still, the plan of Kagame was to take power in Rwanda regardless of the lives of Tutsi and Hutu moderate which would be lost when the anticipated genocide began. Kagame's choice in 1994 of Pasteur Bizimungu, a Hutu, to be the figurehead President behind whom Kagame could operate secretly, was beneficial to him in helping to bring his plans to fruition without causing international alarm. This process ended for Kagame when Pres. Bizimungu resigned in March 2000, tired of being a show president while the real power was with the nominal Vice-President and Defense Minister, Paul Kagame.
MILITARY PERSONNEL OF RPA WERE TRAINED TO OPERATE SURFACE-TO-AIR MISSILES TO SHOOT DOWN THE PRESIDENTIAL AIRCRAFT
Following the signing of the Arusha Accord by the Habyalimina Government and the RPF in January 1994, a battalion of the RPA was sent to the Parliament, the CND, in Kigali. At the same time, other RPA units secretly infiltrated Kigali in civilian clothes. Concurrently, Maj.-Gen. Kagame sent to Uganda four of his military personnel to be trained in the operation of the Russian-built SA-7 Strela man-portable surface-to-air missile (SAM). This type of missile was already in service with the Ugandan Army.
Given that there was no air threat to the RPA at the time ó because the RPA units were in the center of the common capital city, Kigali, and because the Rwandan Armed Forces of Habyalimana had only a few armed helicopters ó it is clear that the purpose of the training was specifically to shoot down the presidential aircraft of Pres. Habyalimana at the earliest possible opportunity. After training in Uganda, all four RPA troops were returned to Mulindi, the General Headquarters (or High Command) of the RPA in Byumba Prefecture, where they were transferred to the Missile Unity [the term "Unity" normally applies to a three-battalion formation, but not in this case], which was in reality a small missile section commanded by Lieutenant Kayumba Joseph. Kayumba was later known to be living at Kanombe Barracks, in Kigali, and was later been promoted to the rank of Captain.
I was a witness of these events, living at Mulindi, and where Kayumba Joseph and his colleagues were friends of mine.
At the end of February 1994, considering the refusal of Habyalimana to implement the Arusha peace accord, Lt.-Col. Kayonga, then commander of the RPF's Battalion based in the CND, sent a message to Lieutenant Kayumba ordering him to send the four missile-trained military troops to the CND. After receiving that message, Lieutenant Kayumba had immediately sent them to CND without informing Lt.-Col. Kabarebe James, his Commanding Officer. Lt.-Col. Kabarebe imprisoned Lt. Kayumba because of that failure to inform him of the transfer of the four troops.
In March 1994, the RPA's High Command led by Kagame called on the RPF officials based in Kigali to return to Mulindi. Most of them left Kigali for Mulindi. Two weeks before the crash of the Presidential aircraft, Maj.-Gen. Kagame sent Lt.-Col. James Kabarebe to bring the SA-7 surface-to-air missiles to the CND detachment, and to give final instructions related to the new attack against the Rwandese Army forces [FAR] and brief the four soldiers designated to shoot down the aircraft of Habyalimana. Lt.-Col. Kabarebe spent more than one week in CND before returning to Mulindi.
Two RPF leaders, Colonels Kanyarengwe Alexis and Lizinde Theoneste, who had earlier served in the Habyalimana Government, gave information and instructions as to where the missiles should be placed. [Col. Lizinde Theoneste, who later defected, was subsequently assassinated in 1998 by RPF operatives in Nairobi, Kenya, in order to ensure the secrecy of the missile operation.]
The missile locations were at Masaka sector of the Kanombe commune, on the outskirts of Kigali, where aircraft make their final approach before landing.
Two weeks before the Habyalimana's aircraft crash, 12 artillery systems were brought from Uganda, and arrived at our headquaters in Mulindi. In the meantime, our High Command was busy organizing meetings and preparing for the final battle to take control of Kigali. Those who attended the meetings were: Colonels Ndungute, Sam Kaka, Kayumba Nyamwasa, Twahirwa Dodo, Gashumba, Muhire, Mugambage Frank, Ngoga, Bagire, Biseruka, Musitu, and Karemera. Among the lieutenant-colonels were James Kabarebe, Ibingira, Rwahama, Nyamurangwa, Karangwa, Kadhafi, Karera, Gahutu, and others.
THE AIRCRAFT CRASH AND THE BEGINNING OF THE GENOCIDE PREPARED IN ADVANCE BY HUTU POWER, AND HOW KAGAME'S PLANS BECAME THE CATALYST
Once the preparations to eliminate Pres. Habyalimana were completed, it was necessary to find a reason to force Pres. Habyalimana to travel by aircraft over the area where the missiles were deployed. Given that the missiles were deployed along the approach path to Kanombe Airport at Kigali, it was then only necessary to know the time of the return to Kigali by Pres. Habyalimana's aircraft.
As part of the planning, the leaders of the RPF had been lobbying in friendly countries so that these countries would convince Pres. Mwinyi of Tanzania to organize a regional summit about Burundi's problems, and about the implementation of the Arusha Peace Accords. The RPF insisted that military chiefs also be invited.
The summit was a trap for Habyalimana, giving Kagame a way to take power.
But as part of their prepared attack, Hutu extremists also took that opportunity to exterminate the Tutsi who had been listed days before. Kagame was aware that this would occur, as a response triggered by the death of Habyalimana. The RPF proposed that Rwandan and Burundian military chiefs be invited to the Arusha meeting. The aim of Kagame was that Major-General Nsabimana, the Army Chief of Staff, be killed with Habyalimana so that the leadership of FAR would be destroyed and non-existent. The FAR was already undermined by internal North-South regional dissent. Before the regional meeting was held and chaired by Tanzanian President Hassan Mwinyi, RPF president Alexis Kanyarengwe went to Tanzania and came back to Byumba. On his return, he met us at Rubaya in Byumba where we were in a meeting. He said: "Instead of continuing pushing from outside, it is better to go in and kill the enemy." That is what happened on April 6, 1994.
Before going to Dar-es-Salam Summit, Habyalimana went to see Zaïre [now Democratic Republic of Congo] President Mobutu Sese Seko to seek his participation so that he could support him against leaders of states favorable to RPF. He also asked Pres. Mobutu to provide him (Habyalimana) with intelligence support to check information on the RPF, and about the assassination attempt which the RPF was expected to commit against him. The information was provided by Ngbanda Honore, former security adviser to Pres. Mobutu. He participated to the meeting of the two heads-of-state. Ngbanda was the one who was going to help Habyalimana in analyzing and cross-checking the information related to death threats against Habyalimana. One day before the summit took place, Pres. Mobutu's advisers asked Pres. Mobutu not to go at the summit for security reasons.
RPF soldiers in the CND battalion, and those who had infiltrated in Kigali town before April 6, 1994, had finished war preparation. Other units were ready to attack. Colonel Lizinde Theoneste, RPF Member of Parliament, was an intelligence specialist. He was among RPF officials at the time staying in the CND building and collaborating in the RPF intelligence search about Habyalimana's army operations. Col. Lizinde, as noted above, is the one who recommended Masaka as the perfect site from where to shoot the presidential aircraft.
Col. Lizinde had a public notoriety, was very well known in many ways,and was a friend of mine. After the genocide, he told me many times that he was afraid to be killed one day because of the information he had about the aircraft crash. He told me that if he was killed it would be because of the secret he had about Habyalimana's assassination by Paul Kagame. Lizinde was also a private adviser of Kagame. I knew well about their friendship. Kagame promoted him to the rank of colonel and nominated him as an RPF member of Parliament.
In the end, Lizinde went into exile. Those who followed up his departure in exile, know that two officers have been asked to give explanations. These officers are Lt.-Col. Rwahama of the Directorate of Military Intelligence (DMI), who had instruction to watch Lizinde and prevent his escape. The other officer is Lt.-Col. James Kabarebe, a Republican Guard commander. The two have been sanctioned for their lack of vigilance, which helped Lizinde to escape. That is one of the reasons Rwahama has been put aside.
After the departure of Lizinde, the intelligence service sent to me intelligence officers who were, in fact, friends of mine, to check if I knew his escape plan. It is Lizinde who told me that the four soldiers involved in the missiles had left Mulindi for Kigali (CND: Parliament House) in the perspective of presidential aircraft attempt. The four soldiers had been received in CND by Major Rose Kabuye who was in charge of that. Lizinde told me that it was Col. Kabarebe who gave the latest instuctions to shoot Habyalimana's Falcon executive aircraft.
Before April 6, 1994, some RPF high-ranking officers withdrew their families from Kigali. Two weeks before that date, the Colonel James Kabarebe was the one who has been designated by Paul Kagame to convoy the missiles; James Kabarebe was also charged to communicate to those in CND the last instructions in regard to the war. He spent almost one week in CND before he came back to Mulindi.
Because Lizinde was aware of the plot to shoot down the presidential Falcon, on the morning of April 6, 1994, he asked some of his friends to leave Kigali before that night. He told them that it was not for the purpose of peace that James Kabarebe came to Kigali in CND. Colonel Lizinde personally went to bring his own family from Kigali but he did not find them and came immediately back to Mulindi.
The shooting down of the aircraft took place around 20.25 hrs local time. In the aircraft, were President Habyalimana, President Ntaryamira of Burundi, Major-General
Nsabimana, Chief of Rwandan Armed Forces [FAR], Ambassador Renzaho (a senior advisor to Habyalimina), Doctor Akingeneye (the president's personal doctor), and others. At the time of the shooting, I was watching the World Cup football with some of the RPF high-ranking officers, including Major-General Paul Kagame, Colonels Ndugute, Biseruka, and Twahirwa. Immediately after the aircraft crash, Colonel James Kabarebe came into the room where we were watching the football, and took Paul Kagame outside to discuss the matter in private. Soon after, Colonel James Kabarebe called upon Colonel Ndugute and other high-ranking officers for a meeting outside.
The High Command Unit immediately took the decision to attack Kigali that night. This Unit operated under the direct command of Paul Kagame and James Kabarebe. All other RPF Units prepared themselves and launched their attack.
CONCLUSION
The decision of Paul Kagame to shoot Pres. Habyalimana's aircraft was the catalyst of an unprecedent drama in the Rwandan history, and Major-General Paul Kagame took that decision with all awareness.
Kagame's ambition caused the extermination of all of our families: Tutsis, Hutus and Twas. We all lost. Kagame's take-over took away the lives of a large number of Tutsis and caused the unnecessary exodus of millions of Hutus, many of whom were innocent under the hands of the genocide ringleaders.
Some naïve Rwandans proclaimed Kagame as their savior, but time has demonstrated that it was he who caused our suffering and misfortunes. He has already put under protection some families who had given large amount of money in terms of war contribution, while our ordinary families were left to assaillants of the Interahamwe.
Can Kagame explain to Rwandan people why he sent Claude Dusaidi and Charles Muligande to New York and Washington to stop the UN military intervention which was supposed to be sent and protect the Rwandan people from the genocide? The reason behind avoiding that military intervention was to allow the RPF leadership the takeover of the Kigali Government and to show the world that they ó the RPF ó were the ones who stopped the genocide. We will all remember that the genocide occurred during three months, even though Kagame has said that he was capable of stopping it the first week after the aircraft crash.
Can Major-General Paul Kagame explain why he asked to MINUAR to leave Rwandan soil within hours while the UN was examining the possibility of increasing its troops in Rwanda in order to stop the genocide?
I decided to reveal the truth and only the all truth so that everyone knows what happened. These were the hidden truths and that is why Kagame sent assassins with diplomatic passports to the United States of America to look for me, because he knows that I know who did what.
You may see that some people I mentioned are no longer alive because they were killed by the Kagame's death squads. Now, the world should start to ask questions, how and why such and such person was eliminated outside and inside Rwanda in suspicious way. I ask the International Tribunal to prosecute Major-General Kagame and his clique. As a witness who saw and heard what I have written now, I am ready to prove that Major-General Paul Kagame is guilty of the aircraft crash crime. I will give other proof which I hold later, in order to not undermine the inquiry.
AN IMPORTANT NOTE
The genocidal Hutus who killed defenseless Tutsis and other revisionists and extremist groups should not use this testimony to deny the existence of the genocide against the Tutsis and think that Kagame's crime against the President Habyalimana entitled them to kill Tutsis. Those responsible for the genocide of 1994 must be prosecuted according to international and national law.
I ask all Rwandans to isolate Paul Kagame. I ask the International Justice community to accomplish its responsibility in that matter. Furthermore, Kagame must be prosecuted for the assassination of Kabera Assiel, the former presidential advisor; Seth Sendashonga, the former Interior minister; Theoneste Lizinde, a former high-ranking official; Felicien Gatabazi, a former political leader; other former high-profile figures in the leadership of the RPF, and others.
The International Community did not know that Kagame does not have the capability to unite the Rwandan people. The world community welcomed him and gave him support. It must know now, once and for all, that such a criminal, whoever is, will never be able to unite the Rwandan people.
Jean-Pierre Mugabe: Given by my hand, in Washington DC, this 21st Day of April, 2000.
PO Box 20407, Alexandria, Virginia 22320, United States of America.
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The following is the authorized translation of the Declaration by ISSA adviser and consultant Jean-Pierre Mugabe
Declaration on the Shooting Down of the Aircraft Carrying Rwandan President Juvénal Habyalimina and Burundi President Cyprien Ntaryamira on April 6, 1994
April 21, 2000
ADRESSED TO:
o All Rwandans, UN, OAU, International Tribunal,
o Countries: Tanzania, Ouganda, Burundi, Belgium, France, Holland, Germany, United Kingdom, United States of America, Canada.
o Human Rights Organizations.
o The Press and Media.
WITNESS:
MUGABE JEAN-PIERRE
o Former Director of the Rwandese newspaper, Le Tribun du Peuple.
o Former Intelligence Officer of the Department G2 of National Gendarmerie (Rwandan Patriotic Army).
o Graduate Expert Detective (Belgium).
o Currently Consultant and Research Fellow at International Strategic Studies Association (ISSA), Washington DC, USA.
THE PERPETRATORS OF THE PRESIDENTIAL AIRCRAFT CRASH.
Major-General Paul KAGAME
Maj.-Gen. Paul Kagame is the son of Rutagambwa and Siteriya and comes from Gitisi and Nyamagana near Ruhango (GITARAMA). He studied primary school in Uganda and finished four years of Secondary school at Ntare school in Mbarara (Uganda). He became a Major in the Ugandan National Resistance Army with the function of Deputy Chief of the Ugandan Directorate of Military Intelligence.
He subsequently became Vice-President of Rwandan Patriotic Front (RPF) and Commander-in-Chief of the Rwandan Patriotic Army (RPA). He became Vice-President of the Republic of Rwanda and its Minister of Defense.
He is now nominated to be President of the Republic of Rwanda, and was scheduled to be confirmed in that office on April 22, 2000.
Colonel James KABAREBE.
Colonel James Kabarebe was the private Secretary and aide-de-camp (ADC) of Major-General Paul Kagame [see above]. He became Commander of the High Command Unit at Mulindi. Later, this Unit became the Republican Guard under his leadership.
James Kabarebe was the Commander-in-Chief of the Congolese Army Forces (FAC) after Mzee Laurent Desiré Kabila took power in the Democratic Republic of Congo (DRC) in 1997. Soon after, James took the control of forces determined to overthrow Mzee Kabila. He is now the Deputy Commander-in-Chief of the Rwandan Patriotic Army (RPA).
Lieutenant-Colonel Charles KAYONGA
Lt.-Col. Charles Kayonga was chief in charge of the Operations Unit of High Commmand Unit at Mulindi ó at that time with the rank of lieutenant ó from December 1993 until July 1, 1994. From lieutenant, he was promoted directly to the rank of lieutentant-colonel and given the command of the RPA battalion sent to Kigali to what is now the National Assembly (then the NDC: National Development Council) after the signing of the Arusha Accords. Kayonga had under his command more than 3,200 RPA troops, wearing civilian clothes, who clandestinely entered into the city of Kigali.
PREPARING FOR CONFLICT WHILE NEGOTIATING PEACE
Both the Rwandan Patriotic Front (RPF) and the Habyalimana Government were preparing for war while engaged in the Arusha Peace Process.
Preparations on the side of Habyalimana's Rwandan Armed Forces (FAR):
The Rwandan Government was heavily involved during 1993 in buying military equipment: arms and ammunition. This is shown by the funds of 2.5-billion Rwandese francs, paid to Dominique Lemaunier, a French businessman, who was supposed to deliver the equipment. It was Marc RUGENERA, by then Finance Minister, who signed the contract for the purchases on the Government side. The deal was followed up by Lt.- Col. Kayumba Cyprien of the FAR (Rwandan Armed Forces).
In March 1994, arms purchased in Egypt and sent to Kigali by a British aircraft were distributed to the Interahamwe militia of Pres. Habyalimana's political party, the MRND. These Interahamwe militia units were being trained militarily and receiving arms and ammunition specifically to undertake a genocidal assault against the nation's Tutsi population. They also planned a massacre of some political opposition leaders, including those who happened to be moderate Hutu. At the same time the Interahamwe were recruiting, with their numbers growing to 50,000. Army [FAR] Reservists, too, were given instructions to train the Interahamwe. All prefectures of Rwanda received funds from the Government, to distribute to the Interahamwe.
President Habyalimana in 1993, meanwhile, deliberately delayed the implementation of the Arusha Peace Accords, in order to allow more time for his Army units and militias to prepare for the coming mass destruction.
Radio Television of Mille Collines (RTLM) was strengthed in human and financial terms from the Akazu [clan, support base] of Habyalimana, specifically to propagate ethnic hatred against the Tutsi and to mobilize all Hutu extremists favoring the genocide against the Tutsi population.
PREPARATIONS IN THE RWANDAN PATRIOTIC FRONT.
During and after the signing of the Arusha Peace Accords, the Rwandan Patriotic Front was preparing for the final battle. After the signature by both sides involved in the conflict, [then] Major [now Major-General] Paul Kagame started visiting all Unit Commands under the areas controlled by RPF. He met with us (Rwandan Patriotic Army soldiers) and assured us that we should not believe at all in Arusha Peace Accords.
"Be ready with your military equipment, we are going to fight for the final war against the Kigali Government," Major Paul Kagame told the RPF troops.
Thereafter, the military forces in different units received intensive training in Karama, a political-military center in Byumba prefecture. In addition, the nominally-civilian cadres of RPF also received some military and political training in Karama to support the RPA. When the RPF had sent its RPA battalion of 600 troops to Kigali under command of Lt.-Col. Charles Kayonga, other military units in civilian clothes also infiltrated the town of Kigali. Every time that RPF trucks came to our headquater in Mulindi to load military supplies and firewood to be sent to the battalion in Kigali (at the CND, where the RPA battalion was based), arms and ammunition were also loaded, concealed among the supplies which were legitimately supposed to reach Kigali.
Heavy arms, including light artillery (such as mortars), were disassembled, before being loaded and later re-assembled upon arrival at the CND building.
The RPA officer in charge of that secret operation at Mulindi was Sub.-Lt. Moses of the High Command unit and Captain Charles Karamba of the DMI was based in CND building, orchestrating events from that end.
Captain Charles was the liaison officer between Mulindi and Kigali for that operation.
He was later appointed military attaché in Eritrea, where he has the particular mission of buying arms and military equipments for the RPF. A day before the genocide started, there were 4,000 RPA troops in Kigali. The RPF's high-ranking officers in Kigali under MINUAR [United Nations International Monitoring Unit in Rwanda] were there to survey the preparations of the then-Government Army.
RPF officials tried at their best to convince other opposition political parties to address the Rwandan crises by eliminating President Habyalimana. Pres. Habyalimana has been reported as the key person who brought disaster to the country and the person who delayed the implementation of the Arusha Peace Accord. There were, however, other factors. The main political parties, the MDR and PSD, were reluctant to support the RPF proposal in the belief that the RPF itself would not respect the Arusha Peace Accord.
Gatabazi Felicien, the incumbent Secretary-General of PSD (Partie Socialiste Democrat), was killed by RPF gunmen while entering his compound in Kigali in February 1994, because he had opposed the RPF plan. The killers used a known and standard RPF method called "standing up".
The RPF held a meeting between February and March 1994 at Mulindi with RPF-member businessmen, the sponsors of RPF's guerilla operations. Major-General Paul Kagame, closing that meeting , spoke about the Arusha Peace Accord, accusing Habyalimana of delaying its imprimantation. A businessman named Kalinda Sweet Bread (who subsequently fled Rwanda in 1998 after the RPA killed his child), speaking on behalf of other RPF members, declared that the Arusha Peace Accord delayed the RPF program and that this would cost a lot of money which they would not be capable of providing in the coming days. Major-General Kagame asked for solutions. Kalinda responded that the real solution was to re-attack the Rwandan Government. That proposal was well-received by other businessmen and Kagame did not oppose it.
THE COLLAPSE OF THE ARUSHA PEACE ACCORD WAS THE OPPORTUNITY FOR THE RPF TO SEIZE POWER
It was clear that if the Arusha Peace Accord was to be implemented then both the Habyalimina Administration and the RPF would face possibly insurmountable difficulties. The extent of the corruption by the incumbent Hutu Government of Pres. Habyalimana meant that, if the Accords were to be implemented, senior officials, including the President, would be open to charges of corruption and abuse of power, including the many political murders which they had undertaken. Maj.-Gen. Kagame, for his part, recognized that, because the Arusha Accords called for one-man, one-vote, the Tutsi minority ó which the RPF in large part represented ó could not win outright power at any stage. [It was well-known that elections would not favor the RPF because Hutu power cores of the MRND, MDR, CDR, PSD and PL parties were composed mostly of Hutu.] As a result, both leaders, for different reasons, knew that implementation of the Arusha Accords was not acceptable, despite public posturing to the contrary.
Generals Habyalimana and Kagame were known, therefore, to believe that the power sharing was weakening both sides. The Arusha Accords were becoming increasingly meaningless to both of them, but they were required, for domestic as well as international reasons, to continue paying lip-service to the process.
Maj.-Gen. Kagame at this stage was clearly committed, therefore, to continuing the guerilla war against the Habyalimana, up to and including the assassination of the President. It has become clear that, in this process, Maj.-Gen. Kagame was aware of the fact that killing Pres. Habyalimana would initiate mass destruction and genocide. RPF officers, such as myself, were told in 1993 by the RPF leadership that intelligence reports indicated that Pres. Habyalimana's Hutu followers would begin a campaign to kill all Tutsis in the event that Kagame attempted to sieze power. This intelligence was leaked to the exiled King of Rwanda, King Kigeli V, by his supporters within the RPF, and the King subsequently used the information to issue written warnings to the United States Government and the United Nations that a campaign of genocide was expected. These warnings are now a matter of public record.
It is understood that Pres. Habyalimana confirmed these warnings in separate messages to the King.
As an intelligence officer, I knew that Maj.-Gen. Kagame was well-informed of the fact that Pres. Habyalimana's Presidential Guard and Interahamwe militia were trained and armed to eliminate Tutsi groups in case Paul Kagame attempted to take power. He knew very well that almost all Tutsi were registered on the list of those who had to be exterminated. Militia Interahamwe units were deployed throughout the country, waiting to kill all Tutsi inside Rwanda.
The RPF's clandestine broadcasting unit, Radio Muhabura, consistently and openly broadcast at the time details of the Interahamwe's plans for attacks on Tutsis.
The following examples demonstrate that extent of that situation:
Gatabazi Felicien, noted above, was assassinated by the RPF because he had refused to endorse the plan to kill Habyalimana. The RPF had been afraid that he might reveal the plans to Habyalimana who was a close associate in an arms business which weapons supplied to Palipehutu, a criminal-extremist Hutu group in Burundi, and through Mr Minani, who was at that time a Burundian Minister. The transit store of those arms was a company called Mimosa, a travel company located behind St. Andrews College at Nyamirambo, a suburb of Kigali. Mimosa belonged to Mbarushimana Antoine, a close friend to Gatabazi. Mbarushimana was subsequently killed by RPA at Nyanza (a sub-prefecture of Butare) after the genocide, in order to silence a witness of Gatabazi's death.
In response to the killing of Gatabazi, the PSD militants of Butare prefecture, ignoring the psychological operations of the RPF, killed Bucyana Martin, President of CDR (Coalition pour la defense de la Republique) in revenge, believing that their leader was killed by CDR or Habyalimana. The Interahamwe and CDR militia in turn reacted angrily and killed many Tutsi in revenge for the killing of Bucyana. This rapid and violent sequence of events made it clear to Kagame what would happen if he attempted to kill Habyalimana.
Another corroborating example was the death in 1993 of Katumba, one of the Interahamwe leaders, who was shot dead, presumably by the RPF, because the Interahamwe and CDR had killed so many Tutsi of Kigali. This wave of killings should have served as an alarm which could not have gone unnoticed.
Still, the plan of Kagame was to take power in Rwanda regardless of the lives of Tutsi and Hutu moderate which would be lost when the anticipated genocide began. Kagame's choice in 1994 of Pasteur Bizimungu, a Hutu, to be the figurehead President behind whom Kagame could operate secretly, was beneficial to him in helping to bring his plans to fruition without causing international alarm. This process ended for Kagame when Pres. Bizimungu resigned in March 2000, tired of being a show president while the real power was with the nominal Vice-President and Defense Minister, Paul Kagame.
MILITARY PERSONNEL OF RPA WERE TRAINED TO OPERATE SURFACE-TO-AIR MISSILES TO SHOOT DOWN THE PRESIDENTIAL AIRCRAFT
Following the signing of the Arusha Accord by the Habyalimina Government and the RPF in January 1994, a battalion of the RPA was sent to the Parliament, the CND, in Kigali. At the same time, other RPA units secretly infiltrated Kigali in civilian clothes. Concurrently, Maj.-Gen. Kagame sent to Uganda four of his military personnel to be trained in the operation of the Russian-built SA-7 Strela man-portable surface-to-air missile (SAM). This type of missile was already in service with the Ugandan Army.
Given that there was no air threat to the RPA at the time ó because the RPA units were in the center of the common capital city, Kigali, and because the Rwandan Armed Forces of Habyalimana had only a few armed helicopters ó it is clear that the purpose of the training was specifically to shoot down the presidential aircraft of Pres. Habyalimana at the earliest possible opportunity. After training in Uganda, all four RPA troops were returned to Mulindi, the General Headquarters (or High Command) of the RPA in Byumba Prefecture, where they were transferred to the Missile Unity [the term "Unity" normally applies to a three-battalion formation, but not in this case], which was in reality a small missile section commanded by Lieutenant Kayumba Joseph. Kayumba was later known to be living at Kanombe Barracks, in Kigali, and was later been promoted to the rank of Captain.
I was a witness of these events, living at Mulindi, and where Kayumba Joseph and his colleagues were friends of mine.
At the end of February 1994, considering the refusal of Habyalimana to implement the Arusha peace accord, Lt.-Col. Kayonga, then commander of the RPF's Battalion based in the CND, sent a message to Lieutenant Kayumba ordering him to send the four missile-trained military troops to the CND. After receiving that message, Lieutenant Kayumba had immediately sent them to CND without informing Lt.-Col. Kabarebe James, his Commanding Officer. Lt.-Col. Kabarebe imprisoned Lt. Kayumba because of that failure to inform him of the transfer of the four troops.
In March 1994, the RPA's High Command led by Kagame called on the RPF officials based in Kigali to return to Mulindi. Most of them left Kigali for Mulindi. Two weeks before the crash of the Presidential aircraft, Maj.-Gen. Kagame sent Lt.-Col. James Kabarebe to bring the SA-7 surface-to-air missiles to the CND detachment, and to give final instructions related to the new attack against the Rwandese Army forces [FAR] and brief the four soldiers designated to shoot down the aircraft of Habyalimana. Lt.-Col. Kabarebe spent more than one week in CND before returning to Mulindi.
Two RPF leaders, Colonels Kanyarengwe Alexis and Lizinde Theoneste, who had earlier served in the Habyalimana Government, gave information and instructions as to where the missiles should be placed. [Col. Lizinde Theoneste, who later defected, was subsequently assassinated in 1998 by RPF operatives in Nairobi, Kenya, in order to ensure the secrecy of the missile operation.]
The missile locations were at Masaka sector of the Kanombe commune, on the outskirts of Kigali, where aircraft make their final approach before landing.
Two weeks before the Habyalimana's aircraft crash, 12 artillery systems were brought from Uganda, and arrived at our headquaters in Mulindi. In the meantime, our High Command was busy organizing meetings and preparing for the final battle to take control of Kigali. Those who attended the meetings were: Colonels Ndungute, Sam Kaka, Kayumba Nyamwasa, Twahirwa Dodo, Gashumba, Muhire, Mugambage Frank, Ngoga, Bagire, Biseruka, Musitu, and Karemera. Among the lieutenant-colonels were James Kabarebe, Ibingira, Rwahama, Nyamurangwa, Karangwa, Kadhafi, Karera, Gahutu, and others.
THE AIRCRAFT CRASH AND THE BEGINNING OF THE GENOCIDE PREPARED IN ADVANCE BY HUTU POWER, AND HOW KAGAME'S PLANS BECAME THE CATALYST
Once the preparations to eliminate Pres. Habyalimana were completed, it was necessary to find a reason to force Pres. Habyalimana to travel by aircraft over the area where the missiles were deployed. Given that the missiles were deployed along the approach path to Kanombe Airport at Kigali, it was then only necessary to know the time of the return to Kigali by Pres. Habyalimana's aircraft.
As part of the planning, the leaders of the RPF had been lobbying in friendly countries so that these countries would convince Pres. Mwinyi of Tanzania to organize a regional summit about Burundi's problems, and about the implementation of the Arusha Peace Accords. The RPF insisted that military chiefs also be invited.
The summit was a trap for Habyalimana, giving Kagame a way to take power.
But as part of their prepared attack, Hutu extremists also took that opportunity to exterminate the Tutsi who had been listed days before. Kagame was aware that this would occur, as a response triggered by the death of Habyalimana. The RPF proposed that Rwandan and Burundian military chiefs be invited to the Arusha meeting. The aim of Kagame was that Major-General Nsabimana, the Army Chief of Staff, be killed with Habyalimana so that the leadership of FAR would be destroyed and non-existent. The FAR was already undermined by internal North-South regional dissent. Before the regional meeting was held and chaired by Tanzanian President Hassan Mwinyi, RPF president Alexis Kanyarengwe went to Tanzania and came back to Byumba. On his return, he met us at Rubaya in Byumba where we were in a meeting. He said: "Instead of continuing pushing from outside, it is better to go in and kill the enemy." That is what happened on April 6, 1994.
Before going to Dar-es-Salam Summit, Habyalimana went to see Zaïre [now Democratic Republic of Congo] President Mobutu Sese Seko to seek his participation so that he could support him against leaders of states favorable to RPF. He also asked Pres. Mobutu to provide him (Habyalimana) with intelligence support to check information on the RPF, and about the assassination attempt which the RPF was expected to commit against him. The information was provided by Ngbanda Honore, former security adviser to Pres. Mobutu. He participated to the meeting of the two heads-of-state. Ngbanda was the one who was going to help Habyalimana in analyzing and cross-checking the information related to death threats against Habyalimana. One day before the summit took place, Pres. Mobutu's advisers asked Pres. Mobutu not to go at the summit for security reasons.
RPF soldiers in the CND battalion, and those who had infiltrated in Kigali town before April 6, 1994, had finished war preparation. Other units were ready to attack. Colonel Lizinde Theoneste, RPF Member of Parliament, was an intelligence specialist. He was among RPF officials at the time staying in the CND building and collaborating in the RPF intelligence search about Habyalimana's army operations. Col. Lizinde, as noted above, is the one who recommended Masaka as the perfect site from where to shoot the presidential aircraft.
Col. Lizinde had a public notoriety, was very well known in many ways,and was a friend of mine. After the genocide, he told me many times that he was afraid to be killed one day because of the information he had about the aircraft crash. He told me that if he was killed it would be because of the secret he had about Habyalimana's assassination by Paul Kagame. Lizinde was also a private adviser of Kagame. I knew well about their friendship. Kagame promoted him to the rank of colonel and nominated him as an RPF member of Parliament.
In the end, Lizinde went into exile. Those who followed up his departure in exile, know that two officers have been asked to give explanations. These officers are Lt.-Col. Rwahama of the Directorate of Military Intelligence (DMI), who had instruction to watch Lizinde and prevent his escape. The other officer is Lt.-Col. James Kabarebe, a Republican Guard commander. The two have been sanctioned for their lack of vigilance, which helped Lizinde to escape. That is one of the reasons Rwahama has been put aside.
After the departure of Lizinde, the intelligence service sent to me intelligence officers who were, in fact, friends of mine, to check if I knew his escape plan. It is Lizinde who told me that the four soldiers involved in the missiles had left Mulindi for Kigali (CND: Parliament House) in the perspective of presidential aircraft attempt. The four soldiers had been received in CND by Major Rose Kabuye who was in charge of that. Lizinde told me that it was Col. Kabarebe who gave the latest instuctions to shoot Habyalimana's Falcon executive aircraft.
Before April 6, 1994, some RPF high-ranking officers withdrew their families from Kigali. Two weeks before that date, the Colonel James Kabarebe was the one who has been designated by Paul Kagame to convoy the missiles; James Kabarebe was also charged to communicate to those in CND the last instructions in regard to the war. He spent almost one week in CND before he came back to Mulindi.
Because Lizinde was aware of the plot to shoot down the presidential Falcon, on the morning of April 6, 1994, he asked some of his friends to leave Kigali before that night. He told them that it was not for the purpose of peace that James Kabarebe came to Kigali in CND. Colonel Lizinde personally went to bring his own family from Kigali but he did not find them and came immediately back to Mulindi.
The shooting down of the aircraft took place around 20.25 hrs local time. In the aircraft, were President Habyalimana, President Ntaryamira of Burundi, Major-General
Nsabimana, Chief of Rwandan Armed Forces [FAR], Ambassador Renzaho (a senior advisor to Habyalimina), Doctor Akingeneye (the president's personal doctor), and others. At the time of the shooting, I was watching the World Cup football with some of the RPF high-ranking officers, including Major-General Paul Kagame, Colonels Ndugute, Biseruka, and Twahirwa. Immediately after the aircraft crash, Colonel James Kabarebe came into the room where we were watching the football, and took Paul Kagame outside to discuss the matter in private. Soon after, Colonel James Kabarebe called upon Colonel Ndugute and other high-ranking officers for a meeting outside.
The High Command Unit immediately took the decision to attack Kigali that night. This Unit operated under the direct command of Paul Kagame and James Kabarebe. All other RPF Units prepared themselves and launched their attack.
CONCLUSION
The decision of Paul Kagame to shoot Pres. Habyalimana's aircraft was the catalyst of an unprecedent drama in the Rwandan history, and Major-General Paul Kagame took that decision with all awareness.
Kagame's ambition caused the extermination of all of our families: Tutsis, Hutus and Twas. We all lost. Kagame's take-over took away the lives of a large number of Tutsis and caused the unnecessary exodus of millions of Hutus, many of whom were innocent under the hands of the genocide ringleaders.
Some naïve Rwandans proclaimed Kagame as their savior, but time has demonstrated that it was he who caused our suffering and misfortunes. He has already put under protection some families who had given large amount of money in terms of war contribution, while our ordinary families were left to assaillants of the Interahamwe.
Can Kagame explain to Rwandan people why he sent Claude Dusaidi and Charles Muligande to New York and Washington to stop the UN military intervention which was supposed to be sent and protect the Rwandan people from the genocide? The reason behind avoiding that military intervention was to allow the RPF leadership the takeover of the Kigali Government and to show the world that they ó the RPF ó were the ones who stopped the genocide. We will all remember that the genocide occurred during three months, even though Kagame has said that he was capable of stopping it the first week after the aircraft crash.
Can Major-General Paul Kagame explain why he asked to MINUAR to leave Rwandan soil within hours while the UN was examining the possibility of increasing its troops in Rwanda in order to stop the genocide?
I decided to reveal the truth and only the all truth so that everyone knows what happened. These were the hidden truths and that is why Kagame sent assassins with diplomatic passports to the United States of America to look for me, because he knows that I know who did what.
You may see that some people I mentioned are no longer alive because they were killed by the Kagame's death squads. Now, the world should start to ask questions, how and why such and such person was eliminated outside and inside Rwanda in suspicious way. I ask the International Tribunal to prosecute Major-General Kagame and his clique. As a witness who saw and heard what I have written now, I am ready to prove that Major-General Paul Kagame is guilty of the aircraft crash crime. I will give other proof which I hold later, in order to not undermine the inquiry.
AN IMPORTANT NOTE
The genocidal Hutus who killed defenseless Tutsis and other revisionists and extremist groups should not use this testimony to deny the existence of the genocide against the Tutsis and think that Kagame's crime against the President Habyalimana entitled them to kill Tutsis. Those responsible for the genocide of 1994 must be prosecuted according to international and national law.
I ask all Rwandans to isolate Paul Kagame. I ask the International Justice community to accomplish its responsibility in that matter. Furthermore, Kagame must be prosecuted for the assassination of Kabera Assiel, the former presidential advisor; Seth Sendashonga, the former Interior minister; Theoneste Lizinde, a former high-ranking official; Felicien Gatabazi, a former political leader; other former high-profile figures in the leadership of the RPF, and others.
The International Community did not know that Kagame does not have the capability to unite the Rwandan people. The world community welcomed him and gave him support. It must know now, once and for all, that such a criminal, whoever is, will never be able to unite the Rwandan people.
Jean-Pierre Mugabe: Given by my hand, in Washington DC, this 21st Day of April, 2000.
Thursday, March 08, 2007
Ni byiza ko abanyarwanda benshi bashaka kandi bakeneye kumenya ibyabereye mu Rwanda rwacu ndetse bamwe bashobora gufata nk'amateka aliko abadutegetse n'abadutegeka ubu bafashe nk'ubwiru babimenya neza.
Ingoma z'abatutsi n'iz'abahutu zakulikiranye zagiye zigira ubwiru bukabije. Bakabwira rubanda ibinyoma ku byabaye aliko nyuma inkuru y'impamo ku byabaye ikagenda imenyekana.
Ibyo mbagezaho mba nabikoranye ubushakashatsi busaba ubwitonzi n'ubushishozi kuko mu Rwanda kutavugisha ukuli byateye abanyarwanda barema inkuru ku byabaye twebwe ubu twita ibihuha.
Mu bushakashatsi nkora rero nshobora kumenya icyali ubwiru n'icyali igihuha.
Ndasaba abakunda amateka kumfasha gushakisha ubwiru abategetsi baduhishe kuva ku mwami Musinga agwa ishyanga kugera kuli Kanyarengwe wapfuye adatatse.
Ibyo ingoma ntutsi yahishe ku rupfu rwa Rudahigwa:
Umwami Rudahigwa yatonganye cyane na bamwe mu byegera bye ku italiki ya 20 y'ukwa karindwi 1959 . Ababiligi bali bamaze kumwemeza ko hagomba kubaho abashefu b'abahutu byanga bikunda. Rudahigwa ubwo yykoresheje inama abashefu b´abatutsi i Kigali bamutera utwatsi barara muli yegere yegere bulinda bucya. Bwakeye ali umunsi mukuru w'ababiligi hagomba kuba ibiroli aliko icyo rubanda babonye neza ni uko umwami yabuze hakabura utangiza ibiroli. Résident abonye umwami ataje ahita atangiza ibiroli. Umwami yaje kuza saa saba imikino igeze hagati, résident yarakaye yanga no kumuhagurukira imbaga y'abantu yari iri aho igwa mu kantu aliko baraceceka.
Ibyegera bya Rudahigwa by´abatutsi byari byamubujije gusinzira nibwo byamugambaniye ku babiligi. Bigera ndetse naho bashakisha uwaba umwami agasimbura Rudahigwa. Amajwi agwa kuli Lazaro Ndazaro kuko ali we abazungu babonaga ko azi ubwenge avuga n'igifaransa neza.
Aliko kugirango umwami yimikwe ni uko uliho atanga (meurt). Umwami rero Rudahigwa yagombaga gutanga kuko byihutirwaga.
Ikibazo cyabaye rero ni uko umwami Rudahigwa hali uwaje kubimubwira le 23 z'ukwa kalindwi 1959 ku mugoroba.
Aliko uwamubuliye wari n'umushoferi we bagomba muli iryo joro barahise bitaba Imana bombi bishwe n´ibyo byegera bya Rudahigwa. Amaze kwicwa, umurambo w´umwami Rudahigwa wajyannywe i Bujumbura i Burundi.
Ni ukuri ko RUDAHIGWA YAPFILIYE MU RWANDA, gusa ubwiru butaramenyekana neza, ni uko yaba yarishwe n'abashefu b´abatutsi (thèse très probable) cyangwa n'abazungu.
Bukeye bwaho ingoma karinga yaravuze bavuga ko umwami yatanze akagwa i Bujumbura babeshya nyine nkuko nabivuze hejuru, dore ko ikinyoma cyahawe intebe muri iyo ngoma ntutsi.
Umurambo wagarutse mu Rwanda igihe kigeze cyo kuwushyingura ntawali uzi umwami wimikwa uwo aliwe.
Abatutsi bashyigikiye Lazaro Ndazaro bali biteguye ko abazungu baza kubafasha gushyiraho umwami aliko barinze bagera ku mva ntawari washobora kuganira n'ababiligi uko biri bugende.
Hagati aho aliko umulyango w'umwami wali wihutiye gutegura Ndahindurwa Jean Baptiste wali umukarani i Butare kuba umwami. Haje kuba ikibazo cyo kubona umwiru wo kwumwimika kuko Chef Rwampungu yali yarabyaye umuhungu umwe witwaga Kirenga aliko wali ikigoryi ijana ku ijana. Bapfuye guhitamo umusore wari waravutse ku muja w'umuhutukazi witwaga Kayumba wali wararerewe kwa Rampungu ku bulyo bakekaga ko yali uwe.
Umubiligi Résident amaze kurakara babuze uko bahamba umwami yahise ategeka ko bamuhamba bidatinze umwami bakazaba bamushaka bitonze.
Nibwo umulyango wa Rudahigwa wategetse Chef Kayumba kurangurura ijwi muli ako kamwanya ati" Umwami ni Kigeli Ndahindurwa wa Gatanu"
Abenshi bakoma mu mashyi abandi bagwa mu kantu. Rudahigwa baramushyingura.
Abatutsi bamenye iby´urupfu rwa Rudahigwa banze guhunga muri 1959:
Iyi niyo mpamvu abantu baturuka ku mwami Rudahigwa abahunze u Rwanda muli 1959 ali BAKE CYANE. Urugero ni umwamikazi Gicanda utaligeze ahunga kuko yali azi abatutsi bamwiciye umugabo adashaka guhungana nabo.
Murumuna wa Rudahigwa witwaga Rwigemera na barumuna be bose ntawigeze ahunga basaziye mu Rwanda. Abandi nabo bumvaga bashyigikiye Rudahigwa ko akwiye gushyiraho aba chefs b´abahutu nabo abenshi ntibahunze, bihamaniye n´abahutu mu Rwanda nyuma ya révolution yo muri 1959
Abiru n´aba chefs b´abatutsi bali bisunze Lazaro Ndazaro nibo bateye muri 1990:
Abo bategetsi ba batutsi b´abahezanguni bari bashyigikiye Lazaro ngo atanashyiraho aba chefs b´abahutu bahunze ubutegetsi bw'abahutu ali benshi akaba ali nabo bateguye intambara yo muri 1990, igihe bo ubwabo bari batsinzwe bwa nyuma muri 1967 muri bya bitero bakoreraga ingoma mhutu ya Kayibanda Gerigora biyita inyenzi, aba nibo bohereje abahungu babo kugaruka balimbura imbaga batarobanuye muri iyi ntambara inkotanyi zatangiye le 01.10.1990.
Abatutsi bavuye mu Rwanda bagiye gufasha RPF kurwana bahagiliye akaga kuko uwibeshyaga agakora agakosa gato bahitaga bamukekaho ubugambanyi. Habaye igihe abavuye Buganda babwiraga abavuye i Rwanda ko batabashira amakenga kubera ko babanye n'abahutu ndetse bakanashyingirana nabo kandi muzi ko nubu mbabwira ibi ariko ibintu bikimeze. Abasore benshi b´abatutsi basize agatwe kabo mu mashyamba babakekaho ubuhutu cyangwa ubutasi.Ibi byavuzweho byinshi na ba Ruzibiza ndetse n´abo tuganira hano i Kigali barokotse ubwo bwicanyi bakorerwaga kandi bagiye mu ishyamba gufasha Kagame na RPF ye.
Nguko uko abatutsi bahunze bateye muli 1990 bafite umujinya w'umurandurambaga batuma abahutu b'intagondwa n'abahezanguni (ibi bari babisangiye nizo nkotanyi) bahinduka intarumikwa n'abandi interahamwe.
Maze nguko uko abahutu n'abatutsi balimbuye imbaga y'abanyarwanda na n'ubu bikaba bikili ubwiru.
Byose babigize ubwiru, cyangwa amabanga none mumfashe ducukumbure tumenye n'impamvu bahisha ukuli dore murabona ibinyoma aho bigeze u Rwanda.
Ubutegetsi bwa FPR bushingiye kuri ibi binyoma birimo ubwiru bigomba kurandurwa n´imizi yabwo yose mbere y´ubwiyunge, kugirango bube bushingiye ku kuri, ndetse bikaba ngombwa ko habaho "Comité Vérité et Réconciliation" nka ya yindi ya Desmond TUTU wo muri South Africa, ibi bikaba mu rwego rwa "Dialogue Inter-Rwandais hautement inclusif".
Rugerinyange Charles
Ingoma z'abatutsi n'iz'abahutu zakulikiranye zagiye zigira ubwiru bukabije. Bakabwira rubanda ibinyoma ku byabaye aliko nyuma inkuru y'impamo ku byabaye ikagenda imenyekana.
Ibyo mbagezaho mba nabikoranye ubushakashatsi busaba ubwitonzi n'ubushishozi kuko mu Rwanda kutavugisha ukuli byateye abanyarwanda barema inkuru ku byabaye twebwe ubu twita ibihuha.
Mu bushakashatsi nkora rero nshobora kumenya icyali ubwiru n'icyali igihuha.
Ndasaba abakunda amateka kumfasha gushakisha ubwiru abategetsi baduhishe kuva ku mwami Musinga agwa ishyanga kugera kuli Kanyarengwe wapfuye adatatse.
Ibyo ingoma ntutsi yahishe ku rupfu rwa Rudahigwa:
Umwami Rudahigwa yatonganye cyane na bamwe mu byegera bye ku italiki ya 20 y'ukwa karindwi 1959 . Ababiligi bali bamaze kumwemeza ko hagomba kubaho abashefu b'abahutu byanga bikunda. Rudahigwa ubwo yykoresheje inama abashefu b´abatutsi i Kigali bamutera utwatsi barara muli yegere yegere bulinda bucya. Bwakeye ali umunsi mukuru w'ababiligi hagomba kuba ibiroli aliko icyo rubanda babonye neza ni uko umwami yabuze hakabura utangiza ibiroli. Résident abonye umwami ataje ahita atangiza ibiroli. Umwami yaje kuza saa saba imikino igeze hagati, résident yarakaye yanga no kumuhagurukira imbaga y'abantu yari iri aho igwa mu kantu aliko baraceceka.
Ibyegera bya Rudahigwa by´abatutsi byari byamubujije gusinzira nibwo byamugambaniye ku babiligi. Bigera ndetse naho bashakisha uwaba umwami agasimbura Rudahigwa. Amajwi agwa kuli Lazaro Ndazaro kuko ali we abazungu babonaga ko azi ubwenge avuga n'igifaransa neza.
Aliko kugirango umwami yimikwe ni uko uliho atanga (meurt). Umwami rero Rudahigwa yagombaga gutanga kuko byihutirwaga.
Ikibazo cyabaye rero ni uko umwami Rudahigwa hali uwaje kubimubwira le 23 z'ukwa kalindwi 1959 ku mugoroba.
Aliko uwamubuliye wari n'umushoferi we bagomba muli iryo joro barahise bitaba Imana bombi bishwe n´ibyo byegera bya Rudahigwa. Amaze kwicwa, umurambo w´umwami Rudahigwa wajyannywe i Bujumbura i Burundi.
Ni ukuri ko RUDAHIGWA YAPFILIYE MU RWANDA, gusa ubwiru butaramenyekana neza, ni uko yaba yarishwe n'abashefu b´abatutsi (thèse très probable) cyangwa n'abazungu.
Bukeye bwaho ingoma karinga yaravuze bavuga ko umwami yatanze akagwa i Bujumbura babeshya nyine nkuko nabivuze hejuru, dore ko ikinyoma cyahawe intebe muri iyo ngoma ntutsi.
Umurambo wagarutse mu Rwanda igihe kigeze cyo kuwushyingura ntawali uzi umwami wimikwa uwo aliwe.
Abatutsi bashyigikiye Lazaro Ndazaro bali biteguye ko abazungu baza kubafasha gushyiraho umwami aliko barinze bagera ku mva ntawari washobora kuganira n'ababiligi uko biri bugende.
Hagati aho aliko umulyango w'umwami wali wihutiye gutegura Ndahindurwa Jean Baptiste wali umukarani i Butare kuba umwami. Haje kuba ikibazo cyo kubona umwiru wo kwumwimika kuko Chef Rwampungu yali yarabyaye umuhungu umwe witwaga Kirenga aliko wali ikigoryi ijana ku ijana. Bapfuye guhitamo umusore wari waravutse ku muja w'umuhutukazi witwaga Kayumba wali wararerewe kwa Rampungu ku bulyo bakekaga ko yali uwe.
Umubiligi Résident amaze kurakara babuze uko bahamba umwami yahise ategeka ko bamuhamba bidatinze umwami bakazaba bamushaka bitonze.
Nibwo umulyango wa Rudahigwa wategetse Chef Kayumba kurangurura ijwi muli ako kamwanya ati" Umwami ni Kigeli Ndahindurwa wa Gatanu"
Abenshi bakoma mu mashyi abandi bagwa mu kantu. Rudahigwa baramushyingura.
Abatutsi bamenye iby´urupfu rwa Rudahigwa banze guhunga muri 1959:
Iyi niyo mpamvu abantu baturuka ku mwami Rudahigwa abahunze u Rwanda muli 1959 ali BAKE CYANE. Urugero ni umwamikazi Gicanda utaligeze ahunga kuko yali azi abatutsi bamwiciye umugabo adashaka guhungana nabo.
Murumuna wa Rudahigwa witwaga Rwigemera na barumuna be bose ntawigeze ahunga basaziye mu Rwanda. Abandi nabo bumvaga bashyigikiye Rudahigwa ko akwiye gushyiraho aba chefs b´abahutu nabo abenshi ntibahunze, bihamaniye n´abahutu mu Rwanda nyuma ya révolution yo muri 1959
Abiru n´aba chefs b´abatutsi bali bisunze Lazaro Ndazaro nibo bateye muri 1990:
Abo bategetsi ba batutsi b´abahezanguni bari bashyigikiye Lazaro ngo atanashyiraho aba chefs b´abahutu bahunze ubutegetsi bw'abahutu ali benshi akaba ali nabo bateguye intambara yo muri 1990, igihe bo ubwabo bari batsinzwe bwa nyuma muri 1967 muri bya bitero bakoreraga ingoma mhutu ya Kayibanda Gerigora biyita inyenzi, aba nibo bohereje abahungu babo kugaruka balimbura imbaga batarobanuye muri iyi ntambara inkotanyi zatangiye le 01.10.1990.
Abatutsi bavuye mu Rwanda bagiye gufasha RPF kurwana bahagiliye akaga kuko uwibeshyaga agakora agakosa gato bahitaga bamukekaho ubugambanyi. Habaye igihe abavuye Buganda babwiraga abavuye i Rwanda ko batabashira amakenga kubera ko babanye n'abahutu ndetse bakanashyingirana nabo kandi muzi ko nubu mbabwira ibi ariko ibintu bikimeze. Abasore benshi b´abatutsi basize agatwe kabo mu mashyamba babakekaho ubuhutu cyangwa ubutasi.Ibi byavuzweho byinshi na ba Ruzibiza ndetse n´abo tuganira hano i Kigali barokotse ubwo bwicanyi bakorerwaga kandi bagiye mu ishyamba gufasha Kagame na RPF ye.
Nguko uko abatutsi bahunze bateye muli 1990 bafite umujinya w'umurandurambaga batuma abahutu b'intagondwa n'abahezanguni (ibi bari babisangiye nizo nkotanyi) bahinduka intarumikwa n'abandi interahamwe.
Maze nguko uko abahutu n'abatutsi balimbuye imbaga y'abanyarwanda na n'ubu bikaba bikili ubwiru.
Byose babigize ubwiru, cyangwa amabanga none mumfashe ducukumbure tumenye n'impamvu bahisha ukuli dore murabona ibinyoma aho bigeze u Rwanda.
Ubutegetsi bwa FPR bushingiye kuri ibi binyoma birimo ubwiru bigomba kurandurwa n´imizi yabwo yose mbere y´ubwiyunge, kugirango bube bushingiye ku kuri, ndetse bikaba ngombwa ko habaho "Comité Vérité et Réconciliation" nka ya yindi ya Desmond TUTU wo muri South Africa, ibi bikaba mu rwego rwa "Dialogue Inter-Rwandais hautement inclusif".
Rugerinyange Charles
Monday, March 05, 2007
UBUHAMYA BWANJYE
Nitwa Kagiraneza Deus . Ninjiye mu gisirikare cya FPR-INKOTANYI mu
gihe
cy'intambara ya 1990 . Nashinzwe cyane cyane imilimo yo kuneka muri
DMI
(Directorate of Military Intelligence ), nyuma nza kuba Perefe
w'agateganyo wa Ruhengeri , bukeye mba Depite uhagarariye FPR
hanyuma
nsubira mu milimo ya gisirikare . Ubu nkaba ndi impunzi mu Bubiligi.
Mu
milimo nagiye nkora nabonye byinshi , cyane cyane ubwicanyi
bwakorwaga na
DMI kuva tukili mw'ishyamba na nyuma y'aho dufatiye Leta
TUKIRI MW'ISHYAMBA
Abasore bazaga batabaye baturuka i Burundi , mu Rwanda no muri Zaïre
bishwemo benshi bazira gukekwaho ubutasi cyangwa se ubuhutu cyane
cyane
mu bavaga mu Rwanda . Abana bamwe bazize ko bari barize kuko bamwe
mu
bayoboraga ingabo batinyaga ko amaherezo abo bana baje nyuma
bashoboraga kuzategeka igisirikare. Abakekwaga baratoranywaga
bakinjizwa
muri DMI , noneho bagahatwa ibibazo ku butasi cyangwa ubuhutu babaga
bashinjwa . Icyemezo cyamaraga gufatwa , bakicishwa agafuni kubera
kwanga
urusaku rw'imbunda mu karere twabaga twihishemo ariko cyane cyane
byari
ugukorera mw'ibanga kugira ngo na bagenzi babo batamenya irengero
ryabo
.
Abayoboraga DMI mur'icyo gihe ni aba :
1.. KAYUMBA NYAMWASA (ubu ni Général Major akaba Chef d'état-major
w'
Ingabo )
2.. RWAHAMA Jackson (ubu ni Lieutenant Colonel akaba ayobora Urukiko
rwa
gisirikare )
3.. NZIZA Jack (ubu ni Lieutenant Colonel akaba ategeka DMI )
4.. MUNYUZA Dani (ubu ni Major )
5.. NZABAMWITA Joseph (ubu ni Major akaba umwe mu bayobozi ba
Auditorat militaire ishinzwe gushinja abasirikare imbere y'inkiko )
6.. MUPENZI Jean Jacques (ubu ni Major akaba yarayoboraga iperereza
rya
Gendarmerie mu minsi ishize)
Aba bose ni abanyarwanda baturutse muri Uganda dore ko ari bo batoni
bakaba ari bo bayobora igisirikare kuva mw'ishyamba kugeza ubu.
Abana
b'abatutsi twiciraga muri Training Wing i Gishuro muri Byumba
bazabazwe
Major Dani Munyuza na Lt.Col. Jackson Rwahama . Ibyo kandi
ntibyakorerwaga
muri DMI honyine kuko no muri za Unités , abana baturukaga mu bihugu
bivuga igifaransa cyane cyane ababaga barize
(babitaga "intellectuals" mu
buryo bwo kubannyega) batotezwaga ndetse haboneka urwitwazo
bakicwa .
Byageze aho abana baturukaga i Burundi batoroka basubira iwabo ari
benshi cyane . Ababyeyi babo bagombye kohereza intumwa ku rugamba
kubaza
niba ibyo babaga babwiwe n'abo bana byari ukuri . Icyo gihe , Kagame
yarabahumurije bya nyirarureshwa ariko nta muyobozi w'ingabo n'umwe
wigeze ahanirwa ibyo bikorwa .
TUMAZE GUFATA LETA
Twahawe inshingano zo kwikiza abantu bose bakekwagaho kutavuga rumwe
na
FPR duhereye ku bahutu. Ibyo byarabaye mu Ruhengeri aho nategekaga
nka
Perefe kandi no mu zindi préfectures ni ko byagendaga mur'icyo gihe
kuko
ahenshi hategekwaga n'abasirikare. Byaragaragaye i Gitarama aho
Perefe Major
SEWANYANA yajugunyaga imirambo y'abahutu mu byobo byari i Kabgayi.
Byaragaragaye kandi i Butare aho Perefe Major ZIGIRA yicishije
abahutu i
Save no ku Kabutare . Ibi byose twabikoranaga n'abayobozi b'Ingabo.
Col.
IBINGIRA azabazwe abo yagiye yica inzira yose aho ingabo yayoboraga
zanyuze kuva Kibungo, Bugesera, Butare na Gikongoro. Azabazwe kandi
iby'amahano yabereye i Kibeho mu nkambi z'impunzi. Vuba aha muri
1999,
abasirikare b'abatutsi b'abanyiginya bageze kuri 70 biciwe i Nasho
muri
Kibungo. Abo bazabazwe Col. BAGABO (ikimuga cy'imbago cyari Chef
d'état-major adjoint wa Gendarmerie mu minsi ishize ubu kikaba
kiyobora
Urukiko rukuru rwa gisirikare) na Major ZIGIRA John utegeka Military
Police
.
NDASABA IMBABAZI
Kubera ayo mahano yose yakozwe kandi amwe muri yo nkaba narayagizemo
uruhare mbitegetswe n'abari bankuriye , nafashe icyemezo cyo guhunga
buriya
butegetsi bubi bw'i Kigali nkaba nsabye imbabazi ku byo nakoze kandi
niteguye gutanga ibisobanuro birambuye ndamutse mbisabwe. Nifatanije
n'Abanyarwanda bose bafite umutima ukunda igihugu biyemeje guhirika
ingoma y'amaraso ya Général Major KAGAME Paul.
KAGIRANEZA Deus
Belgique
Nitwa Kagiraneza Deus . Ninjiye mu gisirikare cya FPR-INKOTANYI mu
gihe
cy'intambara ya 1990 . Nashinzwe cyane cyane imilimo yo kuneka muri
DMI
(Directorate of Military Intelligence ), nyuma nza kuba Perefe
w'agateganyo wa Ruhengeri , bukeye mba Depite uhagarariye FPR
hanyuma
nsubira mu milimo ya gisirikare . Ubu nkaba ndi impunzi mu Bubiligi.
Mu
milimo nagiye nkora nabonye byinshi , cyane cyane ubwicanyi
bwakorwaga na
DMI kuva tukili mw'ishyamba na nyuma y'aho dufatiye Leta
TUKIRI MW'ISHYAMBA
Abasore bazaga batabaye baturuka i Burundi , mu Rwanda no muri Zaïre
bishwemo benshi bazira gukekwaho ubutasi cyangwa se ubuhutu cyane
cyane
mu bavaga mu Rwanda . Abana bamwe bazize ko bari barize kuko bamwe
mu
bayoboraga ingabo batinyaga ko amaherezo abo bana baje nyuma
bashoboraga kuzategeka igisirikare. Abakekwaga baratoranywaga
bakinjizwa
muri DMI , noneho bagahatwa ibibazo ku butasi cyangwa ubuhutu babaga
bashinjwa . Icyemezo cyamaraga gufatwa , bakicishwa agafuni kubera
kwanga
urusaku rw'imbunda mu karere twabaga twihishemo ariko cyane cyane
byari
ugukorera mw'ibanga kugira ngo na bagenzi babo batamenya irengero
ryabo
.
Abayoboraga DMI mur'icyo gihe ni aba :
1.. KAYUMBA NYAMWASA (ubu ni Général Major akaba Chef d'état-major
w'
Ingabo )
2.. RWAHAMA Jackson (ubu ni Lieutenant Colonel akaba ayobora Urukiko
rwa
gisirikare )
3.. NZIZA Jack (ubu ni Lieutenant Colonel akaba ategeka DMI )
4.. MUNYUZA Dani (ubu ni Major )
5.. NZABAMWITA Joseph (ubu ni Major akaba umwe mu bayobozi ba
Auditorat militaire ishinzwe gushinja abasirikare imbere y'inkiko )
6.. MUPENZI Jean Jacques (ubu ni Major akaba yarayoboraga iperereza
rya
Gendarmerie mu minsi ishize)
Aba bose ni abanyarwanda baturutse muri Uganda dore ko ari bo batoni
bakaba ari bo bayobora igisirikare kuva mw'ishyamba kugeza ubu.
Abana
b'abatutsi twiciraga muri Training Wing i Gishuro muri Byumba
bazabazwe
Major Dani Munyuza na Lt.Col. Jackson Rwahama . Ibyo kandi
ntibyakorerwaga
muri DMI honyine kuko no muri za Unités , abana baturukaga mu bihugu
bivuga igifaransa cyane cyane ababaga barize
(babitaga "intellectuals" mu
buryo bwo kubannyega) batotezwaga ndetse haboneka urwitwazo
bakicwa .
Byageze aho abana baturukaga i Burundi batoroka basubira iwabo ari
benshi cyane . Ababyeyi babo bagombye kohereza intumwa ku rugamba
kubaza
niba ibyo babaga babwiwe n'abo bana byari ukuri . Icyo gihe , Kagame
yarabahumurije bya nyirarureshwa ariko nta muyobozi w'ingabo n'umwe
wigeze ahanirwa ibyo bikorwa .
TUMAZE GUFATA LETA
Twahawe inshingano zo kwikiza abantu bose bakekwagaho kutavuga rumwe
na
FPR duhereye ku bahutu. Ibyo byarabaye mu Ruhengeri aho nategekaga
nka
Perefe kandi no mu zindi préfectures ni ko byagendaga mur'icyo gihe
kuko
ahenshi hategekwaga n'abasirikare. Byaragaragaye i Gitarama aho
Perefe Major
SEWANYANA yajugunyaga imirambo y'abahutu mu byobo byari i Kabgayi.
Byaragaragaye kandi i Butare aho Perefe Major ZIGIRA yicishije
abahutu i
Save no ku Kabutare . Ibi byose twabikoranaga n'abayobozi b'Ingabo.
Col.
IBINGIRA azabazwe abo yagiye yica inzira yose aho ingabo yayoboraga
zanyuze kuva Kibungo, Bugesera, Butare na Gikongoro. Azabazwe kandi
iby'amahano yabereye i Kibeho mu nkambi z'impunzi. Vuba aha muri
1999,
abasirikare b'abatutsi b'abanyiginya bageze kuri 70 biciwe i Nasho
muri
Kibungo. Abo bazabazwe Col. BAGABO (ikimuga cy'imbago cyari Chef
d'état-major adjoint wa Gendarmerie mu minsi ishize ubu kikaba
kiyobora
Urukiko rukuru rwa gisirikare) na Major ZIGIRA John utegeka Military
Police
.
NDASABA IMBABAZI
Kubera ayo mahano yose yakozwe kandi amwe muri yo nkaba narayagizemo
uruhare mbitegetswe n'abari bankuriye , nafashe icyemezo cyo guhunga
buriya
butegetsi bubi bw'i Kigali nkaba nsabye imbabazi ku byo nakoze kandi
niteguye gutanga ibisobanuro birambuye ndamutse mbisabwe. Nifatanije
n'Abanyarwanda bose bafite umutima ukunda igihugu biyemeje guhirika
ingoma y'amaraso ya Général Major KAGAME Paul.
KAGIRANEZA Deus
Belgique
Friday, March 02, 2007
Bimensuel (Ikinyamakuru gisohoka kabiri mu kwezi) No 42 / 2007
Yo kuva kuwa 16 Gashyantare kugera kuwa 28 Gashyantare 2007
Inama y’Ubwanditsi :
- Éditeur Responsable……… : « I I B »
- Directeur de Publication…. : Mutiganda Benoît
- Rédacteur en chef.. ……….. : Karasanyi Clément
- Secrétaire de Rédaction.. : Mukantwari Victoria
E-mail : bagarirayose2005@yahoo.fr
Home page : http://www.afroamerica.net/rwanda.html
Ibikubiyemo: Urupapuro
1. Ijambo ry’ibanze :
- Dushyire imigambi mu bikorwa….. .……………………..…...…….2
2. Amakuru y’Ingabo:
- Muri Rutshuru haravugwa imirwano……………………………..…3
3. Politiki :
- Kuki amahanga aseta ibirenge mu gukuraho Kagame….………....5
4. Umutekano:
- Ineko za FPR ziraca igikuba muri rubanda……………………....….7
5. Ubukungu n’imibereho y’abaturage:
- Tubyare abo dushobye kurera................................................................8
IJAMBO RY’IBANZE
Dushyire imigambi mu bikorwa
Ubwanditsi
Umuco wo guhiga si uwa none muri kamere-nyarwanda, ikibazo ariko si uguhiga, ahubwo ni uguhigura umuhigo. Iyo umuntu ahiguye umuhigo yitwa umugabo, intwari, ingenzi, cyangwa se imena bitewe n’uburyo acyuyemo umuhigo we. Intego ntiyagombye guhera mu magambo gusa kuko baca umugani ngo “ kora ndebe iruta vuga numve”.
Kuva mu Kwakira 1990, hano iwacu hatangiye urugamba rw’imihigo. FPR yahigiye guhirika ubutegetsi bwa Habyarimana, ibigeraho nyuma y’imyaka ine. Imihigo yayo ariko ntiyagarukiye aho kuko yahigiye na n’ubu kuzamaraho abo yita interahamwe itajya itandukanya n’Abahutu muri rusange.
FPR yesheje umuhigo wayo wa mbere igarika ingogo, igihugu gicura imiborogo maze ijambagira mu muvu w’amaraso yari imaze kumena ifata ubutegetsi. Nyuma y’ayo mahano yatewe na FPR, hari abandi bahigiye kuzayivuna. Ariko uko bisa n’ibigaragara ubu, abo biyita abatavuga rumwe na FPR iri ku butegetsi, imihigo yabo isa n’aho yaheze mumagambo gusa bityo ibyo bijeje abaturage barembejwe n’igitugu bikomeje kuba inzozi nkuko FPR yirirwa ibivuguruza. Usanga Kagame asa nuvuga ati: “urusaku rw’igikeri ntirubuza imbogo gushoka”.
Haribazwa niba kudahigurira abaturage imihigo kw’iriya mitwe ya politiki irwanya ubutgetsi bwa FPR, ari ukuba idafite icyo iharanira, irwanira nk’uko FPR ikunda kubishongoraho ibibabwira, cyangwa se niba ari intege nke. Bibaye ari ukutagira icyo irwanira kubera ko FPR yaba ibatanguranwa igakora ibyo bayirega, bagombye kuyoboka, bagacisha make, ndetse ahubwo nk’uko FPR ihora ibivuga, abari hanze bagafata inzira itahuka mu rwababyaye.
Niba kutagera ku muhigo wabo ari ingufu nke kandi, umuntu yakwibaza impamvu batishyira hamwwe, ngo begeranye imbaraga maze barwanye kandi bahirike ingoma y’igitugu.
Kwishyira hamwe byifuzwa n’Abanyarwanda bakeneye ubwisanzure si turiya tudumbi dumbi twa hato nahato, kuko bisa n’ibigaragara ko hari abakivuga bati bariya bo ntitwakorana, bivuga ko hari abumva baheza abandi mu ntambara yo kubohoza igihugu nkaho bo ubwabo bonyine bafite umuti w’ikibazo cy’u Rwanda.
Byaba bibabaje rero kubona nyuma y’imyaka cumi n’itatu, abantu basangiye kuba barahunze ingoma y’igitugu, nkoramaraso, ingoma ikora nk’incancuro, ikandamiza abaturage, yica kandi ikanafungira ubusa, ingoma yigize mpatsibihugu hano mu karere k’ibiyaga bigari, batashobora kwishyira hamwe bose kugira ngo bayihirike.
Niba kudashyira hamwe ari ukubera kumva batazashobora kugabana imyanya y’ubuyobozi bw’igihugu, bagombye kumva ko nta mwanya mubi ubaho igihe uri mu butegetsi wishimiye kandi bwashyizweho n’abaturage.
U Rwanda rwabohotse ruzaba rufite abayobozi batari ba Rutemayeze.
Ntabwo imyanya yagombye kuba inzitizi, kuko abababara benshi bo nta myanya bakeneye, bakeneye amahoro no kwishyira bakizana mu rwababyaye, aho kubaho bugaruzwamuheto, cyangwa birirwa bitwa impunzi hirya no hino.
Abahigiye kuzakuraho FPR, abiyemeje kuzana ubwisanzure, guharanira ubwiyunge n’ubutabera mu bana b’u Rwanda, abafashe ingamba zo kurwanya akarengane n’ubusumbane, niba kanguke bashyire imvugo mu ngiro, maze bazitwe abagabo b’intwari ubwo igihugu cyose kizaba gihumeka ituze n’umunezero.
AMAKURU Y’INGABO
Muri Rutshuru haravugwa imirwano
Banzana Jacques
Imirwano hagati y’ingabo za Général Nkundabatware n’iza FDLR mu karere ka Rutshuro ikomeje guhitana inzirakarengane no gukura abaturage benshi mu byabo. Izo ngabo ziyitirira ko ari iz’ubutegetsi bw’i Kinshasa kandi zikavugirwa n’umuvugizi w’ishyaka rya Nkundabatware ryitwa CNDP, zikomeje gushotorana.
Iyo urebye impamvu nyazo zateje iyo ntambara igiye kumara hafi ibyumweru bitatu, usanga ari ikimenyetso gikomeye kigaragaza ko kariya karere kadateze kugira amahoro igihe cyose mu Rwanda hakiri buriya butegetsi bwa FPR.
Aho FPR/APR ifatiye ubutegetsi mu Rwanda muri Nyakanga 1994, impunzi nyinshi zahungiye mu burasirazuba bw’icyahoze ari Zaire, cyaje guhinduka Congo aho AFDL na APR bahirikiye Marchal Mobutu Sese Seko.
Mu mugambi mubisha kandi muremure wavuyemo guhirika Mobutu no gutsemba impunzi z’abahutu, byaragaragaye ko nta bapfira gushira koko. Igihe amasasu, amacumu n’imipanga, inzara n’indwara, inzuzi n’imigezi byarimo byivugana benshi mu mpunzi zarimo zizerera mu mashyamba guhera mu burasirazuba kugeza mu burengero bwa Congo, hari impunzi zagize amahirwe zishobora kwihisha hariya mu mashyamba ya Masisi na Rutshuru.
Izo mpunzi rero nizo zagerageje kwisuganya kugira ngo zirengere zidashira. Uko kwisuganya kwateye FPR/APR ubwoba, kugeza ubwo izo nkoramaraso za FPR zifashe umugambi wo gusubira muri Congo kuzitsemba burundu mu kwezi kwa Kanama 1998. Amahirwe yazo, APR yazitaye ku irembo ry’u Rwanda hariya za Masisi na Rutshuru, maze ijya kuzishakira i Kinshasa, Kitona, Mbanzangungu, Mbujimayi, Kisangani, na Lubumbashi na za Kamina.
Nyuma y’icyo gikorwa cy’urukozasoni amahanga yari yahaye umugisha, akeka ko ikibazo cy’abahutu kigiye kurangira burundu, byaje kugaragara ko icyajyanye FPR muri Congo kwari ugusahura yitwaje ngo kurangiza ikibazo cy’impunzi z’abahutu burundu. Ayo mahanga yasanze atari ngombwa ko Kagame akomeza kubuza Congo uburyo, maze amutegeka kuyivamo shishi itabona. Ubwo yavaga muri Congo rwagati, hirya iriya, nibwo yibutse ko yari afite abamwugarije hariya hafi, ubwo yihererana icyari RCD-Goma, ati n’ubwo tubeshye ko tugiye bwose, turabasigira ingabo nkeya ariko namwe muhatubere.
Nguko uko Serufuri Ngayabaseka Eugène yasigariyeho Kagame hariya muri Kivu y’amajyaruguru.
Ariko uko iminsi yagiye ishira indi igataha niko byagiye bigaragara ko Serufuri atagishoboye guhagararira inyungu z’u Rwanda hariya muri Nord Kivu. Uko kunanirwa kwa Serufuri kwakomeje gutera ubwoba FPR, cyane ko no muri Kivu y’amajyepfo itari ikihafite ingufu kuva aho Masunzu acungurije umutima ubwenge akemera gukorana n’ubutegetsi bw’i Kinshasa. Icyo gikorwa cya kigabo Masunzu yari akoze cyamuviriyemo kwangwa urunuka na Kagame, maze amutereza bene wabo barimo uwitwa Nyamushebwa, ntibyagira icyo bitanga, none ubu ni Major Rugunda. Ndetse byageze ubwo FPR ishaka kongera kwigarurira Bukavu ikoresheje Nkundabatware na Mutebutsi muri Mata 2004, ariko amahanga n’Abanyabukavu barahaguruka barabyamagana.
Kagame rero yabonye ibyo gucunga akarere ka Kivu y’amajyepfo bitakimworoheye cyane, ahitamo kutakitaho, bitavuga ariko ko yahihoreye. Iyo urebye imbogamizi karemano, ikiyaga cya Kivu, umugezi wa Rusizi, ishyamba rya Nyungwe ritagira ibiryo, ndetse n’akarere karikikije karangwa n’inzara idashira, ukongeraho ko n’ubutegetsi bw’i Burundi ari inshuti za FPR, usanga ibyo bihagije ngo FPR/APR itagirira impungenge nyinshi ingabo za FDLR ziri muri kariya gace.
Akarere ka Kivu y’amajyaruguru ko gafite umwihariko mu miterere yako ku buryo, uretse no kugahozaho ijisho, FPR/APR bidateze kukavamo. Iyo mpamvu niyo yatumye Kagame ashyiraho uriya Nkundabatware ngo ahamubere. Ibyo ntawabitindaho cyane iyo yibutse ko bimwe mu byo Général Nkundabatware yasabye kugira ngo yemere guhagarika imirwano, harimo guhabwa imbunda kandi akaguma muri kariya gace, kugira ngo abone uko acyura ingabo za FDLR nk’aho ariwe usimbuye ingabo za Congo FARDC kuri iyo nshingano. Ibyo kandi byumvikana neza iyo uriya muvugizi w’ishyaka rya Nkundabatware CNDP, avuga ati FDLR tugomba kuyirwanya ku ngufu kugeza yemeye gutaha cyangwa itsinzwe bya gisirikare. Ayo ni amwe mu magambo Kagame yatangarije i Londres ubwo yahanyuraga umwaka ushize agiye muri Amerika mu nama rusange y’umuryango w’abibumbye ubwo yavuze ati ingabo z’abahutu ziri muri Congo nta mbabazi zikwiye uretse kwemera gutaha zigacibwa uruzikwiye cyangwa zigatsindwa ruhenu mu rwego rwa gisirikari (être anéantis militairement).
Ariko kandi nk’uko bamwe bakunda kubivuga, ntabwo ingufu za gisirikari arizo zizarangiza kiriya kibazo cy’ingabo muri kariya karere. Niyo washyiraho ingufu zirenga izakoreshejwe i TollahBorah muri Afganistan, izikoreshwa muri Irak, izikoreshwa muri Palestine, cyangwa se izakoreshejwe ubwo SADC yose yari inyuma ya APR na AFDL mu gusenya inkambi no kwirukana ingabo za Mobutu, ntabwo ikibazo cyaba kirangiye. Erega burya ntabapfira gushira. Ahubwo umuntu yakwibaza impamvu APR/FPR banga gushyikirana na bariya bantu bayoboye ziriya ngabo haba muri Politiki cyangwa mu gisirikare. Niba se APR ifite abasirikari hafi ibihumbi 70, kuki yatinya kwakira ibihumbi hafi 15, aho buri ngabo ivuye muri FDLR yaba iri hamwe n’eshanu za APR. None se umwe kuri batanu yakagize ubutwari ndetse n’icengezamatwara rihambaye azanesha batanu ba APR ?
Ubundi bwo rero, ntabwo biriya bitero by’ingabo za CNDP ku ngabo za FDLR ubu bigamije kurangiza ubutumwa zahawe na Kagame muri iki gihe, kuko nta ngufu zifite, kandi ngo imirimo ibiri yananiye impyisi. CNDP igamije kureba niba ubutegetsi bwa Kinshasa buzubahiriza ibyo bwasinyiye maze bukabaha intwaro zo kurwanya FDLR. Ese ahubwo ntabwo Kinshasa yibaza uko bizagenda nimara gutanga izo ntwaro ariko inshingano zo gucyura FDLR ntizigerweho. Izasubira inyuma se yake CNDP intwaro izaba yayihaye ? Ntabwo se babona ko izo ntwaro arizo kuzafata Kivu bagamije kwigenga nk’uko biri mu mugambi wabo muremure,
batarazibukira kugeza uyu munsi.
Uko biri kose izo ngabo nazo si agafu k’ivugwa rimwe. Kwirengera zirengera n’impunzi ni inshingano zidashobora gutezukaho na rimwe.
POLITIKI
Kuki amahanga aseta ibirenge mu
gukuraho Kagame.
Mutiganda Benoit
Kuva tariki ya kabiri Kanama 1998; ubwo Kagame yagaba igitero i Kinshasa ngo agamije kuhazana demokarasi, iryo shozwa ry’imirwano rikaba ryaraguyemo miliyoni zirenga enye z’Abakongomani, amwe mu mahanga atari azi neza cyangwa yari yaribeshye ku mpamvu nyayo yatumye FPR igaba ibitero mu Rwanda ku ya mbere Ukwakira 1990, ayo mahanga yatangiye kwibaza no gushaka icyakorwa ngo iriya nkoramaraso yigize Karwanyi ka Mpatsibihugu hano mu karere k’ibiyaga bigari, ikurwe ku butegetsi kugira ngo amahoro ahinde.
Mu mpera z’Ukwakira 2001, nyuma gato y’uko Perezida Géorges Bush wa Amerika amutumijeho ikitaraganya akamutegeka gukura ingabo muri Congo, byabaye nko guhumbya kuko Kagame yagarutse agasanga izambere Kabarebe yazigejeje i Kanombe, izindi zibyiganira ku mupaka ku Gisenyi. Icyo gikorwa cyagaragaje ko Kagame akangika kandi ko yakandika n’ubwo ingabo ze zose zitavuye muri Congo nk’uko yari yabitegetswe.
Nyuma Kagame yakomeje kurambirana imbere y’amahanga ndetse n’imbere y’Abanyarwanda. Byaragaragaye ubwo yajyaga muri Canada akarinda avayo nta mutegetsi ukomeye w’icyo gihugu umwakiye. Abanyarwanda baba muri icyo gihugu bo bamwakije amagi n’induru ataha azinze umunya, ndetse biza kuviramo bamwe mu bakozi ba Ambasade y’u Rwanda muri Canada kwirukanwa no gufungwa.
Kagame amaze kubona iryo somo ryo muri Canada, yahamagajwe hutihuti muri Amerika. Ubwo yagarukaga i Kigali, bamwe mubisonga bye bari bateguye ku mwivugana maze, abarindangoma be bamubuza kunyura ku kibuga cya Kanombe. Ubwo yifatira iy’i Bujumbura aho yavuye n’imodoka ataha i Kigali. Yageze i Kigali yikoma Abanyiginya karahava. Uwitwa Karegeya Patrick atabwa mabuso kugeza magingo aya, Kayumba Nyamwasa ahungira i New Dheli mu Buhindi.
Kuva aho umucamanza w’umufaransa bwana Jean Louis Bruguiere atangarije impapuro mpuzamahanga zo gufata bimwe mu bisonga icyenda bya Kagame, ndetse akanasaba umunyamabanga mukuru wa Loni ko yategeka Arusha gufata Kagame, kubera icyaha cy’iterabwoba bakoze ku ya 6 Mata 1994, ubwo bahanuraga indege yari itwaye Perezida Habyarimana Juvenal na mugenzi we w’u Burundi Ntaryamira Cyprien, bagapfiramo hamwe n’abari babaherekeje bose ndetse n’Abapilote batatu b’Abafansa batwaraga iyo ndege, icyo gikorwa cy’iterabwoba akaba aricyo cyabaye intandaro y’ubwicanyi bwakurikiyeho, biragaragara ko Kagame atataye ingufu gusa, ahubwo ararashya imigeri.
Ariko nk’uko hari Abanyarwanda bashaka kumuhorahoza bikanga nk’uko byari bibaye ku ya 17 Mutarama hariya hafi ya Kinyinya, ku ruhande rw’amahanga yo urasanga asa nagira ati “Uwaba aretse”. Impamvu y’uko guseta ibirenge kw’amahanga mu gukuraho Kagame si ukumutinya cyangwa ku mukunda, ahubwo ntibarabona uwamusimbura ku butegetsi, akaba umuhuza nyawe koko maze amahoro agahinda mu Rwanda ndetse no mu karere kose. Kuba yavaho igihugu kikongera kugwa mu icuraburindi, si byo batinya cyane kuko n’ubundi kumugumishaho igihe kirekire bizateza irindi shyano risumbijeho kuba ribi.
Iyo urebye neza usanga hataraboneka uwasimbura Kagame hano mu gihugu ndetse n’abari hanze. Nta n’umwe muri bariya icyenda basangiye ubufatanyacyaha nawe wamusimbura. Si Tito Rutaremara na Muligande Karoli bazwiho ubutagondwa bwabasabye imitima bukabasesekara ku minwa no mu bikorwa. Si Musoni Protais, Vincent Biruta, Anastase Makuza, Alfred Musangamfura, cyangwa se abandi tutarondoye aha, kuko bose utaregwa ubwicanyi bwakorewe abahutu, araregwa ubwakorewe abatutsi, bityo akaba nta n’umwe muri bo waba umuhuza w’Abanyarwanda.
Mu bari hanze bari mu mitwe ya politiki itavuga rumwe na FPR iri ku butegtsi, usanga nabo niyo hazanagira uwabonekamo, magingo aya nta n’umwe waba yiteguye gusimbura Kagame. Mu bari hanze twavugamo nka ba Bwana Paul Rusesabagina, JMV Higiro, Ignace Murwanashyaka, Déogratias Mushayidi, Général de Brigade Habyarimana, Madame Ingabire Victoire ndetse hari n’umwami Kigeli V Ndahindurwa, yewe n’abandi benshi. Abo bose rero n’ubwo usanga bafite imigambi myiza kandi baka bagerageza kuyishyira mu bikorwa, usanga nta n’umwe uragaragaza ko yaba umuhuza w’Abanyarwanda igihe cyose hakiri turiya tudumbi dumbi tw’amashyaka kandi yose arwanya ubutegetsi bumwe; ahubwo ugasanga bari gusigana ngo hatagira utanga undi gufata ubutegetsi! Ntabwo rero ifu iseye. Iyo ubajije kandi usanga nta n’umwe muri abo bari hanze, amahanga ararambikaho ibiganza ngo amuhe imigisha, amutorere kuzayobora Abanyarwanda.
Hari uwabaza ati ese ni ngombwa ko amahanga ariyo adutorera buri gihe uzatuyobora. Yego kandi Oya. Yego kubera ko twe ubwacu bisa
n’ibyatunaniye. Kagame ntaranarangiza manda ye ya mbere, kandi ejobundi twamutoye 95%. None uretse no kurambirana amaze gutera iseseme. Muri ibi bihe nta n’ubwo dushoboye kwihereza imihanda nka ziriya ntwari zo muri Guinée kwa Général Lansana Konté zimugeze ahamanuka kandi bigaragara ko zamuvanye ku izima. Twaba se dutegereje ko Kagame abanza kuba umusaza rukukuri? Kugeza ubu tuzi gushoka imihanda ngo turereka Kagame ko tumushyigikiye twamagana Louis Bruguiere. Nyamara twamara gutaha tugeze aho twihereye, ugasanga turavugira mu ntamatama, ngizo za telephone na za Internet twamagana ubutegetsi bubi kandi tuvuye kubuha ingufu mu muhanda. Ibyo rero amahanga arabidusekera cyane, akabona turi nk’abana, ba bwoba na ba nyamujyiyobijya gusa.
Si ngombwa kandi ko twumva ko buri gihe amahanga ariyo agomba kuduhitiramo umuyobozi kandi dufite ubwigenge mu gihugu cyacu. Ariko rero, none se tuvuge ko ubu dushaka guhindura uwo muco mubi? Twabikora mu buhe buryo? Ko kwigaragambya tutabishoboye, ko urugamba rw’amasasu rutari hafi, amatora nk’ayo twakoze dutora Kagame nayo atagomba kongera kubaho ukundi, twakora iki? Yenda umuntu yavuga ati hakwiye ibiganiro bakunze kwita mu rurimi rw’igifaransa “dialogue inter-rwandais”. Ariko nayo n’ubwo FPR na Kagame batayakozwa, natwe tukaba tugira tuti twashyikirana dute n’abicanyi batararenguka imbere ya sentare? Usanga ibyo biganiro nabyo ubwacu tutabyikorera tudatewe inkunga n’amahanga cyangwa se yo ubwayo atabishatse ngo anabishyigikire.
Gusa ikibazo kikaba none se Kagame ananiwe, tukaba tumurambiwe, amahanga akaba atakimushaka, yasimburwa ate? Yasimburwa na nde?
UMUTEKANO
Ineko za FPR riraca igikuba muri rubanda.
Karasanyi Clement
Kuva havuka umwiryane i kambere muri FPR/APR umwaka ushize, ubwo Colonnel Karegeya Patrick yafatwaga agafungwa, nyuma abamukomokaho, abo bavuganaga bose bakibasirwa n’ineko z’inzego z’umutekano. Na nyuma y’uko Kagame avugiye hano mu gihugu ko hari abakorana n’Abafarasa, ko bazwi kandi ko bagomba gukanirwa urubakwiye. Abantu bakomeje guterwa ubwoba n’ineko za FPR/APR zirirwa zihunahuna ( fouiner leur nez partout) hose ngo zirumviriza no kwinukiriza uwaba ahumeka cyangwa anuka umwuka w’Abafaransa.
Iyo myitwarire y’izo neko irangwa na ndakumvisha, urambona sha, uranzi uwo ndi we, kwihimura, yateye abayobozi benshi guhinduka nk’ibiragi no kutagira abo bizera, ku buryo hari n’uwo ubaza uti ese ubona ingamba wahigiye uzazigeraho ute, ati uzaze ejo kugira ngo abanze amenye niba utari gatumwa.
Telefone z’abatizewe na FPR zose zirumvirizwa, imirongo ya za internet, za fax ndetse n’ubundi buryo bwo gutumanaho byose nta kitanyura mu matwi cyangwa imbere y’amaso y’izonyangabirama za FPR zakuye abantu umutima. Ikigaragara ariko ni uko abantu nabo batangiye kwiga amayeri mashya yo kuvugana kandi bakumvikana.
Uko biri kose FPR/APR ubu imeze nka ya nyamaswa y’inkazi yakomerekejwe n’abahigi ariko ikaba itaravamo umwuka. Inyamaswa nk’iyo n’iyo yumvise akababi kaguye hasi igaba igitero. Ibyo ariko ntibiyiha amahirwe menshi yo kumara igihe kuko mu gushaka kwihora kandi itagifite ingufu, biyisaba n’ubundi gukoresha ingufu nyinshi bityo bikayihuhura vuba. Ubu muri FPR uwarasa ku nkike z’igihugu, nyuma akivugana na Minisitiri umwe ngo urebe ngo induru ziravuga.
FPR rero uko yakanura kose, yibuke ko ingoma y’igitugu ihenuka gitunguro. Nta warushije KGB y’Uburusiya kuneka, ariko uko byagenze mwese murabizi.
UBUKUNGU N’IMIBEREHO Y’ABATURAGE
Tubyare abo dushoboye kurera
Nziyomaze Fidèle
Iyo turebye ubwiyongere bw’abaturage hano mu gihugu, ndetse wanasoma na raporo y’inama y’igihugu ishinzwe ibya sitatisitiki (statistiques), aho ivuga ko ubwiyongere bw’abaturage bukomeje uko bumeze ubu mu mwaka w’2030, u Rwanda rwazaba rufite abaturage miliyoni 30. N’ubwo baca umugani ngo ahari amahoro uruhu rw’urukwavu rwiyorosa batanu, ariko uriya mubare wazaba ukabije cyane, ku buryo wazateza ubuyobozi ingorane nyinshi cyane. Birazwi kandi ko, uretse mu bihugu byateye imbere cyane, ubwinshi bw’abaturage mu gihugu gikennye nk’u Rwanda ari kimwe mu biteza umutekano muke.
Iki kibazo cy’ubwiyongere bw’abaturage butajyanye n’ubukungu bw’igihugu gihangayikishije ubuyobozi bw’igihugu ariyo mpamvu basa n’aho bashaka kugihagurukira. Nyamara ariko n’ubwo umushinga w’itegeko ryo kutarenza abana batatu kuri buri muryango ukigwa, biragaragara ko ishyirwa mu bikorwa byaryo rizahura n’inzitizi nyinshi.
Muri kamere cyangwa se umuco nyarwanda, kugira abana benshi ni ubukungu no kugira amaboko. Guhindura iyo myumvire rero bizatwara igihe kirekire, cyane cyane ko Abanyarwanda hafi 85% batazi gusoma no kwandika, kandi uburyo bwiza bwo kubicengeza ari ugukoresha inyigisho.
Iyo urebye muri gahunda za leta, ndetse unagereranije n’icyo bise vision 2020, usanga ntaho leta iteganya ibikorwa by’amajyambere bihamye ku byerekeranye n’ubuvuzi, ku buryo n’uwakwemera kubyara bake yazaba afite icyizere ko batazamarwa na malaria cyangwa izindi ndwara zibasira abana bato.
Uretse kandi imyumvire ijyanye n’umuco, hari indi myumvire mishya yatewe n’amateka ya vuba. Ubwicanyi bwabaye mu Rwanda guhera mu Kwakira 1990 kugeza magingo aya. Abantu barapfuye ku buryo nta Munyarwanda n’umwe bitagezeho, byaba ku buryo buziguye cyangwa butaziguye. Iyo mpamvu ituma hari abumva ko bagomba kubyara abasimbura abagiye. Kuri iyo myumvire hiyongeraho iy’ubusumbane mu mibare y’amoko atuye u Rwanda bituma yose atumva kimwe umugambi wo kugabanya imbyaro. Ntabwo wabwira Umutwa ngo abyare bake, kandi azi ko asanzwe ari nyamuke, kandi ku busanzwe badakunda kororoka. Ku buyobozi bwa Habyarimana, ubwo ONAPO yari itangiye ibikorwa byayo, hari Abanyarwanda bamwe babwiraga abandi ngo nibagabanye imbyaro bo ba nyamwinshi. Uko kuri bumvaga gufite ishingiro na n’ubu hari abakikubona gutyo. Ahubwo se none ryaba ari rya ringanizamubare Hutu-Tutsi ryavuzwe na Kagame ryaba rigiye gushyirwa mu bikorwa?
Iyo urebye mu bijyanye n’iyobokamana, usanga hano mu Rwanda hafi abaturage 95% bagendera ku mahame ya gikristu, n’ubwo baba mu madini atandukanye. Ubwo rero bizaba ngombwa ko ayo madini yitangira nayo iyo gahunda. Ariko harimo ibibazo.
Zimwe mu ngamba leta yazafata harimo nko kwemerera abagore gukuramo amada, gufungira urubyaro ku ngufu urengeje batatu, gukoresha agakingirizo, gufunga cyangwa guca ihazabu uzarenza uwo mubare. Inyinshi muri izo ngamba zinyuranye n’amahame ya gikristu ndetse n’amwe mu mategeko arengera ikiremwamuntu. Ibyo bikaba bizatuma amadini amwe n’amwe atazitabira iyo gahunda nk’ uko leta ibyifuza. Bikaba rero bishobora no kuzongera amakimbirane hagati ya leta n’amadini.
Turebye gato ku bijyanye n’idini ya Kisilamu, aho mu mahame yaryo yemerera abantu kugira abagore benshi n’ubwo atari itegeko, umuntu yakwibaza niba ku muyisalamu ufite abagore batatu, azaba yemerewe abana batatu kuri buri mugore cyangwa se umwe umwe kuri buri mugore. Ikindi, ese nk’umukobwa aramutse abyariye iwabo inshuro eshatu, nyuma akaza kushaka umugabo, iryo tegeko rizamubuza kubyarana n’uwo mugabo abandi bana batatu? N’ubwo bigaragara ko hakirimo ibibazo byinshi bizabangamira ishyirwa mu bikorwa bya ririya tegeko, iyo witegereje neza, usanga hari izindi gahunda leta yafashe zuzuye ubugome ariko zigamije kuyifasha kugera ku mugambi wayo.
Icya mbere: kuba kugeza ubu hagifunze abantu barenga ibihumbi ijana muri za gereza kandi bose ari abagabo. Kuba gacaca iteganya gufunga abandi barenze ibihumbi magana arindwi kandi bagahabwa igifungo kitari mu nsi y’imyaka 20. Ubwo rero ukoze imibare usanga mu myaka 23 iri imbere ngo tugere muri 2030, abantu ibihumbi hafi Magana inani bazaba bafunzwe, bazaba bagabanijeho hafi miliyoni eshatu zirenga.
Icya kabiri, iriya gahunda ya leta yo gukomeza gushyira abaturage mu butindi nyakujya, nawo ni umugambi mubisha, kuko ntabwo umuntu azaba yiriwe akorera undi ngo mu gutaha atahane irobo ry’umuceli, hanyuma ngo nagera mu rugo yumve akaneye kubyara kandi n’iyo robo itamuhagije.
Icya gatatu: kongera abadafite akazi aribo bakunze kwita abashomeri. Nabwo ni uburyo leta yahisemo bwo kugabanya imbyaro, kuko ntawaba adafite n’icyo yambara ngo atekereze kubyara uwo atazagaburira, ngo amwambike n’ibindi.
Umushinga wo gukangurira abaturage kubyara abo bashobye kurera ni byiza, ariko duhaguruke twamagane buriya buryo bwuzuye ubugome leta yahisemo bwo kugera ku ntego zayo ihonya bamwe mu Banyarwanda.
Yo kuva kuwa 16 Gashyantare kugera kuwa 28 Gashyantare 2007
Inama y’Ubwanditsi :
- Éditeur Responsable……… : « I I B »
- Directeur de Publication…. : Mutiganda Benoît
- Rédacteur en chef.. ……….. : Karasanyi Clément
- Secrétaire de Rédaction.. : Mukantwari Victoria
E-mail : bagarirayose2005@yahoo.fr
Home page : http://www.afroamerica.net/rwanda.html
Ibikubiyemo: Urupapuro
1. Ijambo ry’ibanze :
- Dushyire imigambi mu bikorwa….. .……………………..…...…….2
2. Amakuru y’Ingabo:
- Muri Rutshuru haravugwa imirwano……………………………..…3
3. Politiki :
- Kuki amahanga aseta ibirenge mu gukuraho Kagame….………....5
4. Umutekano:
- Ineko za FPR ziraca igikuba muri rubanda……………………....….7
5. Ubukungu n’imibereho y’abaturage:
- Tubyare abo dushobye kurera................................................................8
IJAMBO RY’IBANZE
Dushyire imigambi mu bikorwa
Ubwanditsi
Umuco wo guhiga si uwa none muri kamere-nyarwanda, ikibazo ariko si uguhiga, ahubwo ni uguhigura umuhigo. Iyo umuntu ahiguye umuhigo yitwa umugabo, intwari, ingenzi, cyangwa se imena bitewe n’uburyo acyuyemo umuhigo we. Intego ntiyagombye guhera mu magambo gusa kuko baca umugani ngo “ kora ndebe iruta vuga numve”.
Kuva mu Kwakira 1990, hano iwacu hatangiye urugamba rw’imihigo. FPR yahigiye guhirika ubutegetsi bwa Habyarimana, ibigeraho nyuma y’imyaka ine. Imihigo yayo ariko ntiyagarukiye aho kuko yahigiye na n’ubu kuzamaraho abo yita interahamwe itajya itandukanya n’Abahutu muri rusange.
FPR yesheje umuhigo wayo wa mbere igarika ingogo, igihugu gicura imiborogo maze ijambagira mu muvu w’amaraso yari imaze kumena ifata ubutegetsi. Nyuma y’ayo mahano yatewe na FPR, hari abandi bahigiye kuzayivuna. Ariko uko bisa n’ibigaragara ubu, abo biyita abatavuga rumwe na FPR iri ku butegetsi, imihigo yabo isa n’aho yaheze mumagambo gusa bityo ibyo bijeje abaturage barembejwe n’igitugu bikomeje kuba inzozi nkuko FPR yirirwa ibivuguruza. Usanga Kagame asa nuvuga ati: “urusaku rw’igikeri ntirubuza imbogo gushoka”.
Haribazwa niba kudahigurira abaturage imihigo kw’iriya mitwe ya politiki irwanya ubutgetsi bwa FPR, ari ukuba idafite icyo iharanira, irwanira nk’uko FPR ikunda kubishongoraho ibibabwira, cyangwa se niba ari intege nke. Bibaye ari ukutagira icyo irwanira kubera ko FPR yaba ibatanguranwa igakora ibyo bayirega, bagombye kuyoboka, bagacisha make, ndetse ahubwo nk’uko FPR ihora ibivuga, abari hanze bagafata inzira itahuka mu rwababyaye.
Niba kutagera ku muhigo wabo ari ingufu nke kandi, umuntu yakwibaza impamvu batishyira hamwwe, ngo begeranye imbaraga maze barwanye kandi bahirike ingoma y’igitugu.
Kwishyira hamwe byifuzwa n’Abanyarwanda bakeneye ubwisanzure si turiya tudumbi dumbi twa hato nahato, kuko bisa n’ibigaragara ko hari abakivuga bati bariya bo ntitwakorana, bivuga ko hari abumva baheza abandi mu ntambara yo kubohoza igihugu nkaho bo ubwabo bonyine bafite umuti w’ikibazo cy’u Rwanda.
Byaba bibabaje rero kubona nyuma y’imyaka cumi n’itatu, abantu basangiye kuba barahunze ingoma y’igitugu, nkoramaraso, ingoma ikora nk’incancuro, ikandamiza abaturage, yica kandi ikanafungira ubusa, ingoma yigize mpatsibihugu hano mu karere k’ibiyaga bigari, batashobora kwishyira hamwe bose kugira ngo bayihirike.
Niba kudashyira hamwe ari ukubera kumva batazashobora kugabana imyanya y’ubuyobozi bw’igihugu, bagombye kumva ko nta mwanya mubi ubaho igihe uri mu butegetsi wishimiye kandi bwashyizweho n’abaturage.
U Rwanda rwabohotse ruzaba rufite abayobozi batari ba Rutemayeze.
Ntabwo imyanya yagombye kuba inzitizi, kuko abababara benshi bo nta myanya bakeneye, bakeneye amahoro no kwishyira bakizana mu rwababyaye, aho kubaho bugaruzwamuheto, cyangwa birirwa bitwa impunzi hirya no hino.
Abahigiye kuzakuraho FPR, abiyemeje kuzana ubwisanzure, guharanira ubwiyunge n’ubutabera mu bana b’u Rwanda, abafashe ingamba zo kurwanya akarengane n’ubusumbane, niba kanguke bashyire imvugo mu ngiro, maze bazitwe abagabo b’intwari ubwo igihugu cyose kizaba gihumeka ituze n’umunezero.
AMAKURU Y’INGABO
Muri Rutshuru haravugwa imirwano
Banzana Jacques
Imirwano hagati y’ingabo za Général Nkundabatware n’iza FDLR mu karere ka Rutshuro ikomeje guhitana inzirakarengane no gukura abaturage benshi mu byabo. Izo ngabo ziyitirira ko ari iz’ubutegetsi bw’i Kinshasa kandi zikavugirwa n’umuvugizi w’ishyaka rya Nkundabatware ryitwa CNDP, zikomeje gushotorana.
Iyo urebye impamvu nyazo zateje iyo ntambara igiye kumara hafi ibyumweru bitatu, usanga ari ikimenyetso gikomeye kigaragaza ko kariya karere kadateze kugira amahoro igihe cyose mu Rwanda hakiri buriya butegetsi bwa FPR.
Aho FPR/APR ifatiye ubutegetsi mu Rwanda muri Nyakanga 1994, impunzi nyinshi zahungiye mu burasirazuba bw’icyahoze ari Zaire, cyaje guhinduka Congo aho AFDL na APR bahirikiye Marchal Mobutu Sese Seko.
Mu mugambi mubisha kandi muremure wavuyemo guhirika Mobutu no gutsemba impunzi z’abahutu, byaragaragaye ko nta bapfira gushira koko. Igihe amasasu, amacumu n’imipanga, inzara n’indwara, inzuzi n’imigezi byarimo byivugana benshi mu mpunzi zarimo zizerera mu mashyamba guhera mu burasirazuba kugeza mu burengero bwa Congo, hari impunzi zagize amahirwe zishobora kwihisha hariya mu mashyamba ya Masisi na Rutshuru.
Izo mpunzi rero nizo zagerageje kwisuganya kugira ngo zirengere zidashira. Uko kwisuganya kwateye FPR/APR ubwoba, kugeza ubwo izo nkoramaraso za FPR zifashe umugambi wo gusubira muri Congo kuzitsemba burundu mu kwezi kwa Kanama 1998. Amahirwe yazo, APR yazitaye ku irembo ry’u Rwanda hariya za Masisi na Rutshuru, maze ijya kuzishakira i Kinshasa, Kitona, Mbanzangungu, Mbujimayi, Kisangani, na Lubumbashi na za Kamina.
Nyuma y’icyo gikorwa cy’urukozasoni amahanga yari yahaye umugisha, akeka ko ikibazo cy’abahutu kigiye kurangira burundu, byaje kugaragara ko icyajyanye FPR muri Congo kwari ugusahura yitwaje ngo kurangiza ikibazo cy’impunzi z’abahutu burundu. Ayo mahanga yasanze atari ngombwa ko Kagame akomeza kubuza Congo uburyo, maze amutegeka kuyivamo shishi itabona. Ubwo yavaga muri Congo rwagati, hirya iriya, nibwo yibutse ko yari afite abamwugarije hariya hafi, ubwo yihererana icyari RCD-Goma, ati n’ubwo tubeshye ko tugiye bwose, turabasigira ingabo nkeya ariko namwe muhatubere.
Nguko uko Serufuri Ngayabaseka Eugène yasigariyeho Kagame hariya muri Kivu y’amajyaruguru.
Ariko uko iminsi yagiye ishira indi igataha niko byagiye bigaragara ko Serufuri atagishoboye guhagararira inyungu z’u Rwanda hariya muri Nord Kivu. Uko kunanirwa kwa Serufuri kwakomeje gutera ubwoba FPR, cyane ko no muri Kivu y’amajyepfo itari ikihafite ingufu kuva aho Masunzu acungurije umutima ubwenge akemera gukorana n’ubutegetsi bw’i Kinshasa. Icyo gikorwa cya kigabo Masunzu yari akoze cyamuviriyemo kwangwa urunuka na Kagame, maze amutereza bene wabo barimo uwitwa Nyamushebwa, ntibyagira icyo bitanga, none ubu ni Major Rugunda. Ndetse byageze ubwo FPR ishaka kongera kwigarurira Bukavu ikoresheje Nkundabatware na Mutebutsi muri Mata 2004, ariko amahanga n’Abanyabukavu barahaguruka barabyamagana.
Kagame rero yabonye ibyo gucunga akarere ka Kivu y’amajyepfo bitakimworoheye cyane, ahitamo kutakitaho, bitavuga ariko ko yahihoreye. Iyo urebye imbogamizi karemano, ikiyaga cya Kivu, umugezi wa Rusizi, ishyamba rya Nyungwe ritagira ibiryo, ndetse n’akarere karikikije karangwa n’inzara idashira, ukongeraho ko n’ubutegetsi bw’i Burundi ari inshuti za FPR, usanga ibyo bihagije ngo FPR/APR itagirira impungenge nyinshi ingabo za FDLR ziri muri kariya gace.
Akarere ka Kivu y’amajyaruguru ko gafite umwihariko mu miterere yako ku buryo, uretse no kugahozaho ijisho, FPR/APR bidateze kukavamo. Iyo mpamvu niyo yatumye Kagame ashyiraho uriya Nkundabatware ngo ahamubere. Ibyo ntawabitindaho cyane iyo yibutse ko bimwe mu byo Général Nkundabatware yasabye kugira ngo yemere guhagarika imirwano, harimo guhabwa imbunda kandi akaguma muri kariya gace, kugira ngo abone uko acyura ingabo za FDLR nk’aho ariwe usimbuye ingabo za Congo FARDC kuri iyo nshingano. Ibyo kandi byumvikana neza iyo uriya muvugizi w’ishyaka rya Nkundabatware CNDP, avuga ati FDLR tugomba kuyirwanya ku ngufu kugeza yemeye gutaha cyangwa itsinzwe bya gisirikare. Ayo ni amwe mu magambo Kagame yatangarije i Londres ubwo yahanyuraga umwaka ushize agiye muri Amerika mu nama rusange y’umuryango w’abibumbye ubwo yavuze ati ingabo z’abahutu ziri muri Congo nta mbabazi zikwiye uretse kwemera gutaha zigacibwa uruzikwiye cyangwa zigatsindwa ruhenu mu rwego rwa gisirikari (être anéantis militairement).
Ariko kandi nk’uko bamwe bakunda kubivuga, ntabwo ingufu za gisirikari arizo zizarangiza kiriya kibazo cy’ingabo muri kariya karere. Niyo washyiraho ingufu zirenga izakoreshejwe i TollahBorah muri Afganistan, izikoreshwa muri Irak, izikoreshwa muri Palestine, cyangwa se izakoreshejwe ubwo SADC yose yari inyuma ya APR na AFDL mu gusenya inkambi no kwirukana ingabo za Mobutu, ntabwo ikibazo cyaba kirangiye. Erega burya ntabapfira gushira. Ahubwo umuntu yakwibaza impamvu APR/FPR banga gushyikirana na bariya bantu bayoboye ziriya ngabo haba muri Politiki cyangwa mu gisirikare. Niba se APR ifite abasirikari hafi ibihumbi 70, kuki yatinya kwakira ibihumbi hafi 15, aho buri ngabo ivuye muri FDLR yaba iri hamwe n’eshanu za APR. None se umwe kuri batanu yakagize ubutwari ndetse n’icengezamatwara rihambaye azanesha batanu ba APR ?
Ubundi bwo rero, ntabwo biriya bitero by’ingabo za CNDP ku ngabo za FDLR ubu bigamije kurangiza ubutumwa zahawe na Kagame muri iki gihe, kuko nta ngufu zifite, kandi ngo imirimo ibiri yananiye impyisi. CNDP igamije kureba niba ubutegetsi bwa Kinshasa buzubahiriza ibyo bwasinyiye maze bukabaha intwaro zo kurwanya FDLR. Ese ahubwo ntabwo Kinshasa yibaza uko bizagenda nimara gutanga izo ntwaro ariko inshingano zo gucyura FDLR ntizigerweho. Izasubira inyuma se yake CNDP intwaro izaba yayihaye ? Ntabwo se babona ko izo ntwaro arizo kuzafata Kivu bagamije kwigenga nk’uko biri mu mugambi wabo muremure,
batarazibukira kugeza uyu munsi.
Uko biri kose izo ngabo nazo si agafu k’ivugwa rimwe. Kwirengera zirengera n’impunzi ni inshingano zidashobora gutezukaho na rimwe.
POLITIKI
Kuki amahanga aseta ibirenge mu
gukuraho Kagame.
Mutiganda Benoit
Kuva tariki ya kabiri Kanama 1998; ubwo Kagame yagaba igitero i Kinshasa ngo agamije kuhazana demokarasi, iryo shozwa ry’imirwano rikaba ryaraguyemo miliyoni zirenga enye z’Abakongomani, amwe mu mahanga atari azi neza cyangwa yari yaribeshye ku mpamvu nyayo yatumye FPR igaba ibitero mu Rwanda ku ya mbere Ukwakira 1990, ayo mahanga yatangiye kwibaza no gushaka icyakorwa ngo iriya nkoramaraso yigize Karwanyi ka Mpatsibihugu hano mu karere k’ibiyaga bigari, ikurwe ku butegetsi kugira ngo amahoro ahinde.
Mu mpera z’Ukwakira 2001, nyuma gato y’uko Perezida Géorges Bush wa Amerika amutumijeho ikitaraganya akamutegeka gukura ingabo muri Congo, byabaye nko guhumbya kuko Kagame yagarutse agasanga izambere Kabarebe yazigejeje i Kanombe, izindi zibyiganira ku mupaka ku Gisenyi. Icyo gikorwa cyagaragaje ko Kagame akangika kandi ko yakandika n’ubwo ingabo ze zose zitavuye muri Congo nk’uko yari yabitegetswe.
Nyuma Kagame yakomeje kurambirana imbere y’amahanga ndetse n’imbere y’Abanyarwanda. Byaragaragaye ubwo yajyaga muri Canada akarinda avayo nta mutegetsi ukomeye w’icyo gihugu umwakiye. Abanyarwanda baba muri icyo gihugu bo bamwakije amagi n’induru ataha azinze umunya, ndetse biza kuviramo bamwe mu bakozi ba Ambasade y’u Rwanda muri Canada kwirukanwa no gufungwa.
Kagame amaze kubona iryo somo ryo muri Canada, yahamagajwe hutihuti muri Amerika. Ubwo yagarukaga i Kigali, bamwe mubisonga bye bari bateguye ku mwivugana maze, abarindangoma be bamubuza kunyura ku kibuga cya Kanombe. Ubwo yifatira iy’i Bujumbura aho yavuye n’imodoka ataha i Kigali. Yageze i Kigali yikoma Abanyiginya karahava. Uwitwa Karegeya Patrick atabwa mabuso kugeza magingo aya, Kayumba Nyamwasa ahungira i New Dheli mu Buhindi.
Kuva aho umucamanza w’umufaransa bwana Jean Louis Bruguiere atangarije impapuro mpuzamahanga zo gufata bimwe mu bisonga icyenda bya Kagame, ndetse akanasaba umunyamabanga mukuru wa Loni ko yategeka Arusha gufata Kagame, kubera icyaha cy’iterabwoba bakoze ku ya 6 Mata 1994, ubwo bahanuraga indege yari itwaye Perezida Habyarimana Juvenal na mugenzi we w’u Burundi Ntaryamira Cyprien, bagapfiramo hamwe n’abari babaherekeje bose ndetse n’Abapilote batatu b’Abafansa batwaraga iyo ndege, icyo gikorwa cy’iterabwoba akaba aricyo cyabaye intandaro y’ubwicanyi bwakurikiyeho, biragaragara ko Kagame atataye ingufu gusa, ahubwo ararashya imigeri.
Ariko nk’uko hari Abanyarwanda bashaka kumuhorahoza bikanga nk’uko byari bibaye ku ya 17 Mutarama hariya hafi ya Kinyinya, ku ruhande rw’amahanga yo urasanga asa nagira ati “Uwaba aretse”. Impamvu y’uko guseta ibirenge kw’amahanga mu gukuraho Kagame si ukumutinya cyangwa ku mukunda, ahubwo ntibarabona uwamusimbura ku butegetsi, akaba umuhuza nyawe koko maze amahoro agahinda mu Rwanda ndetse no mu karere kose. Kuba yavaho igihugu kikongera kugwa mu icuraburindi, si byo batinya cyane kuko n’ubundi kumugumishaho igihe kirekire bizateza irindi shyano risumbijeho kuba ribi.
Iyo urebye neza usanga hataraboneka uwasimbura Kagame hano mu gihugu ndetse n’abari hanze. Nta n’umwe muri bariya icyenda basangiye ubufatanyacyaha nawe wamusimbura. Si Tito Rutaremara na Muligande Karoli bazwiho ubutagondwa bwabasabye imitima bukabasesekara ku minwa no mu bikorwa. Si Musoni Protais, Vincent Biruta, Anastase Makuza, Alfred Musangamfura, cyangwa se abandi tutarondoye aha, kuko bose utaregwa ubwicanyi bwakorewe abahutu, araregwa ubwakorewe abatutsi, bityo akaba nta n’umwe muri bo waba umuhuza w’Abanyarwanda.
Mu bari hanze bari mu mitwe ya politiki itavuga rumwe na FPR iri ku butegtsi, usanga nabo niyo hazanagira uwabonekamo, magingo aya nta n’umwe waba yiteguye gusimbura Kagame. Mu bari hanze twavugamo nka ba Bwana Paul Rusesabagina, JMV Higiro, Ignace Murwanashyaka, Déogratias Mushayidi, Général de Brigade Habyarimana, Madame Ingabire Victoire ndetse hari n’umwami Kigeli V Ndahindurwa, yewe n’abandi benshi. Abo bose rero n’ubwo usanga bafite imigambi myiza kandi baka bagerageza kuyishyira mu bikorwa, usanga nta n’umwe uragaragaza ko yaba umuhuza w’Abanyarwanda igihe cyose hakiri turiya tudumbi dumbi tw’amashyaka kandi yose arwanya ubutegetsi bumwe; ahubwo ugasanga bari gusigana ngo hatagira utanga undi gufata ubutegetsi! Ntabwo rero ifu iseye. Iyo ubajije kandi usanga nta n’umwe muri abo bari hanze, amahanga ararambikaho ibiganza ngo amuhe imigisha, amutorere kuzayobora Abanyarwanda.
Hari uwabaza ati ese ni ngombwa ko amahanga ariyo adutorera buri gihe uzatuyobora. Yego kandi Oya. Yego kubera ko twe ubwacu bisa
n’ibyatunaniye. Kagame ntaranarangiza manda ye ya mbere, kandi ejobundi twamutoye 95%. None uretse no kurambirana amaze gutera iseseme. Muri ibi bihe nta n’ubwo dushoboye kwihereza imihanda nka ziriya ntwari zo muri Guinée kwa Général Lansana Konté zimugeze ahamanuka kandi bigaragara ko zamuvanye ku izima. Twaba se dutegereje ko Kagame abanza kuba umusaza rukukuri? Kugeza ubu tuzi gushoka imihanda ngo turereka Kagame ko tumushyigikiye twamagana Louis Bruguiere. Nyamara twamara gutaha tugeze aho twihereye, ugasanga turavugira mu ntamatama, ngizo za telephone na za Internet twamagana ubutegetsi bubi kandi tuvuye kubuha ingufu mu muhanda. Ibyo rero amahanga arabidusekera cyane, akabona turi nk’abana, ba bwoba na ba nyamujyiyobijya gusa.
Si ngombwa kandi ko twumva ko buri gihe amahanga ariyo agomba kuduhitiramo umuyobozi kandi dufite ubwigenge mu gihugu cyacu. Ariko rero, none se tuvuge ko ubu dushaka guhindura uwo muco mubi? Twabikora mu buhe buryo? Ko kwigaragambya tutabishoboye, ko urugamba rw’amasasu rutari hafi, amatora nk’ayo twakoze dutora Kagame nayo atagomba kongera kubaho ukundi, twakora iki? Yenda umuntu yavuga ati hakwiye ibiganiro bakunze kwita mu rurimi rw’igifaransa “dialogue inter-rwandais”. Ariko nayo n’ubwo FPR na Kagame batayakozwa, natwe tukaba tugira tuti twashyikirana dute n’abicanyi batararenguka imbere ya sentare? Usanga ibyo biganiro nabyo ubwacu tutabyikorera tudatewe inkunga n’amahanga cyangwa se yo ubwayo atabishatse ngo anabishyigikire.
Gusa ikibazo kikaba none se Kagame ananiwe, tukaba tumurambiwe, amahanga akaba atakimushaka, yasimburwa ate? Yasimburwa na nde?
UMUTEKANO
Ineko za FPR riraca igikuba muri rubanda.
Karasanyi Clement
Kuva havuka umwiryane i kambere muri FPR/APR umwaka ushize, ubwo Colonnel Karegeya Patrick yafatwaga agafungwa, nyuma abamukomokaho, abo bavuganaga bose bakibasirwa n’ineko z’inzego z’umutekano. Na nyuma y’uko Kagame avugiye hano mu gihugu ko hari abakorana n’Abafarasa, ko bazwi kandi ko bagomba gukanirwa urubakwiye. Abantu bakomeje guterwa ubwoba n’ineko za FPR/APR zirirwa zihunahuna ( fouiner leur nez partout) hose ngo zirumviriza no kwinukiriza uwaba ahumeka cyangwa anuka umwuka w’Abafaransa.
Iyo myitwarire y’izo neko irangwa na ndakumvisha, urambona sha, uranzi uwo ndi we, kwihimura, yateye abayobozi benshi guhinduka nk’ibiragi no kutagira abo bizera, ku buryo hari n’uwo ubaza uti ese ubona ingamba wahigiye uzazigeraho ute, ati uzaze ejo kugira ngo abanze amenye niba utari gatumwa.
Telefone z’abatizewe na FPR zose zirumvirizwa, imirongo ya za internet, za fax ndetse n’ubundi buryo bwo gutumanaho byose nta kitanyura mu matwi cyangwa imbere y’amaso y’izonyangabirama za FPR zakuye abantu umutima. Ikigaragara ariko ni uko abantu nabo batangiye kwiga amayeri mashya yo kuvugana kandi bakumvikana.
Uko biri kose FPR/APR ubu imeze nka ya nyamaswa y’inkazi yakomerekejwe n’abahigi ariko ikaba itaravamo umwuka. Inyamaswa nk’iyo n’iyo yumvise akababi kaguye hasi igaba igitero. Ibyo ariko ntibiyiha amahirwe menshi yo kumara igihe kuko mu gushaka kwihora kandi itagifite ingufu, biyisaba n’ubundi gukoresha ingufu nyinshi bityo bikayihuhura vuba. Ubu muri FPR uwarasa ku nkike z’igihugu, nyuma akivugana na Minisitiri umwe ngo urebe ngo induru ziravuga.
FPR rero uko yakanura kose, yibuke ko ingoma y’igitugu ihenuka gitunguro. Nta warushije KGB y’Uburusiya kuneka, ariko uko byagenze mwese murabizi.
UBUKUNGU N’IMIBEREHO Y’ABATURAGE
Tubyare abo dushoboye kurera
Nziyomaze Fidèle
Iyo turebye ubwiyongere bw’abaturage hano mu gihugu, ndetse wanasoma na raporo y’inama y’igihugu ishinzwe ibya sitatisitiki (statistiques), aho ivuga ko ubwiyongere bw’abaturage bukomeje uko bumeze ubu mu mwaka w’2030, u Rwanda rwazaba rufite abaturage miliyoni 30. N’ubwo baca umugani ngo ahari amahoro uruhu rw’urukwavu rwiyorosa batanu, ariko uriya mubare wazaba ukabije cyane, ku buryo wazateza ubuyobozi ingorane nyinshi cyane. Birazwi kandi ko, uretse mu bihugu byateye imbere cyane, ubwinshi bw’abaturage mu gihugu gikennye nk’u Rwanda ari kimwe mu biteza umutekano muke.
Iki kibazo cy’ubwiyongere bw’abaturage butajyanye n’ubukungu bw’igihugu gihangayikishije ubuyobozi bw’igihugu ariyo mpamvu basa n’aho bashaka kugihagurukira. Nyamara ariko n’ubwo umushinga w’itegeko ryo kutarenza abana batatu kuri buri muryango ukigwa, biragaragara ko ishyirwa mu bikorwa byaryo rizahura n’inzitizi nyinshi.
Muri kamere cyangwa se umuco nyarwanda, kugira abana benshi ni ubukungu no kugira amaboko. Guhindura iyo myumvire rero bizatwara igihe kirekire, cyane cyane ko Abanyarwanda hafi 85% batazi gusoma no kwandika, kandi uburyo bwiza bwo kubicengeza ari ugukoresha inyigisho.
Iyo urebye muri gahunda za leta, ndetse unagereranije n’icyo bise vision 2020, usanga ntaho leta iteganya ibikorwa by’amajyambere bihamye ku byerekeranye n’ubuvuzi, ku buryo n’uwakwemera kubyara bake yazaba afite icyizere ko batazamarwa na malaria cyangwa izindi ndwara zibasira abana bato.
Uretse kandi imyumvire ijyanye n’umuco, hari indi myumvire mishya yatewe n’amateka ya vuba. Ubwicanyi bwabaye mu Rwanda guhera mu Kwakira 1990 kugeza magingo aya. Abantu barapfuye ku buryo nta Munyarwanda n’umwe bitagezeho, byaba ku buryo buziguye cyangwa butaziguye. Iyo mpamvu ituma hari abumva ko bagomba kubyara abasimbura abagiye. Kuri iyo myumvire hiyongeraho iy’ubusumbane mu mibare y’amoko atuye u Rwanda bituma yose atumva kimwe umugambi wo kugabanya imbyaro. Ntabwo wabwira Umutwa ngo abyare bake, kandi azi ko asanzwe ari nyamuke, kandi ku busanzwe badakunda kororoka. Ku buyobozi bwa Habyarimana, ubwo ONAPO yari itangiye ibikorwa byayo, hari Abanyarwanda bamwe babwiraga abandi ngo nibagabanye imbyaro bo ba nyamwinshi. Uko kuri bumvaga gufite ishingiro na n’ubu hari abakikubona gutyo. Ahubwo se none ryaba ari rya ringanizamubare Hutu-Tutsi ryavuzwe na Kagame ryaba rigiye gushyirwa mu bikorwa?
Iyo urebye mu bijyanye n’iyobokamana, usanga hano mu Rwanda hafi abaturage 95% bagendera ku mahame ya gikristu, n’ubwo baba mu madini atandukanye. Ubwo rero bizaba ngombwa ko ayo madini yitangira nayo iyo gahunda. Ariko harimo ibibazo.
Zimwe mu ngamba leta yazafata harimo nko kwemerera abagore gukuramo amada, gufungira urubyaro ku ngufu urengeje batatu, gukoresha agakingirizo, gufunga cyangwa guca ihazabu uzarenza uwo mubare. Inyinshi muri izo ngamba zinyuranye n’amahame ya gikristu ndetse n’amwe mu mategeko arengera ikiremwamuntu. Ibyo bikaba bizatuma amadini amwe n’amwe atazitabira iyo gahunda nk’ uko leta ibyifuza. Bikaba rero bishobora no kuzongera amakimbirane hagati ya leta n’amadini.
Turebye gato ku bijyanye n’idini ya Kisilamu, aho mu mahame yaryo yemerera abantu kugira abagore benshi n’ubwo atari itegeko, umuntu yakwibaza niba ku muyisalamu ufite abagore batatu, azaba yemerewe abana batatu kuri buri mugore cyangwa se umwe umwe kuri buri mugore. Ikindi, ese nk’umukobwa aramutse abyariye iwabo inshuro eshatu, nyuma akaza kushaka umugabo, iryo tegeko rizamubuza kubyarana n’uwo mugabo abandi bana batatu? N’ubwo bigaragara ko hakirimo ibibazo byinshi bizabangamira ishyirwa mu bikorwa bya ririya tegeko, iyo witegereje neza, usanga hari izindi gahunda leta yafashe zuzuye ubugome ariko zigamije kuyifasha kugera ku mugambi wayo.
Icya mbere: kuba kugeza ubu hagifunze abantu barenga ibihumbi ijana muri za gereza kandi bose ari abagabo. Kuba gacaca iteganya gufunga abandi barenze ibihumbi magana arindwi kandi bagahabwa igifungo kitari mu nsi y’imyaka 20. Ubwo rero ukoze imibare usanga mu myaka 23 iri imbere ngo tugere muri 2030, abantu ibihumbi hafi Magana inani bazaba bafunzwe, bazaba bagabanijeho hafi miliyoni eshatu zirenga.
Icya kabiri, iriya gahunda ya leta yo gukomeza gushyira abaturage mu butindi nyakujya, nawo ni umugambi mubisha, kuko ntabwo umuntu azaba yiriwe akorera undi ngo mu gutaha atahane irobo ry’umuceli, hanyuma ngo nagera mu rugo yumve akaneye kubyara kandi n’iyo robo itamuhagije.
Icya gatatu: kongera abadafite akazi aribo bakunze kwita abashomeri. Nabwo ni uburyo leta yahisemo bwo kugabanya imbyaro, kuko ntawaba adafite n’icyo yambara ngo atekereze kubyara uwo atazagaburira, ngo amwambike n’ibindi.
Umushinga wo gukangurira abaturage kubyara abo bashobye kurera ni byiza, ariko duhaguruke twamagane buriya buryo bwuzuye ubugome leta yahisemo bwo kugera ku ntego zayo ihonya bamwe mu Banyarwanda.
Friday, February 16, 2007
Monday, February 12, 2007
LE CONFLIT RWANDAIS
Charles Nkurunziza
source
http://www.olny. nl/RWANDA/ Histoire_ History/C_ Nkurunziza_ Conflit_Rwandais .html
TABLE DES MATIERES
1.INTRODUCTION
2. LA NATURE DU CONFLIT RWANDAIS
2.1. Les parties en conflit.
2.1.1 Les Hutu
2.1.2 Les Tutsi
2.2. L’objet du conflit.
3. LE PROCESSUS CONFLICTUEL
3.1. La reconquête des royaumes Hutu.
3.1.1. Les femmes Tutsi
3.1.2. Le roi Tutsi munyiginya « serviteur »du roi Hutu
3.1.3. La provocation de mauvais sort
3.2. La soumission multiséculaire du serf Hutu au seigneur Tutsi
3.2.1. Les mythes et légendes
3.2.2. Le code ésotérique de la royauté
3.2.3. L’Ubuhake
3.2.3.1. La notion de l’Ubuhake
3.2.3.2. Les conséquences de l’Ubuhake
3.2.3.2.1 Sur le plan individuel
3.2.3.2.2. Sur le plan social
3.2.3.2.3. Sur le plan politique
3.3. Emancipation et Révolution de 1959
3.3.1. Radicalisation du conflit rwandais
3.3.2. Le Mouvement d’émancipation
3.3.3. La Révolution de 1959
3.4. Le Rwanda : République indépendante
3.4.1. Sous la Première République
3.4.2. Sous la Deuxième République
3.5. La guerre de reconquête du pouvoir avec toutes ses tragédies
3.5.1. Du début de la guerre par le FPR à la conclusion de l’Accord de Paix d’Arusha.
3.5.1.1 La guerre d’octobre 1990
3.5.1.2 Les changements institutionnels
3.5.2. L’Accord de Paix s’Arusha
4. LA CATASTROPHE D’AVRIL 1994
4.1. La guerre ultime de reconquête du pouvoir : préparatifs
4.2. Une guerre sauvage et très meurtrière
5. LES CONSEQUENCES DE LA GUERRE
5.1. Sur le plan matériel
5.2. Sur le plan humain
6. LA SITUATION DEPUIS L’INSTALLATION DU FPR AU POUVOIR A KIGALI
6.1. Sur le plan politique
6.2. Sur le plan judiciaire
6.3. Sur le plan social
7. CONCLUSION
Lisez également:
LE CONFLIT RWANDAIS:Origines, Développement et Stratégies de sortie(Dr. Anastase Shyaka)
C. Nkurunziza
1. INTRODUCTION
La guerre de reconquête du pouvoir par le FPR-Inkotanyi qui a détruit le Rwanda et qui a abouti à la situation que le peuple rwandais vit aujourd’hui constitue à coup sûr, l’épisode la plus horrible du conflit rwandais à travers l’histoire de ce pays. Ici, la question qui vient évidemment à l’esprit est de savoir en quoi consiste ledit conflit. Le conflit rwandais est né à partir du moment où le Tutsi s’est engagé à ne jamais partager avec le Hutu dans son pays. Et toute l’histoire du Rwanda est depuis, construite sur cette terrible réalité.
Comme on le sait, la guerre de reconquête du pouvoir par le FPR au Rwanda aura fait verser trop de sang des rwandais, toutes les ethnies confondues, et les conséquences sur tous les plans sont incalculables. C’est sur cet ensemble de données qu’il va falloir réfléchir profondément, dans ce travail, pour dégager une vision commune de la réalité rwandaise. Dans cette réflexion, nous nous appuierons essentiellement sur « Les Aspects essentiels du problème rwandais », document réalisé par le Groupe Charles Nkurunziza (Bukavu, mai 1995)
2. LA NATURE DU CONFLIT RWANDAIS
Il va falloir ici définir les parties au conflit et l’objet de ce conflit.
2.1. Les parties en conflit.
Selon le document du groupe précité, l’histoire du Rwanda nous apprend que les trois ethnies qui peuplent le Rwanda sont arrivées dans ce pays par vagues successives. Les Twa ou les Pygmoïdes furent les premiers occupants ; ils vivaient de la chasse et de la cueillette. Suivirent ensuite les Hutu d’origine Bantoue ; ils constituaient le groupe numériquement le plus important et s’adonnaient avant tout à l’agriculture. Les Tutsi Hamites enfin, arrivèrent au Rwanda entre le XIIème et le XVème siècle ; ils se consacrèrent principalement à l’élevage de la vache à longues cornes. Dans cette étude, on remarquera que seuls les Tutsi et les Hutu sont concernés parce que les Twa avaient un statut tout à fait particulier dans la société rwandaise ; ils n’étaient pas considérés comme des personnes humaines à part entière.
2.1.1 Les Hutu
Un vieux de race Muhutu(Photo C. EEMAN in A. Kagame, Les organisations socio-familiales de l’ancien Rwanda)
D’origine Bantoue, les Hutu sont les défricheurs du Rwanda pour pouvoir y habiter et l’exploiter sur le plan de l’agriculture et de l’élevage en vue de se nourrir de façon satisfaisante. Ce sont les Hutu qui ont imposé à ce pays le nom de RWANDA, du verbe KWANDA signifiant « avoir la vocation de s’élargir, d’être grand ». Ce sont toujours ces Hutu qui l’ont, les premiers, politiquement organisé en y créant des royaumes par clan (Abagesera, Abazigaba, Abungura, Abacyaba,…).Le Rwanda était alors une véritable nation dans la quelle les royaumes indépendants étaient juxtaposés dans la paix. C’est dans ce contexte que le Tutsi est arrivé au Rwanda.
[N.d.l.r. Pour plus de détails sur l'ethnie Hutu lire: Les trois races, une étude ethnographique de l'Abbé Alexis Kagame]
2.1.2 Les Tutsi
Un vieux Mututsi(Photo R. BOURGROIS in A. Kagame, Les organisations socio-familiales de l’ancien Rwanda)
Les Tutsi Hamites sont arrivés au Rwanda derrière leurs troupeaux, en nomades. Ils étaient pacifiques, et par conséquent, ils ne furent pas repoussés par les autochtones trouvés sur place (Abasangwabutaka). C’est dans cette nouvelle ambiance que les nouveaux arrivants ont donné au roi Hutu des Bazigaba du Mubali le nom symbolique de Kabeja que l’histoire a retenu et qui signifie en langue hima (ka-beije = lessez-les venir). Le Mubali est la région rwandaise par laquelle les Tutsi du clan des Abanyiginya ont pris le premier contact avec le Rwanda. Après un certain temps d’errance, toujours derrière leurs troupeaux, ils se fixèrent enfin à Gasabo, au bord du lac Muhazi.
[N.d.l.r. Pour plus de détails sur l'ethnie Tutsi lire: Les trois races, une étude ethnographique de l'Abbé Alexis Kagame]
2.2. L’objet du conflit.
Installés à Gasabo, les Tutsi se sont organisés et ont créé un petit royaume, copie de ce qu’ils avaient trouvé sur place. C’est dans cette atmosphère qu’est née l’idée de conquérir les royaumes Hutu et d’exclure définitivement les Hutu de l’exercice du pouvoir au Rwanda. Comme on s’en aperçoit aisément, le conflit rwandais ne tient à autre chose qu’à l’interdiction absolue imposée au Hutu par le Tutsi, de participer à l’exercice du pouvoir, en le réduisant au rang de serf et d’esclavage. C’est sur ce conflit et sur ses divers aspects qu’a été construit l’essentiel de l’histoire du Rwanda.
3. LE PROCESSUS CONFLICTUEL
Depuis que les Tutsi Banyiginya se sont décidés à conquérir les royaumes pacifiques Hutu, l’histoire du Rwanda est essentiellement marquée par le conflit rwandais qui venait d’être déclenché. Le Hutu a été réduit au rang d’esclave et de serf, et cela pendant des siècles. Il a fallu l’émancipation et la révolution de 1959 pour que le Hutu retrouve sa liberté et jouisse de tous ses droits qu’il allait perdre hélas ! par suite à une tragique guerre de reconquête du pouvoir de 1990 par les fils des seigneurs Tutsi chassés du pouvoir par la révolution de 1959.
3.1. La reconquête des royaumes Hutu.
Pour les conquérants Tutsi Banyiginya, la destruction des royaumes Hutu a été une tâche de longue haleine, si bien que les dernières conquêtes furent réalisées par le colonisateur allemand tout au début du 20ème siècle dans les préfectures de Ruhengeri et de Gisenyi. Au cours des guerres de destruction des royaumes Hutu, les Tutsi Banyiginya ont utilisé des armes de natures différentes selon la situation du royaume Hutu dans le collimateur. C’est ainsi qu’en plus des armes classiques, les Tutsi Banyiginya se sont servis d’autres armes particulièrement efficaces suivantes :
3.1.1. Les femmes Tutsi
Lorsque le monarque Tutsi constatait qu’il ne pouvait pas vaincre le roi Hutu par les armes classiques, il cessait les combats et la guerre de conquête était oubliée momentanément pour faire croire à la situation pacifique entre les royaumes belligérants. Par la suite, le monarque Tutsi pouvait donner sa propre fille en mariage à l’ennemi qui ne se doutait de rien. La fille ainsi donnée en mariage avait une mission sacrée de tout faire pour faciliter à son père la tâche de tuer son mari avec tous les siens. C’est ainsi que le royaume de Nduga été conquis par les Tutsi Banyiginya. Après une longue et dure guerre de conquête contre le Nduga, le roi munyiginys Mibambwe I Sekarongoro a donné en mariage sa fille Nyirantorwa à Mashira, roi du Nduga avec une mission précise de faciliter l’assassinat de son mari par son père. Le projet fut exécuté comme il avait été préparé.
3.1.2. Le roi Tutsi munyiginya « serviteur »du roi Hutu
Lorsqu’un monarque Tutsi munyiginya constatait que le roi Hutu dans le collimateur était plus fort que lui, il se camouflait et se présentait à lui dans des conditions de serviteur et lui demandait d’être à son service. Le « serviteur » Tutsi était souvent préféré aux autres et entrait dans la vie quotidienne de son « maître ». A l’occasion jugée opportune, il l’assassinait purement et simplement. C’est ainsi que le roi Hutu Nzira du Bugara fut tué par Ruganzu-Ndori qui s’était présenté sous le pseudonyme de Cyambarantama et le royaume des Bagara fut annexé à celui des Banyiginya.
3.1.3. La provocation de mauvais sort
Le monarque Tutsi munyiginya faisait tout pour épouser une fille de la famille Hutu régnante. Après un arrangement criminel, la femme revenait dans sa famille et faisait tout pour avoir des rapports sexuels avec le Hutu régnant. Elle retrouvait son mari dès qu’elle était sûre d’être enceinte. L’enfant qui en naissait était évidemment le fils du roi, mari de la mère. C’ est cet enfant qui, un jour devenu grand, participait à une guerre d’agression contre le pays de son père biologique pour y être tué. Le sang ainsi versé provoquera un jour la destruction du royaume Hutu considéré, au profit du royaume Tutsi des Banyiginya.
Ce phénomène a existé notamment sous Yuhi II Gahima, monarque Tutsi munyiginya contre le royaume Hutu des Benengwe sous Samukende et sa femme Benginzage connue sous le surnom de Nyagakecuru. La nièce de Nyagakecuru mariée à Yuhi II Gahima a eu, après des arrangements avec son mari, des rapports sexuels avec le mari de sa tante. A terme, elle a mis au monde un garçon à qui on imposa un nom significatif de « Binama ». C’est ce dernier qui, devenu grand, alla verse son sang sur la terre des Benengwe pour faciliter tôt ou tard son annexion au royaume des Banyiginya.
3.2. La soumission multiséculaire du serf Hutu au seigneur Tutsi
Cette soumission du Hutu vaincu était le fruit des mythes et légendes des Tutsi Banyiginya ; elle était institutionnalisé e par le code ésotérique et matérialisée par le système d’Ubuhake.
3.2.1. Les mythes et légendes
Conscient de sa force très minime et du caractère essentiellement pacifique du Hutu (muntu), le Tutsi (hamite) s’est présenté à ce dernier comme, au cours des générations et au moyen de divers artifices, comme un être surhumain n’appartenant pas au commun des mortels. Le Tutsi a fait croire au Hutu qu’il était d’origine divine. Une légende veut que l’ancêtre des Banyiginya (Sabizeze) était né du cœur d’un bœuf porteur de bons augures (Imana yeze), qu’il était tombé du ciel (Kigwa), et que c’était lui qui avait tout inventé (Gihanga cyanhanze inka n’ingoma) ; que par conséquent il lui revenait de droit de régner sur le Rwanda, et d’y régner sans partage.
Après des guerres de conquête du pouvoir, les Hutu tombaient aisément dans les griffes du Tutsi. Ce fut la première manifestation du conflit rwandais. En effet, à partir de ce moment, le hamite nomade est devenu mu-tutsi du verbe de la langue rwandaise archaïque gutuka (bénir). [n.d.l.r. explication d'Alexis Kagame sur la signification et l'origine du terme "Mututsi"] Depuis, pour la culture hamite Tutsi du Rwanda, le Tutsi était celui qui avait était béni par des dieux, le comblant de biens et de bonheur (gutunga no gutunganirwa) devenant ainsi noble et seigneur. Tandis que les Hutu ainsi subjugés devaient changer leur statut juridique et social. Ils devenaient manants (hutu) et serf, à la disposition de leur seigneur pour lui offrir leurs forces, et en retour pouvoir subsister. [n.d.l.r. explication d'Alexis Kagame sur la signification et l'origine du terme "Muhutu"] Les monarques Hutu devaient céder leur titre de roi (umwami) au chef des Hamites pour devenir des Bahinza (maîtres des pluies et des récoltes).
3.2.2. Le code ésotérique de la royauté
Ce code ésotérique était à la fois une constitution dans le sens moderne du terme, et un ensemble de règles ‘regissant des pratiques occultes, mythiques et magiques (imitsindo) ; et l’application de ses dispositions requérait de nombreuses consultations divinatoires appropriées. Ce code de la dynastie des Banyiginya était composé de poèmes couvrant tous les domaines intéressant la dynastie. Chaque poème était confié à une famille et se transmettait de père en fils à travers des générations. L’ensemble des détenteurs de ces poèmes constituait le collège des biru qui étaient des conseillers spéciaux du pouvoir sous l’autorité d’un doyen ou grand mwiru intronisateur, nécessairement du clan des Abatsobe. Les familles matri-dynastiques (Abega par exemple) étaient exclues de la connaissance du code ésotérique. L’accès au code ésotérique de la Reine Mère Nyiramavugo II Nyiramongi du clan des Abega fut la cause lointaine des événements tragiques de Rucunshu.
Le code ésotérique étant l’âme du système politique des Banyiginya, le conflit rwandais en est l’émanation. En effet, ce code avait placé le pouvoir au dessus de tout, même de la vie. Aux termes de ce code, l’exercice du pouvoir était la prérogative exclusive du roi munyiginya, prérogative qui se transmettait de père en fils. Le roi munyiginya exerçait un droit absolu de vie et de mort sur ses sujets ; il devait par conséquent mettre à mort quiconque pouvait y prétendre sans remplir les conditions du code ésotérique. Signalons en passant, que tuer pour le maintien du pouvoir était un devoir sacré pour le monarque munyiginya. Il lui était strictement interdit d’abdiquer. Si le cas devait se présenter, il devait se donner la mort ; et ainsi permettre que le pouvoir reste dans sa lignée (Kwitangira ingoma) [n.d.l.r. Alexis Kagame donne l'exemple de Ruganzu I Bwimba (vers 1400) qui se sacrifia pour éviter que son royame soit annexé par le Gisaka rival].
C’est pourquoi, lorsqu’un monarque tutsi tuait un roi hutu qui lui résistait, il devait le mutiler et orner le tambour - emblème de la dynastie – de ses organes génitaux pour signifier que le royaume hutu en question était, mythiquement et définitivement, éteint. Le Hutu était, comme on l’a vu, réduit à la condition de sous-homme au service de son seigneur. C’est le sens des vers suivants, extraits d’un vieux poème dynastique : « Harabaye ntihakabe Hapfuye imbwa n’imbeba Hasigara inka n’ingoma » ;signifiant, tout simplement, qu’après une lutte acharnée, les chiens et les rats on fini par céder leur place à la vache et le tambour. En d’autres termes, les royaumes Hutu ont été, finalement, définitivement conquis par le Tutsi. Comme on le voit, c’est le code ésotérique qui a radicalisé cette situation pour toujours.
3.2.3. L’Ubuhake
De toutes les armes que le Tutsi a utilisées pour réduire le Hutu à l’esclavage, la plus redoutable et la plus efficace fut le système d’Ubuhake.
3.2.3.1. La notion de l’’Ubuhake
C’était un système de relations sociopolitiques entre des individus ou, même, entre des institutions. Il était l’inspiration du contrat d’Ubugererwa des royaumes Hutu dont il est différent quant à son objet et à son but. L’objet de l’ Ubuhake était la vache au lieu d’être la terre, et il avait lieu entre deux personnes se trouvant aux rangs sociaux différents. Le plus puissant s’engageait à protéger le faible ainsi que tous les siens dans toutes les circonstances et pour autant que leurs relations d’Ubuhake n’étaient pas définitivement interrompues. L’autre partie, quant à elle, s’engageait à exécuter parfaitement tous les ordres reçus de son protecteur. Par cet engagement, le protégé cessait de s’appartenir ou d’appartenir à sa famille pour devenir l’homme à la disposition de son patron.
Signalons qu’en réalité, la vache ainsi reçue restait partie intégrante de la propriété du seigneur, le Mugaragu n’en étant que simple usufruitier. C’est-à-dire que, sous n’importe quel prétexte, le Shebuja pouvait reprendre toutes les vaches que le Mugaragu détenait. Même quiconque propriétaire de vaches obtenues en dehors d’Ubuhake (imbata) pouvait se les voir dépouiller par un plus puissant, sans la possibilité d’aucun recours. Quand la situation allait bien, la relation entre les deux parties était héritée dans le même ordre, de père en fils pendant des générations entières.
3.2.3.2. Les conséquences de l’’Ubuhake
L’institution de l’Ubuhake a produit des conséquences particulièrement graves sur les plans individuel, social et politique.
3.2.3.2.1 Sur le plan individuel
Par le truchement de l’Ubuhake, le Tutsi voulait faire du Hutu un type d’hommes assujetti et essentiellement voué à son service. Sur ce plan individuel les conséquences furent :
a)L’égocentrisme (inda nini)
Ainsi asservi, le Hutu devait depuis, dépenser ses forces quotidiennement, au profit du seigneur Tutsi pour avoir de quoi « mettre sous la dent ». Ainsi, pendant des générations, le Hutu n’ayant d’autres préoccupations que son « ventre », a fini par acquérir pour de bon le caractère d’égocentrisme incompatible avec la gestion des affaires de la communauté. [n.d.l.r.un récit populaire corrobore intitulé 'Umurage n'umuvumo bya Kibaza' corrobore cette constatation].
b)Le manque de clairvoyance et de présence d’esprit (kutibaza-kudashisho za)
Tout au long de son éducation, le futur seigneur Tutsi était quotidiennement soumis à des exercices physiques (guhamiliza) militaires (kumasha), il était associé à des jeux favorisant le développement mental et intellectuel tel que le Gisoro ainsi qu’à des séances spéciales pour acquérir des mécanismes de l’art oratoire (gutarama) nécessaires dans l’exercice du pouvoir.
Tandis que le jeune Hutu du même âge, à l’instar de son père ou au secours de celui-ci, devait s’occuper chaque jour des travaux durs, fatigants et de toute autre sale besogne que la famille du seigneur dédaignait. Les activités d’ordre intellectuel constituaient la moindre de ses préoccupations, et cela pendant des siècles. [n.d.l.r.un récit populaire corrobore intitulé 'Umurage n'umuvumo bya Kibaza' corrobore cette constatation]. C’est ce qui explique pourquoi, souvent le Hutu n’a pas toujours discerné les pièges (amayeri) que le Tutsi lui a tendus pendant des générations entières. Les exemples abondent dans l’histoire du Rwanda.
c)Une peur irraisonnée, permanente et traumatisante (Umususu)
C’était une peur constante inspirée par tout ce que le seigneur Tutsi, en sa qualité de propriétaire de la personne du Hutu, pouvait faire de mal à son esclave sans défense. [n.d.l.r.un récit populaire corrobore intitulé 'Umurage n'umuvumo bya Kibaza' (dernier paragraphe) corrobore cette constatation]
De tout ce qui précède l’on se rend aisément compte que le Hutu est devenu, au cours des siècles un robot au service de son seigneur. Il lui faut beaucoup de temps et de patience et surtout de détermination pour reconquérir sa qualité d’homme.
3.2.3.2.2. Sur le plan social
Le système d’Ubuhake était le fondement essentiel des relations sociales dans les Rwanda ancien. De nos jours ses séquelles se font encore ressentir. Les relations entre Hutu et Tutsi étaient nécessairement basées sur l’Ubuhake ; pour le Tutsi, le Hutu devait être naturellement à son service. A la limite, l’inverse était concevable: un Tutsi pouvait se constituer un umugaragu du Hutu - muhinza – mais à court terme et pour un objectif bien déterminé. C’est dire que lorsque le Tutsi n’avait pas réussi à éliminer le Muhinza par les armes, ou qu’il ne l’avait pas pu en lui donnant sa fille en mariage, il se rapprochait de lui sous les apparences d’un umugaragu, en vue de le faire disparaître sans difficultés. C’est ce que Ruganzu II Ndoli a fait sous le pseudonyme de Cyambarantama, pour tuer le dernier monarque du Bugara, Nzira. [n.d.l.r.lire l'histoire du roi Ruganzu II Ndoli].
Plus près de nous encore, pour ne parler que de cela, quand le Général Major Juvénal Habyarimana a accédé à la tête de l’ Etat, le Tutsi s’est approché de lui de telle sorte qu’il était devenu le vrai détenteur du pouvoir. Un proverbe rwandais dit, à ce sujet que « lorsque tu loges le Tutsi au cœur de ton foyer, il t’enlève ta femme » (umututsi umusembereza ikweru akaguca haruguru).
La vérité sur ce qu’il cherchait à obtenir a été révélée en 1980 lors de ce qu’il a été convenu d’appeler « Affaire Lizinde ». Monsieur Lizinde, alors chef de service du renseignement et auteur du livre La découverte de Kalinga ou la fin d’un mythe, a dénoncé le danger que constituait l’emprise des Tutsi sur le pouvoir républicain. Il fut accusé à son tour, et pour cette cause, de nourrir des ambitions pour renverser le pouvoir en place. A partir de son moment, les Tutsi jurèrent de prendre le pouvoir par la force.
Par ailleurs, le système d’Ubuhake avait atteint un tel degré de perversion que le mugaragu était plus fier d’être esclave de son maître Tutsi que d’être fils de son père biologique. Cela devait se concrétiser dans la conduite de tous les jours. C’est ainsi qu’un Hutu au service d’un seigneur Tutsi était apprécié dans ses agissements en fonction de la bravoure ou de la médiocrité de son maître.
Dans certains cas, lorsqu’une famille de Hutu (au sens large) avait donné des bagaragu à une autre famille de Tutsi pendant des générations, la première abandonnait son clan d’origine pour adopter celui de la deuxième (Abanyiginya, Abega, Abageserab’Abazirank ende) mais sans pour autant devenir Tutsi. Même au cas de mariage, le Hutu gendre du Tutsi pouvait bénéficier de beaucoup de faveurs mais jamais il ne pouvait changer de statut pour devenir Tutsi. Pour le Tutsi, la nature des choses était telle que le Hutu pouvait atteindre un certain degré de perfection, mais jamais égaler le Tutsi (zirungwe zange zibe isogo!) [n.d.l.r. Sur ce point, Alexis Kagame confirme qu'un Hutu pouvait devenir 'politiquement' Tutsi en acquérant ds richesses bovine mais qu'il restait 'racialement' (i.e. ethniquement) Hutu. Cfr. paragraphe 33 de Les trois races].
Dans les relations d’Ubuhakee, le mensonge et l’intrigue étaient les règles du jeu substantielles. En effet, l’action de guhakwa comportait entre autres pratiques, pour le mugaragu, à dire à son maître des choses agréables à l’oreille, même s’il s’agissait des contre -vérités, pourvu qu’il soit attentivement et favorablement écouté (ukuli wabwiye shobuja niko umuhakishwaho).Pour cela, le mugaragu devait couvrir son seigneur de louanges en évoquant ses actes de bravoure, mais surtout en compliquant au moyen des intrigues souvent cruelles, la vie d’un ou des collègues bagaragu adversaires pour rester seul dans les faveurs du seigneur.
Mais ces manoeuvres constituaient une armes à double tranchant : en cas de découverte, le coupable recevait un châtiment exemplaire ; au niveau de la Cour, il était souvent mis à mort, car, comme dit un proverbe rwandais, « le mensonge est celui dont l’auteur est convaincu de la culpabilité » (ikinyoma ni igitsinzwe).
Signalons enfin qu’en cas de commise féodale (kunyaga ukeza, kwunûra)contre un chef, par exemple par suite d’une faute grave, ses vaches étaient transférées à un autre chef avec l’ensemble des bagaragu sous ses ordres (le ban et l’arrière-ban) . Ceci pour signifier tout simplement que l’homme était subordonné à la vache.
Voilà, en résumé, en quoi le système d’Ubuhake a façonné les relations sociales dans le Rwanda ancien. On aura remarqué aisément, que les traits caractéristiques du système n’ont pas encore totalement disparu de la vie des rwandais à l’heure actuelle.
3.2.3.2.3. Sur le plan politique
L’Ubuhake, institution fondamentale de la monarchie féodale, avait créé au niveau le plus élevé dans chaque région du pays une pyramide de chefs représentant le pouvoir central (le Mwami). C’est ainsi qu’on retrouvait dans chaque région un chef des terres (umutware w’ubutaka), un chef des pâturages (umutware w’umukenke), et au dessus de tous, un chef de l’armée (umutware w’ingabo), représentant le Mwami en tout. Au sommet de tout le système, trônait le Mwami avec des pouvoirs exorbitants dont le droit de vie et de mort sur tous ses sujets.
Par ailleurs, pour jouir de ses droits, tout rwandais devait appartenir à une armée comme il devait avoir un shebuja dans des conditions que l’on sait. Du coup, tout citoyen rwandais appartenait à l’armée de son shebuja. C’est aussi dans ces conditions qu’il pouvait jouir du droit d’ester en justice au niveau des chefs et de la Cour et avec l’assistance de son shebuja. Quiconque propriétaire de vaches obtenues en dehors d’Ubuhake (imbata) pouvait se les voir dépouiller par un plus puissant, sans la possibilité de recourir à la protection d’un plus puissant encore.
Voilà en quelques lignes le système d’ Ubuhake, véritable base de la dynastie des Banyiginya, qui a joué un rôle considérable dans l’assujettissement du Hutu et, par conséquent, dans la création du conflit rwandais. C’est dans cet état de choses que l’étranger européen est arrivé au Rwanda.
3.3. Emancipation et Révolution de 1959
3.3.1. Radicalisation du conflit rwandais
C’est avec l’arrivée des colonisateurs que le conflit rwandais s’est radicalisé. En effet, c’est le belge qui, à la demande des seigneurs Tutsi, a décidé que l’appartenance ethnique soit obligatoirement mentionnée dans le livret d’identité parce que les droits étaient attachés à l’ethnie. Ce fut ainsi que selon Monseigneur Classe, « seul le Tutsi qui de par ses qualités supérieures et son sens de commandement, était bien indiqué pour gouverner sans partage le Rwanda ». C’est dans cette ambiance que le Groupe Scolaire d’Astrida a été fondée pour former des jeunes Tutsi (indatwa) destinés à succéder à leurs pères ; tandis que les jeunes Hutu devaient se contenter du catéchuménat, des écoles artisanales, etc. Exceptionnellement, les enfants Hutu pouvaient être admis à fréquenter les écoles de moniteurs et des séminaires.
A cette époque, l’institution de l’Ubuhake a aussi beaucoup évolué. L’ Ubuhake n’était plus qu’un simple contrat de clientélisme entre le Hutu et le Tutsi que le colonisateur a compensé par l’instauration de la corvée (akazi) et de la taille (uburetwa), auquel le Hutu était soumis au profit du seigneur Tutsi et du colonisateur. Le manquement à ces deux nouvelles obligations était sanctionné par la bastonnade (ikiboko)et la prison (umunyururu). Mais pour l’Administration belge, un Hutu qui parvenait à posséder 20 vaches au moins, accédait automatiquement au statut de Tutsi (kwihutura) et était automatiquement exempté de l’obligation de la corvée et de la taille. [n.d.l.r. Sur ce point, Alexis Kagame confirme qu'un Hutu pouvait devenir 'politiquement' Tutsi en acquérant des richesses bovines mais qu'il restait 'racialement' (i.e. ethniquement) Hutu. Cfr. paragraphe 33 de Les trois races]. C’est dans cette ambiance que le mouvement de l’émancipation du Hutu allait naître et conduire le pays à la Révolution.
3.3.2. Le Mouvement d’émancipation
Tout a commencé par l’élaboration par la puissance tutrice, d’un plan décennal qui, tenant compte des progrès jusque là réalisés, prévoyait une série d’actions à mener au cours de la décennie suivante. C’est dans ce cadre que fut pris le décret du 14 juillet 1952 portant réorganisation du Ruanda-Urundi, texte qui prévoyait notamment l’élection des conseillers à tous les échelons du pouvoir. Quelques rares Hutu qui avaient fréquenté l’école commençaient à manifester leurs idées démocratiques. C’est dans ce contexte que l’administration tutrice contraignit le Mwami Mutara III Rudahigwa à nommer des Hutu aux postes de sous-chefs et surtout à supprimer pour l’avenir, l’institution d’Ubuhake qui ne correspondait plus à l’évolution des choses de l’époque.
Au cours de l’année 1954, le Mwami, sous pression du colonisateur, prit une décision capitale de supprimer le système d’ Ubuhake en ordonnant qu’il y eût un partage de vaches détenues par le mugaragu, entre celui-ci et son shebuja. [n.d.l.r. L'opposition des nobles Tutsi - grands bagaragu de l’Ibwami- est explicitement exprimée dans un écrit datant du 18 mai 1958 connu sous le titre de 'Deuxième écrit de Nyanza']. Il y eut beaucoup de réactions négatives dans les milieux conservateurs Tutsi, mais un pas de géant venait d’être fait dans la libération du Hutu. Quelques temps plus tard, ce fut le tour de la corvée à être supprimée dans les mêmes conditions. Mais les Tutsi conservateurs se liguèrent pour combattre cette évolution pourtant irréversible. Les leaders Hutu acquis aux idéaux démocratiques réagirent en publiant en date du 24 mars 1957 un document resté célèbre intitulé le « Manifeste des Bahutu ». Dans ce document, pour la première fois le système féodo-monarchiste était publiquement mis en cause et la question Hutu-Tutsi posée clairement ; le conflit rwandais y était bien circonscrit et des solutions concrètes proposées.
3.3.3. La Révolution de 1959
En réponse au « Manifeste des Bahutu », les grands serviteurs Tutsi de la cour alors présents à Nyanza au nom de leurs congénères réagirent très négativement, par une lettre du 17 mai 1958 adressée au monarque d’alors. Dans cette lettre, les auteurs déclaraient que les Tutsi et les Hutu n’avaient rien de commun. Ils écrivaient en substance ce qui suit :
…comment les Bahutu réclament maintenant leurs droits au partage du patrimoine commun. Ceux qui réclament le partage du patrimoine commun sont ceux qui ont entre eux des liens de fraternité. Or les relations entre nous (Batutsi) et eux (Bahutu) ont été de tous temps jusqu' à présent basées sur le servage ; il n'y a donc entre eux et nous aucun fondement de fraternité. En effet quelles relations existent entre Batutsi, Bahutu et Batwa ? Les Bahutu prétendent que Batutsi, Bahutu et Batwa sont fils de KANYARWANDA, leur père commun. Peuvent-ils dire avec qui Kanyarwanda les a engendrés, quel est le nom de leur mère et de quelle famille elle est ? Les Bahutu prétendent que Kanyarwanda est père des Batutsi, Bahutu et Batwa ;or nous savons que Kigwa est de loin antérieur à Kanywarwanda et que conséquemment Kanyarwanda est de loin postérieur à l' existence des trois races Bahutu, Batutsi et Batwa, qu? il a trouvées bien constituées. Comment dès lors Kanyarwanda peut-il être père de ceux qu? il a trouvés existants ? Est-il possible d' enfanter avant d'exister ? Les Bahutu ont prétendu que Kanyarwanda est notre père commun, le « Ralliant » de toutes les familles Batutsi, Bahutu et Batwa : or Kanyarwanda est fils de Gihanga, de Kazi, de Merano, de Randa, de Kobo, de Gisa, de Kijuru, de Kimanuka, de Kigwa.Ce Kigwa a trouvee les Bahutu dans le Rwanda. Constatez donc, s'il vous plaît, de quelle façon nous, Batutsi, pouvons être frères des Bahutu au sein de Kanyarwanda, notre grand père. L'histoire dit que Ruganzu a tué beaucoup de « Bahinza »(roitelets). Lui et les autres de nos rois ont tué les Bahinza et ont ainsi conquis les pays des Bahutu dont ces Bahinza étaient rois. On en trouve tout le détail dans l' « Inganji Kalinga ».Puisque donc nos rois ont conquis le pays des Bahutu en tuant leurs roitelets et ont ainsi asservi les Bahutu, comment maintenant ceux-ci peuvent-ils prétendre être nos frères ? [ N.d.l.r. Lire l'entiéreté de l'écrit connu sous le titre de 'Voici le détail historique du règne des Banyiginya au Rwanda']
Par conséquent, les Hutu devaient rester soumis aux Tutsi comme toujours. Dans ces conditions, il ne manquait qu’une occasion pour déclencher la révolution. Le processus révolutionnaire a été accéléré par la mort inopinée du Mwami Mutara III Rudahigwa sans descendance et sa succession par son demi-frère Kigeli IV Ndahindurwa dans des circonstances restées obscures. [ N.d.l.r. Lire: 'La mort de Mutara III et l’ avènement de Kigeli V' par M. A. Maus, colon belge et membre du Conseil Spérieur du Pays. Selon lui, l'accession du Mwami Kigeri V Ndahindurwa au trône est un coup d'Etat. ] A l’avènement de celui-ci, des assassinats furent organisés pour intimider et décourager les leaders Hutu, mais sans succès. La goutte qui devait faire déborder le vase fut l’agression en date du 1 novembre 1959, par des jeunes gens Tutsi contre un sous-chef Hutu de Ndiza, Dominique Mbonyumutwa. La Révolution était déclenchée. Celle-ci a essentiellement consisté dans le soulèvement massif du peuple rwandais contre des structures féodales multiséculaires qui avaient écarté le Hutu de la participation à l’exercice du pouvoir dans son pays, en le réduisant à la condition d’esclave pour le compte du Tutsi. Les Tutsi extrémistes qui n’acceptaient pas les changements démocratiques se sont exilés à l’étranger pour y organiser des attaques terroristes.
Les élections démocratiques organisées aux mois de juin - juillet 1960 ont confirmé la situation en donnant une majorité écrasante (Bourgmestres et Conseillers Communaux) au Parti du Mouvement de l’Emancipation Hutu (PARMEHUTU), mais toujours, dans le cadre de la monarchie. C’est dans ce contexte que feu Président Grégoire Kayibanda, alors président du MDR PARMEHUTU, forma un gouvernement provisoire ; c’était le 26 octobre 1960. A cette occasion il devait notamment déclarer :
C’est aujourd’hui en effet, qu’un gouvernement représentatif et un parlement également représentatif sont mis en place. Aujourd’hui la démocratie, la démocratie libératrice a vaincu la féodalité, la féodalité, sous quelque forme qu’elle soit, sous quelque forme qu’elle puisse être, elle est vaincue définitivement, elle est abolie définitivement, nous la rejetons définitivement.
Une solution au conflit rwandais était encore une fois trouvée et proclamée solennellement : la démocratie.
Le nouveau Mwami avait quitté le Rwanda depuis avril 1960 et un problème institutionnel grave était aussi posé. Le gouvernement alors mis en place convoqua tous les élus du peuple en congrès à Gitarama pour leur demander de se prononcer sur une formule définitive qui convenait au pays compte tenu de l’évolution de la situation. C’était le 28 janvier 1961.Tous les Conseillers Communaux, tous les Bourgmestres, les Députés et les membres du Gouvernement Provisoire réunis en ce jour mémorable, décidèrent l’abolition de la monarchie et proclamèrent la République. Notre pays allait s’appeler, depuis, la « REPUBLIQUE RWANDAISE » régie par des institutions démocratiques avec un drapeau rouge, jaune et vert comme emblème de la Nation.
C’est cet évènement que, consciemment ou non, certains milieux ont désigné sous l’expression de « Coup d’Etat de Gitarama » oubliant qu’il s’agissait d’une oeuvre réalisée par les représentants du peuple rwandais. Cette décision des élus du peuple rwandais allait, à la demande des adversaires de la démocratie, être confirmée par le peuple lui-même lors du Référendum organisé et supervisé par l’Organisation des Nations Unies en date du 25 septembre 1961.
3.4. Le Rwanda : République indépendante
Comme on l’a vu, les ennemis du peuple rwandais n’ont jamais accepté la meilleure solution au conflit rwandais. Ils ont toujours combattu la démocratie. Sous la I ère et la II ème Républiques, ils n’ont fait que changer de stratégies selon la conjoncture du moment jusqu’au déclenchement de la guerre d’octobre 1990.
3.4.1. Sous la Première République
Le problème Rwandais est concrétisé par une série de guerres de reconquête du pouvoir par les anciens seigneurs féodo-monarchiques.
Depuis la victoire de la République démocratique, le Rwanda a été victime de nombreuses agressions terroristes des Inyenzi en provenance des pays limitrophes. Chaque fois, les complices de l’intérieur devaient payer de leur vie, et les agresseurs en profitaient pour accuser les Hutu des crimes de génocide. A ce sujet, feu le Président de la République Grégoire Kayibanda a, à plusieurs reprises, invité les Inyenzi
Les vies humaines qui malgré notre vigilance ont péri par terrorisme ne gagnent rien à être couvertes par les bruits de vos calomnies à l’égard du Gouvernement de la République.
Qui est génocide ?
Posez-vous honnêtement la question et répondez-y du fond de votre conscience.
Les Tutsi restés au pays qui ont peur d’une fureur populaire que font naître vos incursions sont-ils heureux de vos comportements ?
Qui est génocide ?
Ceux qui vous appuient et financent vos menées terroristes et fratricides vous rappellent-ils que les Bahutu ne se laisseront jamais malmenés, et qu’à vos coups, ils n’entendent pas du tout opposer un héroïsme qui serait d’ailleurs de mauvais aloi.
Qui est génocide ?
Les Inyenzi n’ont jamais entendu cet appel. Au contraire, ils ont multiplié leurs aventures meurtrières jusqu’en 1967, année au cours de la quelle ils ont lancé leur dernière attaque de la série contre le peuple rwandais. Ils ont dû faire un constat amer selon lequel ils ne pouvaient pas arracher au peuple un pouvoir chèrement et démocratiquement acquis. A partir de ce moment, les Inyenzidécidaient d’arrêter leurs attaques pour un certain temps mais sans abandonner l’idée de reprendre le pouvoir au Rwanda. Ils allaient changer de stratégie et s’organiser, en vue d’atteindre un jour, leur objectif ; ce qu’ils firent sans attendre. Ils allaient profiter d’une situation de crise grave qui caractérisa la fin des années 60.
En effet, suite à une divergence entre la vielle classe dirigeante et une nouvelle génération de dirigeants rwandais, divergence qui devait conduire au phénomène néfaste de division très grave au sein de la classe politique baptisé alors « Guta umurongo », le Rwanda allait être sérieusement secoué pendant un certain temps.
Les Tutsi devaient donc saisir cette occasion pour s’infiltrer dans tous les secteurs de la vie nationale (fonction publique, entreprises publiques et privées, écoles, Université Nationale etc.), et surtout pour détourner l’attention des jeunes dirigeants Hutu en leur donnant leurs filles en mariage. En agissant de la sorte, il est évident que les Tutsi ne cherchaient pas à contribuer à résoudre le conflit rwandais, mais plutôt à endormir les dirigeants Hutu pour reprendre le pouvoir le moment venu. Le procédé était devenu classique. La découverte de toutes ces manoeuvres et les actes de génocide contre les Hutu du Burundi en 1972 provoquèrent des troubles que connut le Rwanda au cours des années 1972-1973. Signalons que lesdits troubles se sont produits au moment où les Inyenzi se préparaient à lancer de nouvelles attaques contre le Rwanda, en provenance surtout du Burundi et de l’Ouganda. C’est pour mettre fin à ces troubles qu’un groupe d’officiers supérieurs de la Garde Nationale sous la conduite du Général Major Juvénal Habyarimana prit le pouvoir en date du 5 juillet 1973. La Deuxième République venait de voir le jour.
3.4.2. Sous la Deuxième République
A la naissance de la IIème République, ses fondateurs s’étaient assignés la mission de mettre fin aux troubles ethniques qui secouaient le pays depuis plusieurs mois. Mais en plus, ils nourrissaient une noble ambition de créer et maintenir un climat de Paix et d’unité nationale, véritables bases d’un Développement harmonieux et durable. Trois mots clés qui allaient constituer la devise du Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement (MRND). Effectivement, dans le cadre du MRND, le Rwanda connut, à ne pas en douter, un développement socio-économique sans précédent de son histoire. Pour concrétiser cette unité nationale, le peuple rwandais était confondu avec le Parti MRND. Dans ce cadre, et sous certaines conditions impliquant la réconciliation et la démocratie, le conflit rwandais allait encore une fois trouver une solution. Mais cette solution n’a pas pu véritablement voir le jour parce que, comme toujours, le Tutsi n’y tenait pas.
En effet, comme cela a été dit plus haut, le Tutsi n’a jamais abandonné l’idée de récupérer le pouvoir et de l’exercer sans partage. Comme toujours dans de pareilles conditions, profitant de ce climat de paix et d’unité nationale (le Hutu y croyait très profondément) , le Tutsi a réussi à s’infiltrer dans les plus hautes instances de l’Etat (guhakwa) pour prendre le pouvoir à l’aise au moment qu’il jugera le plus opportune.
Feu le Président Juvénal Habyarimana et son entourage immédiat étaient devenus, pendant des années, des otages du Tutsi. Ce dernier était parvenu à contrôler tout le secteur économique, tandis que le Hutu s’esquintait quotidiennement dans des activités de routines administratives sans lendemain. Il a fallu attendre la crise de 1980 (Affaire Lizinde) pour découvrir les desseins sataniques du Tutsi. Suite à la découverte de leurs manoeuvres lors de l’éclatement de l’Affaire Lizinde, les Tutsi décidèrent de s’emparer du pouvoir au Rwanda par la force. C’est ce qu’ils tentèrent de faire, à la chute du dictateur ougandais Idi Amin Dada. Mais cette attaque n’a pas eu lieu parce qu’il y eut conflit de génération au sein des Inyenzi mêmes. Ce sont les vieux qui voulaient attaquer, tandis que les jeunes estimaient que c’étaient trop tôt. Ils eurent raison. Par ailleurs, Museveni avait besoin de leur concours pour conquérir l’Ouganda, il s’étai engagé à les aider à leur tour à conquérir le Rwanda. Le pacte fatal pour le Rwanda était conclu. En effet, depuis que Museveni a pris le pouvoir à Kampala, les Tutsi ont été mis très à l’aise. Ils pris tout leur temps pour préparer la guerre de reconquête du pouvoir au Rwanda, par des entraînements massifs, des achats d’armes et par l’intoxication de l’opinion internationale par tous les moyens. Museveni qui, au cours de sa guerre de conquête de l’Ouganda avait bénéficié d’un appui substantiel du gouvernement rwandais, faisait croire partout que le Rwanda ne pouvait, en aucun cas, être envahi de l’Ouganda. Les autorités rwandaises y ont cru alors même que des actes de reconnaissance et de sabotage, de la part de l’armée ougandaise, étaient de plus en plus nombreux sur le sol rwandais, surtout du côté de la frontière nord-est.
A partir d’un certain temps, les Tutsi, naguère, trouvaient en Habyarimana leur sauveur pour avoir supprimé le PARMEHUTU, apporté paix aux Tutsi et unité à tout le peuple rwandais, se mirent à décrier sa dictature imposée au peuple rwandais au sein du MRND ainsi que tous les obstacles opposés par le régime en place au retour des réfugiés Tutsi. Les fils des Inyenzi étaient donc déterminés à intervenir militairement pour « libérer » le peuple rwandais de ladite dictature et pour permettre aux réfugiés de regagner leur patrie. Quel prétexte ! Signalons ici que, pour le Tutsi, le concept de dictature découle de l’idée qu’il se fait de lui-même. En effet, étant né pour commander (kuvukana imbuto), culturellement le Tutsi considère que tout ce qui se fait sans lui ou en dehors de lui n’a aucune valeur. C’est ainsi que la Révolution de 1959 n’en fut pas une (ce fut plutôt le début des massacres !) et que la gestion des affaires de l’Etat par la majorité du peuple rwandais, pendant plus de trente ans, fut qualifiée de médiocre parce que dictatoriale. Il appartient à l’Histoire de juger. [ N.d.l.r. Lire 'L' Histoire des Rois que supposent les Poèmes Episodiques. .. ' ( 6 & 7) où Alexis Kagame donne l'exemple de la période de "veuvage" (occupation par les Banyabungo) entre les règnes de Ndahiro II Cyamatare (vers 1550) et son successeur Ruganzu II Ndoli(vers 1580).] En ce qui concerne le problème des réfugiés Tutsi, il faut rappeler ici qu’après de multiples tractations, ce problème avait déjà trouvé une solution appropriée. C’est dans ce cadre qu’il fut convenu que les réfugiés pouvaient visiter le Rwanda pour se rendre compte de ses possibilités d’accueil (occasion sans pareilles pour des opérations de reconnaissance par le FPR) pour leur permettre, en définitive, soit de venir s’installer au Rwanda, soit de rester à l’étranger avec des facilités de visiter les familles se trouvant au Rwanda, soit enfin, d’acquérir une nouvelle nationalité, tout en jouissant des mêmes facilités. [ N.d.l.r. Lire 'Commentaires d'Edouard Karemera sur « Rwanda, le droit à l'espoir », livre écrit par le Général de Brigade Leonidas Rusatira ' (titre 3, paragraphes 3.1 et 3.2). En contredisant Léonidas Rusatira, Edouard Karemera, ancien ministre et membre du comité central du MRND à l'époque du monopartisme, éclaire le lecteur sur la position du gouvernement rwandais au sujet du retour des réfugiés Tutsi.] Ainsi donc, après s’être bien préparés et équipés et avec le concours maximum de l’Ouganda, les jeunes Tutsi, membres de la NRA (National Resistance Army, armée ougandaise) estimant que le moment était venu, déclenchèrent une guerre d’agression contre le Rwanda en vue de reconquérir le pouvoir. C’était le 01/10/1990. Ce fut la fin d’une époque.
3.5. La guerre de reconquête du pouvoir avec toutes ses tragédies
C’est en fait la dernière épisode d processus conflictuel au Rwanda qui a abouti à la tragédie la plus grave de l’histoire du pays, et où le problème rwandais s’est posé avec plus d’acuité que jamais. L’absence de volonté ou plutôt le refus délibéré du Tutsi de trouver une solution appropriée au dit problème a entraîné le démantèlement de la nation rwandaise toute entière. Cette épisode a, jusqu’à ce jour, connu deux phases : la phase qui va, précisément, du déclenchement de la guerre à la conclusion de l’Accord d’Arusha, et celle qui débute avec la reprise des hostilités en date du 06 avril 1994.
3.5.1. Du début de la guerre par le FPR à la conclusion de l’Accord de Paix d’Arusha.
Sous le prétexte mis en évidence plus haut, les fils des Inyenzi membres de la NRA déclenchèrent, contre le Rwanda, une guerre d’agression sous la dénomination de Front Patriotique Rwandais (FPR-Inkotanyi) ; c’était le 1er octobre 1990. Depuis, rien n’a plus été comme avant dans la vie des rwandais. En effet, jusqu’à cette date et depuis plusieurs années, le Rwanda était devenu selon la Banque Mondiale, un modèle de développement intégral dans toute la région sub-saharienne. Les ethnies vivaient en une symbiose telle que dans certains cas, la confusion était totale. D’aucuns croyaient que les ethnies comme telle étaient en voie de disparition. Mais comme on l’a vu, le Tutsi n’y croyait pas. Il a plutôt profité de ce contexte pour s’infiltrer dans les hautes instances de l’Etat pour les renverser le moment venu. Depuis le déclenchement de cette maudite guerre donc, non seulement les relations entre rwandais ont été bouleversées mais aussi des changements importants ont été opérés au niveau des institutions de l’Etat (Constitution du 10 juin 1991 et Accord de Paix d’Arusha du 04 août 1993).
3.5.1.1 La guerre d’octobre 1990
Cette guerre éclair qui a éclaté à Kagitumba dans la corne du nord-est du Rwanda, avait pour objectif la prise de Kigali endéans trois jours. Mais dès le deuxième jour de bataille, les Forces Armées Rwandaises neutralisaient les combattants du FPR et même leur Commandant en Chef en la personne du Général Major Fred Rwigema, ancien commandant adjoint de la NRA et vice-ministre de la défense du Gouvernement Ougandais y perdit la vie. Après ces combats très rudes au Mutara, le FPR fut repoussé en dehors de la frontière rwandaise, fin octobre 1990. Mais, dès les premiers jours du mois de novembre suivant, l’ennemi relança ses attaques contre les communes rwandaises frontalières avec l’Ouganda (Muvumba, Kiyombe, Cyumba, Kivuye de Byumba et Butaro de Ruhengeri), cette fois-ci sous forme de guérilla. A partir de ce moment, la population civile était directement concernée. Ce fut en effet, le début d’une série de crimes de droit international humanitaire commis par le FPR. La guerre contre le Rwanda devenait alors une très grave préoccupation non seulement pour le Rwanda, mais aussi, comme on le verra plus loin, pour la sous région. C’est dans ce contexte que des changements institutionnels importants ont été opérés au niveau de l’Etat.
3.5.1.2 Les changements institutionnels
Ces changements ont été introduits par la Constitution du 10 juin 1991. En effet, dans son discours du 05 juillet 1990, le Chef de l’Etat avait promis d’opérer des changements profonds (aggiornamento) au sein des institutions de l’Etat. Une commission ad hoc fut créée. Elle proposa un projet de constitution qui fut promulguée à la date susmentionnée. Comme cela a été dit, cette Constitution a apporté des changements considérables. On en indiquera deux qui sont, à coup sûr, les plus importants. La Constitution du 10 juin 1991 a d’une part, introduit le multipartisme dans les pays, le MRND cessant d’être parti unique et d’autre part, créé une nouvelle institution, à savoir le Premier Ministre, Chef du Gouvernement qui devait partager les pouvoirs avec le Président de la République. Comme on s’en aperçoit, ces changements étaient de nature, y croit-on, à permettre l’avènement d’un régime véritablement démocratique auquel même les réfugiés rwandais pouvaient participer. Et de ce fait, le conflit rwandais allait, encore une fois, trouver une solution adéquate. Mais hélas! c’était méconnaître le Tutsi qui, comme on l’a vu, avait depuis très longtemps, écarté l’idée de partager le pouvoir avec le Hutu. Il était déterminé, par conséquent, à s’emparer, tôt ou tard, de ce pouvoir par force.
Sur le plan interne, cette constitution a été appliquée tant bien que un mal. A ce sujet on peut citer, notamment, l’adoption de la loi du 18 juin 1991 sur les partis politiques. Les partis politiques ont, donc, été créés ; ils ont proliféré et en très peu de temps, ils ont dépassé la quinzaine. Le Premier Ministre a été nommé aussi. Dans un premier temps, il’ était issu du MRND et, depuis que les partis politiques opposés au MRND se sont organisés c’était un militant du MDR qui dirigeait le Gouvernement. Le FPR qui gagnait de plus en plus de terrain et de poids, a su exploiter très adroitement la situation pour détruire l’unité des hutu déjà précaire à son avantage. Pour finir, c’était pratiquement le MRND et le FPR et leurs alliés respectifs. C’est dans ce contexte politique que les négociations d’Arusha allaient être entamées.
3.5.2. L’Accord de Paix s’Arusha
Comme cela a été dit plus haut, dès les premiers mois, la guerre contre le Rwanda était devenue l’objet de préoccupation pour la sous-région. De nombreux contacts entre Chefs d’Etat furent organisés à ce sujet. C’est dans ce cadre que le Président de la République, alors Son Excellence le Général Major Juvénal Habyarimana a effectué plusieurs déplacements pour rencontrer ses pairs à Mwanza (le 17/10/1990), à Gbadolite (le 26/10/1990), à Goma (le 20/2/1991), à Zanzibar (le 17/2/1991) et à Dar es-Salaam (le 19/7/1991 et du 5 au 7 /3/1991). Par la suite, un accord de cessez-le-feu devait être conclu à N’sele (le 29/3/1991) et amendé à Gbadolite (le 16/9/1991) et à Arusha (le 12/7/1992). Tout cela en vain, les fils des Inyenzi étant déterminés à prendre le pouvoir par force. Des négociations directes entre le Gouvernement rwandais et le FPR-Inkotanyi la Communauté Internationale y souscrit. Lesdites négociations devaient se dérouler à Arusha en République Unie de Tanzanie. Elles devaient aboutir à la conclusion d’un accord de paix entre le Gouvernement Rwandais et le FPR-Inkotanyi.
Rappelons que cet accord a été négocié et conclu dans un contexte politique extrêmement tendu. En effet, depuis la rencontre de Bruxelles en juin 1992 entre les partis dits d’opposition (au MRND et à Habyarimana) et le FPR, la division entre les dirigeants Hutu était consommée au profit du FPR-Inkotanyi qui occupait déjà une certaine portion du territoire national. Ces partis, regroupés au sein de ce que certains de leurs dirigeants appelaient alors, « Forces Démocratiques de Changement » (FDC), déclaraient couvrir essentiellement toute la région du Nduga et d’autres régions semblables, pour dire que leurs adhérents étaient persécutés par les Bakiga du MRND-CDR au même titre que les Tutsi en général, façon astucieuse pour le FPR d’endormir la faction de hutu à sa solde pour s’infiltrer dans tous les coins du pays sans beaucoup de difficultés. C’est donc dans un tel contexte que les négociations d’Arusha se sont déroulées. Le représentant du Gouvernement rwandais était issu du MDR, parti principal d’opposition. Il était strictement interdit aux citoyens rwandais (sous peine d’être qualifié d’ennemi de la paix) de formuler des vœux ou de donner de simples avis dans le cadre de ces négociations de paix d’Arusha. Il va de soi, que dans ces conditions, le FPR allait, en fin de compte, obtenir plus qu’il ne demandait et, même, plus qu’il ne méritait.
L’Accord de Paix a été signé à Arusha par le Président de la République, le Général Major Juvénal Habyarimana du côté rwandais et par le Président du FPR-Inkotanyi le Colonel Alexis Kanyarengwe. Pour des raisons ci-haut évoquées, la conclusion de cet accord est intervenue dans l’indifférence généralisée de tous les rwandais. Cependant, ils gardaient l’espoirs que les anomalies constatées allaient être corrigées par les élections qui devaient être organisées vers la fin de la période de transition. Mais encore une fois hélas ! c’était se tromper grossièrement sur le Tutsi qui n’avait jamais abandonné sa logique de gouverner seul. En effet, malgré les avantages exorbitants et non mérités que l’Accord de Paix d’Arusha accordait au FPR, ce dernier n’était pas disposé à l’appliquer, car le Tutsi aurait été amené, un tant soit peu, à partager le pouvoir avec le Hutu, alors que pour lui, cela lui est culturellement prohibé. Il est à remarquer, par ailleurs, que dans le cadre des croyances et pratiques occultes, magiques et mythiques (imitsindo), le Tutsi, comme tel ne s’est jamais senti lié par cet accord de paix, ce dernier n’étant du début à la fin, que l’œuvre des Bahutu du nord (Abakiga) mais à l’avantage du Tutsi. Autrement dit, l’Accord de Paix d’Arusha élaboré et conclu pas les Hutu devait servir de tremplin aux Tutsi pour prendre le pouvoir et déraciner les Hutu. C’est cela la vérité sur le fameux Accord de Paix d’Arusha.
Toujours au sujet de cet accord, le point de vue actuel des du FPR au pouvoir à Kigali n’a pas changé ; il est exprimé avec un certain cynisme dans le journal Imboni No 003, dont l’extrait suivant :
Cependant, à part que cet (accord d’) Arusha nous reconduit sous le pouvoir semblable à celui d’Ikinani [le président Juvénal Habyarimana] , il ne présente aucun autre avantage. Il n’a pas empêché la guerre de reprendre, alors qu’il avait été conclu pour cela. Il n’a pas pu écarter le génocide [itsembabwoko] alors qu’il avait été conclu pour empêcher Ikinani de le commettre. Il n’a pas réussi le retour des réfugiés et leur réinstallation comme il le prétendait…Arusha n’existe plus, il est mort. Il est mort et il ne peut pas ressusciter. Tout cela se passe de commentaire.
Pour toutes les raisons ci-haut mentionnées, l’Accord de Paix d’Arusha a été donc conclu mais il n’a pas été appliqué comme c’était prévu. Aucun rendez-vous de mise en place des institutions prévues par lui, pourtant fixé de commun accord, n’a été respecté. Entre temps, les leaders Hutu des partis politiques membres des FDC avaient découvert le jeu du FPR, leur allié, et s’en étaient désolidarisés. A partir de ce moment, le FPR commit une série d’assassinats contre les Hutu pour préparer, dirait-on, la catastrophe sans précédent qui allait détruire la nation rwandaise toute entière depuis le début du mois d’avril 1994.
4. LA CATASTROPHE D’AVRIL 1994
Cette catastrophe vient de la guerre de reconquête du pouvoir au Rwanda déclenchée en date du 06/04/1994 en violation flagrante de l’article 1 de l’Accord de Paix d’Arusha. Cette guerre sauvage et meurtrière a produit des conséquences incalculables.
4.1. La guerre ultime de reconquête du pouvoir : préparatifs
L’horrible guerre qui a ensanglanté le Rwanda a été soigneusement préparée si bien que l’ennemi n’a pratiquement rencontré aucun obstacle de taille. La guerre ultime de prise de Kigali et de tout le pays a été très soigneusement préparée depuis longtemps. Las activités officielles de reconnaissance du terrain par le FPR se sont effectuées dans le cadre d’un organisme créé par l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine) en application d’un accord de cessez-le-feu. Il s’agit du « Groupe d’Observateurs Militaires Neutres (GOMN )» qui comptait cinq officiers du FPR parmi ses membres. Le GOMN avait accès à tout sans restriction aucune. Mais ces activités se sont intensifiées avec le soutien substantiel des éléments belges de la Mission des Nations Unies pour l’Assistance au Rwanda (MINUAR) qui étaient chargés de la protection de la ville de Kigali. Grâce à l’appui des casques bleus belges, le FPR a réussi à installer ses hommes et leurs matériels, sans aucune difficulté, dans la ville de Kigali et à travers tout le pays. C’est dans ce contexte que le FPR est parvenu à infiltrer ses brigades dans toute la zone gouvernementale (voir à ce sujet Le non-dit sur les massacres au Rwanda No 2 par l’ASBL SOLIDAIRE-RWANDA) . Mais le comble a été atteint quand, sous prétexte de protéger ses hommes membres des institutions de Transition à Base Elargie, le FPR a été autorisé a installer officiellement un bataillon (600 soldats) dans la ville de Kigali – un véritable cheval de Troie – et encore dans le palais du Conseil National de Développement (Parlement). C’était cette unité d’élite qui, le moment venu, avait la mission de mettre Kigali à feu et à sang.
Par ailleurs, après la signature du fameux Accord de Paix d’Arusha, le FPR-Inkotanyi a élaboré un document dans lequel il a consigné ses objectifs et des diverses stratégies à appliquer pour atteindre ces derniers. C’était un véritable « plan concerté ou complot » contre le peuple rwandais comme cela a été souligné dans Quand légitime défense devient génocide. En outre, avant la reprise de cette terrible guerre contre le Rwanda, un jeune officier, responsable du service de renseignement de l’armée ougandaise, en la personne du Major Paul Kagame, fut, pour des raisons certaines d’imitsindo hissé au grade de Général Major pour pouvoir chasser du pouvoir le Général Major Juvénal Habyarimana et, du même coup, les Hutu en général. Rappelons que Fred Rwigema, avait été érigé, en son temps, au même grade en présence du Chef de l’Etat rwandais alors en visite à Kampala en 1988, pour pouvoir diriger les opération de guerre dite d’octobre 1990 au cours de laquelle Kigali devait être pris endéans trois jours, comme on le sait déjà. Enfin, pour déclencher la guerre contre le Rwanda sans s’inquiéter de rien, le FPR s’était emparé des media du monde occidental et avait mis en garde les puissances étrangères contre toute ingérence dans cette guerre.
4.2. Une guerre sauvage et très meurtrière
Lorsque le FPR a estimé que le moment de s’emparer du pouvoir par force était venu, il choisit, comme le fait marquer Quand légitime défense devient génocide, d’exécuter une partie du scénario No 4 de son plan macabre:
Rupture des accords d’Arusha et recomposition d’un gouvernement en écartant par la force militaire et populaire Habyarimana et ses satellites dans un délai ne dépassant pas neuf mois à partir de la signature des accord de paix.
En effet, c’était mercredi 06 avril 1994 à 20h30, soit 08 mois et 02 jours après la signature de l’Accord de Paix d’Arusha, que l’avion qui ramenait du sommet de Dar-es-Salaam le Président Juvénal Habyarimana et son homologue burundais Cyprien Ntaryamira ainsi que leurs délégations respectives, fut abattu au moment ou il se préparait à atterrir à l’Aéroport International Grégoire Kayibanda de Kanombe à Kigali. Ce lâche et ignoble assassinat fut le déclenchement des massacres sans précédents dans l’histoire du Rwanda. En effet, pour le FPR, Habyarimana assassiné, il fallait continuer l’exécution du plan tel que prévu ; c’est-à-dire l’extermination des « satellites de Habyarimana » (ou l’élite Hutu). Mais, Dieu merci, le FPR s’est trompé dans ses sombres calculs. Il croyait que le Hutu qu’il fallait déraciner était toujours le même que celui des années 50. Au contraire, l’assassinat de Habyarimana a été un catalyseur pour l’unité de tout le peuple Hutu face à l’ennemi déclaré. A la très grande surprise des Tutsi et de leurs alliés, main dans la main et avec l’appui des forces armées rwandaises, les Hutu se sont défendus comme ils l’ont pu trois mois durant. Il a fallu l’intervention de la communauté internationale, longtemps intoxiquée par la propagande mensongère de l’ennemi, pour décréter un embargo militaire injuste et injustifié contre le peuple rwandais en vue de garantir une victoire militaire au FPR, en violation flagrante de l’Accord de Paix d’Arusha qu’elle avait pourtant cautionné. Il faut remarquer que c’est sur cette résistance farouche du peuple Hutu dans l’exercice de son droit de légitime défense que le FPR fonde ses accusations absurdes relatives au génocide commis à l’endroit des Tutsi par des Hutu. Comme on le verra un peu plus bas, c’est tout le contraire.
Après l’intervention des puissances de ce monde en faveur du FPR, le Rwanda était complètement exsangue (voir les témoignages dans Le non-dit sur les massacres au Rwanda No 1 et 2) ; le peuple rwandais (une partie qui a échappé à l’extermination) a quitté son pays pour se constituer réfugiés à l’étranger. Pour avoir une idée précise sur les responsabilité s de la tragédie du peuple rwandais jusqu’à ce jour il faut lire notamment : Le peuple rwandais accuse, document réalisé par le Ministère de la Justice (Gouvernement en Exile) ; Executive Intelligence Review (EIR) du 19 août 1994 et du 28 octobre 1994, une revue britannique qui souligne le rôle particulier joué par la Grande Bretagne dans cette maudite guerre.
5. LES CONSEQUENCES DE LA GUERRE
Pour saisir l’ampleur des conséquences de cette guerre par le FPR-Inkotanyi, il suffira de les considérer sur les plans matériel et humain.
5.1. Sur le plan matériel
Le Rwanda était certes un des pays les plus pauvres du monde, mais il était parvenu à se suffire dans des domaines diversifiés. En effet, sa devise est « Liberté, Coopération, Progrès ». Depuis que le Rwanda a accédé à la souveraineté internationale, il s’est attelé à la concrétisation de cette devise, malgré les interruptions dues à de multiples attaques des Inyenzi. Mais pour la 2ème République, dans le cadre du MRND, le Rwanda avait atteint un degré de développement tel que la Banque Mondial et le Fond Monétaire International le prennent en modèle de développement subsaharien. C’est d’ailleurs pour cette raison, selon la revue EIR, que la Grande Bretagne a contribué à la destruction du Rwanda. La guerre a donc eu entre autres pour effet, la destruction de toute l’infrastructure de développement que le peuple rwandais avait réalisée avec beaucoup de sueur, depuis son accession à l’indépendance. En effet, en plus de destruction des infrastructures, les biens abandonnés par les réfugiés ou les déplacés sont soit pillés, soit confisqués, sans aucune possibilité de récupération.
5.2. Sur le plan humain
La guerre d’agression qui a endeuillé le Rwanda depuis le mois d’octobre 1990 est la plus catastrophique de son histoire. En effet, à partir de ce moment, des dizaines de milliers de personnes ont été tuées tout au long de la frontière rwando-ougandaise, d’autres ont été portées disparues, et beaucoup d’autres se sont déplacées, étant ainsi obligé d’abandonner leurs biens. A cette époque, le FPR s’est rendu coupable d’une série de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité dont on ne parle presque jamais, et par conséquent restent impunis. Mais c’est à partir du 6 avril 1994 que le FPR a manifesté ses intentions véritables en violant de façon flagrante l’Accord de Paix d’Arusha qu’il avait signé. Par là, le FPR a montré qu’il ne tenait pas à résoudre le conflit rwandais de façon pacifique. Il voulait éliminer toute personnalité qualifiée de « satellite de Habyarimana », c’est-à-dire toute personne d’ethnie Hutu. C’est cela le génocide.
Depuis la date de triste mémoire du 06 avril 1994, le Tutsi a tué le Hutu, le Hutu s’est vaillamment défendu. Les chiffres exacts des morts ne sont pas connus mais ils dépassent sûrement deux millions. Les rescapés ont, depuis l’embargo décrété par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, pris le chemin de l’exile. C’est tout un peuple qui s’est déplacé en dehors de son territoire national. Fait sans précédent dans l’Histoire de l’Humanité. A l’étranger, le peuple rwandais vit tant bien que mal avec l’assistance des organisations humanitaires ; tandis qu’à Kigali, un gouvernement d’aventuriers, fils des Inyenzi est mis en place grâce à l’appui massif des puissances de ce monde qui ont, comme on l’a vu, contraint le peuple rwandais à l’exile. Ce gouvernement ne fait qu’arrêter ou tuer les Hutu qui n’ont pas pu fuir. Comme on le voit, le conflit rwandais est loin d’être résolu.
6. LA SITUATION DEPUIS L’INSTALLATION DU FPR AU POUVOIR A KIGALI
La guerre la plus tragique de l’histoire du Rwanda aura duré près de cinq ans. Kigali a été pris le 4 juillet et, le 19 juillet 1994 a été installé, la victoire était totale. Depuis, plus rien n’a été plus comme avant et c’est sur tous les plans.
6.1. Sur le plan politique
Il faut noter ici que la victoire militaire du FPR a placé l’Accord de Paix d’Arusha entre parenthèses. C’est dire que la seule volonté du FPR victorieux devait s’imposer (suppression du MRND, création de l’institution de « vice-président », etc.). En mettant en place des institutions éternellement provisoires. pour démarrer le nouveau régime, le FPR s’est rallier un certain nombre de Hutu de service dits « Hutu modérés »pour accomplir des missions qu’ils ne reconnaissaient pas. Quand l’objectif est atteint, le Hutu responsable devient indésirable et est souvent déclaré « génocidaire » (Cas de Faustin Twagiramungu, Pasteur Bizimungu, Pierre Célestin Rwigema, etc.). Aujourd’hui, le régime fait tout pour détruire la majorité numérique des Hutu pour pouvoir organiser des élections à son avantage. L’organisation administrative locale a été tellement chambardée qu’il n’est pas aisée de retrouver la situation d’avant la tragédie. Donc, le droit de propriété sur le terrain est totalement mis en cause.
6.2. Sur le plan judiciaire
Ce qui est remarquable ici, c est qu’il s’agit de la justice du vainqueur au vaincu. Les personnalités Hutu qui ne sont pas tuées sont purement et simplement jetées en prison sans aucun dossier. Le nombre de personnes se trouvant dans cette situation est toujours supérieur à 100.000. C’est dire que matériellement, les détenus jugés sont très peu nombreux, les détenus libérés encore très peu nombreux. Beaucoup de détenus meurent en prison. En plus, la justice sans défense dans le système « Gacaca » n’est qu’un moyen efficace pour coller à l’ethnie Hutu l’étiquette de génocide. Bref, la justice du FPR est un instrument politique parfait pour lui permettre de régner sur le Rwanda sans partage et sans inquiétude pour toujours.
A l’étranger, les Rwandais Hutu sont justiciables du Tribunal Pénal Internationale pour le Rwanda (TPIR) sis à Arusha en Tanzanie. La curiosité dans les compétences de cette juridiction, c’est que dans une situation bien déterminée, elle est habilité à juger les faits secondaires consécutifs (légitime défense) à un fait principal (assassinat du Président Habyarimana) tout en passant sous silence ce dernier pour, à coup sûr, mettre à l’abri le régime du FPR. Dès lors, il est clair que cette juridiction n’est qu’un moyen pour les grands de ce monde, de soutenir le régime du FPR. Par ailleurs, en date du 7 avril 2000, e Gouvernement belge a avoué sa part de responsabilité dans la tragédie qui a endeuillé le Rwanda. Dès lors, la question qui reste posée est de savoir comment l’Etat belge peut s’arroger le droit de juger les Hutu rwandais présumés génocidaires sans être juge et partie ! Seule l’histoire pourra y répondre.
6.3. Sur le plan social
Avant la Révolution de 1959, le droit était attaché à l’ethnie, sous le régime du FPR, les ethnies ne figurent plus dans les cartes d’identité mais une situation nouvelle a été créée. Les rwandais sont divisés en deux catégories : les «rescapés » et les « génocidaires ». Et le citoyen est traité en fonction du groupe auquel il appartient. Cette situation se fait particulièrement sentir dans les domaines de la santé, de l’éducation, du travail et de l’économie en général.
7. CONCLUSION
Le régime du FPR depuis sa victoire militaire a placé le Rwanda dans une situation pire que celle qui existait avant la révolution rwandaise parce que les temps ont changé et les esprits ont été de plus en plus ouverts alors que l’objet du conflit rwandais n’a aucunement changé. Oui, le conflit rwandais s’aggrave de jour en jour et le nombre de victimes se gonfle dans les mêmes proportions. Il appartient aujourd’hui à la communauté internationale, si elle croit encore au caractère sacré des droits de l’homme de se défaire des pièges du FPR, de pencher sur des raison profondes de ce conflit et de trouver une solution définitive appropriée permettant à tous les rwandais de jouir de tous leurs droits de citoyens rwandais.
Charles Nkurunziza
source
http://www.olny. nl/RWANDA/ Histoire_ History/C_ Nkurunziza_ Conflit_Rwandais .html
TABLE DES MATIERES
1.INTRODUCTION
2. LA NATURE DU CONFLIT RWANDAIS
2.1. Les parties en conflit.
2.1.1 Les Hutu
2.1.2 Les Tutsi
2.2. L’objet du conflit.
3. LE PROCESSUS CONFLICTUEL
3.1. La reconquête des royaumes Hutu.
3.1.1. Les femmes Tutsi
3.1.2. Le roi Tutsi munyiginya « serviteur »du roi Hutu
3.1.3. La provocation de mauvais sort
3.2. La soumission multiséculaire du serf Hutu au seigneur Tutsi
3.2.1. Les mythes et légendes
3.2.2. Le code ésotérique de la royauté
3.2.3. L’Ubuhake
3.2.3.1. La notion de l’Ubuhake
3.2.3.2. Les conséquences de l’Ubuhake
3.2.3.2.1 Sur le plan individuel
3.2.3.2.2. Sur le plan social
3.2.3.2.3. Sur le plan politique
3.3. Emancipation et Révolution de 1959
3.3.1. Radicalisation du conflit rwandais
3.3.2. Le Mouvement d’émancipation
3.3.3. La Révolution de 1959
3.4. Le Rwanda : République indépendante
3.4.1. Sous la Première République
3.4.2. Sous la Deuxième République
3.5. La guerre de reconquête du pouvoir avec toutes ses tragédies
3.5.1. Du début de la guerre par le FPR à la conclusion de l’Accord de Paix d’Arusha.
3.5.1.1 La guerre d’octobre 1990
3.5.1.2 Les changements institutionnels
3.5.2. L’Accord de Paix s’Arusha
4. LA CATASTROPHE D’AVRIL 1994
4.1. La guerre ultime de reconquête du pouvoir : préparatifs
4.2. Une guerre sauvage et très meurtrière
5. LES CONSEQUENCES DE LA GUERRE
5.1. Sur le plan matériel
5.2. Sur le plan humain
6. LA SITUATION DEPUIS L’INSTALLATION DU FPR AU POUVOIR A KIGALI
6.1. Sur le plan politique
6.2. Sur le plan judiciaire
6.3. Sur le plan social
7. CONCLUSION
Lisez également:
LE CONFLIT RWANDAIS:Origines, Développement et Stratégies de sortie(Dr. Anastase Shyaka)
C. Nkurunziza
1. INTRODUCTION
La guerre de reconquête du pouvoir par le FPR-Inkotanyi qui a détruit le Rwanda et qui a abouti à la situation que le peuple rwandais vit aujourd’hui constitue à coup sûr, l’épisode la plus horrible du conflit rwandais à travers l’histoire de ce pays. Ici, la question qui vient évidemment à l’esprit est de savoir en quoi consiste ledit conflit. Le conflit rwandais est né à partir du moment où le Tutsi s’est engagé à ne jamais partager avec le Hutu dans son pays. Et toute l’histoire du Rwanda est depuis, construite sur cette terrible réalité.
Comme on le sait, la guerre de reconquête du pouvoir par le FPR au Rwanda aura fait verser trop de sang des rwandais, toutes les ethnies confondues, et les conséquences sur tous les plans sont incalculables. C’est sur cet ensemble de données qu’il va falloir réfléchir profondément, dans ce travail, pour dégager une vision commune de la réalité rwandaise. Dans cette réflexion, nous nous appuierons essentiellement sur « Les Aspects essentiels du problème rwandais », document réalisé par le Groupe Charles Nkurunziza (Bukavu, mai 1995)
2. LA NATURE DU CONFLIT RWANDAIS
Il va falloir ici définir les parties au conflit et l’objet de ce conflit.
2.1. Les parties en conflit.
Selon le document du groupe précité, l’histoire du Rwanda nous apprend que les trois ethnies qui peuplent le Rwanda sont arrivées dans ce pays par vagues successives. Les Twa ou les Pygmoïdes furent les premiers occupants ; ils vivaient de la chasse et de la cueillette. Suivirent ensuite les Hutu d’origine Bantoue ; ils constituaient le groupe numériquement le plus important et s’adonnaient avant tout à l’agriculture. Les Tutsi Hamites enfin, arrivèrent au Rwanda entre le XIIème et le XVème siècle ; ils se consacrèrent principalement à l’élevage de la vache à longues cornes. Dans cette étude, on remarquera que seuls les Tutsi et les Hutu sont concernés parce que les Twa avaient un statut tout à fait particulier dans la société rwandaise ; ils n’étaient pas considérés comme des personnes humaines à part entière.
2.1.1 Les Hutu
Un vieux de race Muhutu(Photo C. EEMAN in A. Kagame, Les organisations socio-familiales de l’ancien Rwanda)
D’origine Bantoue, les Hutu sont les défricheurs du Rwanda pour pouvoir y habiter et l’exploiter sur le plan de l’agriculture et de l’élevage en vue de se nourrir de façon satisfaisante. Ce sont les Hutu qui ont imposé à ce pays le nom de RWANDA, du verbe KWANDA signifiant « avoir la vocation de s’élargir, d’être grand ». Ce sont toujours ces Hutu qui l’ont, les premiers, politiquement organisé en y créant des royaumes par clan (Abagesera, Abazigaba, Abungura, Abacyaba,…).Le Rwanda était alors une véritable nation dans la quelle les royaumes indépendants étaient juxtaposés dans la paix. C’est dans ce contexte que le Tutsi est arrivé au Rwanda.
[N.d.l.r. Pour plus de détails sur l'ethnie Hutu lire: Les trois races, une étude ethnographique de l'Abbé Alexis Kagame]
2.1.2 Les Tutsi
Un vieux Mututsi(Photo R. BOURGROIS in A. Kagame, Les organisations socio-familiales de l’ancien Rwanda)
Les Tutsi Hamites sont arrivés au Rwanda derrière leurs troupeaux, en nomades. Ils étaient pacifiques, et par conséquent, ils ne furent pas repoussés par les autochtones trouvés sur place (Abasangwabutaka). C’est dans cette nouvelle ambiance que les nouveaux arrivants ont donné au roi Hutu des Bazigaba du Mubali le nom symbolique de Kabeja que l’histoire a retenu et qui signifie en langue hima (ka-beije = lessez-les venir). Le Mubali est la région rwandaise par laquelle les Tutsi du clan des Abanyiginya ont pris le premier contact avec le Rwanda. Après un certain temps d’errance, toujours derrière leurs troupeaux, ils se fixèrent enfin à Gasabo, au bord du lac Muhazi.
[N.d.l.r. Pour plus de détails sur l'ethnie Tutsi lire: Les trois races, une étude ethnographique de l'Abbé Alexis Kagame]
2.2. L’objet du conflit.
Installés à Gasabo, les Tutsi se sont organisés et ont créé un petit royaume, copie de ce qu’ils avaient trouvé sur place. C’est dans cette atmosphère qu’est née l’idée de conquérir les royaumes Hutu et d’exclure définitivement les Hutu de l’exercice du pouvoir au Rwanda. Comme on s’en aperçoit aisément, le conflit rwandais ne tient à autre chose qu’à l’interdiction absolue imposée au Hutu par le Tutsi, de participer à l’exercice du pouvoir, en le réduisant au rang de serf et d’esclavage. C’est sur ce conflit et sur ses divers aspects qu’a été construit l’essentiel de l’histoire du Rwanda.
3. LE PROCESSUS CONFLICTUEL
Depuis que les Tutsi Banyiginya se sont décidés à conquérir les royaumes pacifiques Hutu, l’histoire du Rwanda est essentiellement marquée par le conflit rwandais qui venait d’être déclenché. Le Hutu a été réduit au rang d’esclave et de serf, et cela pendant des siècles. Il a fallu l’émancipation et la révolution de 1959 pour que le Hutu retrouve sa liberté et jouisse de tous ses droits qu’il allait perdre hélas ! par suite à une tragique guerre de reconquête du pouvoir de 1990 par les fils des seigneurs Tutsi chassés du pouvoir par la révolution de 1959.
3.1. La reconquête des royaumes Hutu.
Pour les conquérants Tutsi Banyiginya, la destruction des royaumes Hutu a été une tâche de longue haleine, si bien que les dernières conquêtes furent réalisées par le colonisateur allemand tout au début du 20ème siècle dans les préfectures de Ruhengeri et de Gisenyi. Au cours des guerres de destruction des royaumes Hutu, les Tutsi Banyiginya ont utilisé des armes de natures différentes selon la situation du royaume Hutu dans le collimateur. C’est ainsi qu’en plus des armes classiques, les Tutsi Banyiginya se sont servis d’autres armes particulièrement efficaces suivantes :
3.1.1. Les femmes Tutsi
Lorsque le monarque Tutsi constatait qu’il ne pouvait pas vaincre le roi Hutu par les armes classiques, il cessait les combats et la guerre de conquête était oubliée momentanément pour faire croire à la situation pacifique entre les royaumes belligérants. Par la suite, le monarque Tutsi pouvait donner sa propre fille en mariage à l’ennemi qui ne se doutait de rien. La fille ainsi donnée en mariage avait une mission sacrée de tout faire pour faciliter à son père la tâche de tuer son mari avec tous les siens. C’est ainsi que le royaume de Nduga été conquis par les Tutsi Banyiginya. Après une longue et dure guerre de conquête contre le Nduga, le roi munyiginys Mibambwe I Sekarongoro a donné en mariage sa fille Nyirantorwa à Mashira, roi du Nduga avec une mission précise de faciliter l’assassinat de son mari par son père. Le projet fut exécuté comme il avait été préparé.
3.1.2. Le roi Tutsi munyiginya « serviteur »du roi Hutu
Lorsqu’un monarque Tutsi munyiginya constatait que le roi Hutu dans le collimateur était plus fort que lui, il se camouflait et se présentait à lui dans des conditions de serviteur et lui demandait d’être à son service. Le « serviteur » Tutsi était souvent préféré aux autres et entrait dans la vie quotidienne de son « maître ». A l’occasion jugée opportune, il l’assassinait purement et simplement. C’est ainsi que le roi Hutu Nzira du Bugara fut tué par Ruganzu-Ndori qui s’était présenté sous le pseudonyme de Cyambarantama et le royaume des Bagara fut annexé à celui des Banyiginya.
3.1.3. La provocation de mauvais sort
Le monarque Tutsi munyiginya faisait tout pour épouser une fille de la famille Hutu régnante. Après un arrangement criminel, la femme revenait dans sa famille et faisait tout pour avoir des rapports sexuels avec le Hutu régnant. Elle retrouvait son mari dès qu’elle était sûre d’être enceinte. L’enfant qui en naissait était évidemment le fils du roi, mari de la mère. C’ est cet enfant qui, un jour devenu grand, participait à une guerre d’agression contre le pays de son père biologique pour y être tué. Le sang ainsi versé provoquera un jour la destruction du royaume Hutu considéré, au profit du royaume Tutsi des Banyiginya.
Ce phénomène a existé notamment sous Yuhi II Gahima, monarque Tutsi munyiginya contre le royaume Hutu des Benengwe sous Samukende et sa femme Benginzage connue sous le surnom de Nyagakecuru. La nièce de Nyagakecuru mariée à Yuhi II Gahima a eu, après des arrangements avec son mari, des rapports sexuels avec le mari de sa tante. A terme, elle a mis au monde un garçon à qui on imposa un nom significatif de « Binama ». C’est ce dernier qui, devenu grand, alla verse son sang sur la terre des Benengwe pour faciliter tôt ou tard son annexion au royaume des Banyiginya.
3.2. La soumission multiséculaire du serf Hutu au seigneur Tutsi
Cette soumission du Hutu vaincu était le fruit des mythes et légendes des Tutsi Banyiginya ; elle était institutionnalisé e par le code ésotérique et matérialisée par le système d’Ubuhake.
3.2.1. Les mythes et légendes
Conscient de sa force très minime et du caractère essentiellement pacifique du Hutu (muntu), le Tutsi (hamite) s’est présenté à ce dernier comme, au cours des générations et au moyen de divers artifices, comme un être surhumain n’appartenant pas au commun des mortels. Le Tutsi a fait croire au Hutu qu’il était d’origine divine. Une légende veut que l’ancêtre des Banyiginya (Sabizeze) était né du cœur d’un bœuf porteur de bons augures (Imana yeze), qu’il était tombé du ciel (Kigwa), et que c’était lui qui avait tout inventé (Gihanga cyanhanze inka n’ingoma) ; que par conséquent il lui revenait de droit de régner sur le Rwanda, et d’y régner sans partage.
Après des guerres de conquête du pouvoir, les Hutu tombaient aisément dans les griffes du Tutsi. Ce fut la première manifestation du conflit rwandais. En effet, à partir de ce moment, le hamite nomade est devenu mu-tutsi du verbe de la langue rwandaise archaïque gutuka (bénir). [n.d.l.r. explication d'Alexis Kagame sur la signification et l'origine du terme "Mututsi"] Depuis, pour la culture hamite Tutsi du Rwanda, le Tutsi était celui qui avait était béni par des dieux, le comblant de biens et de bonheur (gutunga no gutunganirwa) devenant ainsi noble et seigneur. Tandis que les Hutu ainsi subjugés devaient changer leur statut juridique et social. Ils devenaient manants (hutu) et serf, à la disposition de leur seigneur pour lui offrir leurs forces, et en retour pouvoir subsister. [n.d.l.r. explication d'Alexis Kagame sur la signification et l'origine du terme "Muhutu"] Les monarques Hutu devaient céder leur titre de roi (umwami) au chef des Hamites pour devenir des Bahinza (maîtres des pluies et des récoltes).
3.2.2. Le code ésotérique de la royauté
Ce code ésotérique était à la fois une constitution dans le sens moderne du terme, et un ensemble de règles ‘regissant des pratiques occultes, mythiques et magiques (imitsindo) ; et l’application de ses dispositions requérait de nombreuses consultations divinatoires appropriées. Ce code de la dynastie des Banyiginya était composé de poèmes couvrant tous les domaines intéressant la dynastie. Chaque poème était confié à une famille et se transmettait de père en fils à travers des générations. L’ensemble des détenteurs de ces poèmes constituait le collège des biru qui étaient des conseillers spéciaux du pouvoir sous l’autorité d’un doyen ou grand mwiru intronisateur, nécessairement du clan des Abatsobe. Les familles matri-dynastiques (Abega par exemple) étaient exclues de la connaissance du code ésotérique. L’accès au code ésotérique de la Reine Mère Nyiramavugo II Nyiramongi du clan des Abega fut la cause lointaine des événements tragiques de Rucunshu.
Le code ésotérique étant l’âme du système politique des Banyiginya, le conflit rwandais en est l’émanation. En effet, ce code avait placé le pouvoir au dessus de tout, même de la vie. Aux termes de ce code, l’exercice du pouvoir était la prérogative exclusive du roi munyiginya, prérogative qui se transmettait de père en fils. Le roi munyiginya exerçait un droit absolu de vie et de mort sur ses sujets ; il devait par conséquent mettre à mort quiconque pouvait y prétendre sans remplir les conditions du code ésotérique. Signalons en passant, que tuer pour le maintien du pouvoir était un devoir sacré pour le monarque munyiginya. Il lui était strictement interdit d’abdiquer. Si le cas devait se présenter, il devait se donner la mort ; et ainsi permettre que le pouvoir reste dans sa lignée (Kwitangira ingoma) [n.d.l.r. Alexis Kagame donne l'exemple de Ruganzu I Bwimba (vers 1400) qui se sacrifia pour éviter que son royame soit annexé par le Gisaka rival].
C’est pourquoi, lorsqu’un monarque tutsi tuait un roi hutu qui lui résistait, il devait le mutiler et orner le tambour - emblème de la dynastie – de ses organes génitaux pour signifier que le royaume hutu en question était, mythiquement et définitivement, éteint. Le Hutu était, comme on l’a vu, réduit à la condition de sous-homme au service de son seigneur. C’est le sens des vers suivants, extraits d’un vieux poème dynastique : « Harabaye ntihakabe Hapfuye imbwa n’imbeba Hasigara inka n’ingoma » ;signifiant, tout simplement, qu’après une lutte acharnée, les chiens et les rats on fini par céder leur place à la vache et le tambour. En d’autres termes, les royaumes Hutu ont été, finalement, définitivement conquis par le Tutsi. Comme on le voit, c’est le code ésotérique qui a radicalisé cette situation pour toujours.
3.2.3. L’Ubuhake
De toutes les armes que le Tutsi a utilisées pour réduire le Hutu à l’esclavage, la plus redoutable et la plus efficace fut le système d’Ubuhake.
3.2.3.1. La notion de l’’Ubuhake
C’était un système de relations sociopolitiques entre des individus ou, même, entre des institutions. Il était l’inspiration du contrat d’Ubugererwa des royaumes Hutu dont il est différent quant à son objet et à son but. L’objet de l’ Ubuhake était la vache au lieu d’être la terre, et il avait lieu entre deux personnes se trouvant aux rangs sociaux différents. Le plus puissant s’engageait à protéger le faible ainsi que tous les siens dans toutes les circonstances et pour autant que leurs relations d’Ubuhake n’étaient pas définitivement interrompues. L’autre partie, quant à elle, s’engageait à exécuter parfaitement tous les ordres reçus de son protecteur. Par cet engagement, le protégé cessait de s’appartenir ou d’appartenir à sa famille pour devenir l’homme à la disposition de son patron.
Signalons qu’en réalité, la vache ainsi reçue restait partie intégrante de la propriété du seigneur, le Mugaragu n’en étant que simple usufruitier. C’est-à-dire que, sous n’importe quel prétexte, le Shebuja pouvait reprendre toutes les vaches que le Mugaragu détenait. Même quiconque propriétaire de vaches obtenues en dehors d’Ubuhake (imbata) pouvait se les voir dépouiller par un plus puissant, sans la possibilité d’aucun recours. Quand la situation allait bien, la relation entre les deux parties était héritée dans le même ordre, de père en fils pendant des générations entières.
3.2.3.2. Les conséquences de l’’Ubuhake
L’institution de l’Ubuhake a produit des conséquences particulièrement graves sur les plans individuel, social et politique.
3.2.3.2.1 Sur le plan individuel
Par le truchement de l’Ubuhake, le Tutsi voulait faire du Hutu un type d’hommes assujetti et essentiellement voué à son service. Sur ce plan individuel les conséquences furent :
a)L’égocentrisme (inda nini)
Ainsi asservi, le Hutu devait depuis, dépenser ses forces quotidiennement, au profit du seigneur Tutsi pour avoir de quoi « mettre sous la dent ». Ainsi, pendant des générations, le Hutu n’ayant d’autres préoccupations que son « ventre », a fini par acquérir pour de bon le caractère d’égocentrisme incompatible avec la gestion des affaires de la communauté. [n.d.l.r.un récit populaire corrobore intitulé 'Umurage n'umuvumo bya Kibaza' corrobore cette constatation].
b)Le manque de clairvoyance et de présence d’esprit (kutibaza-kudashisho za)
Tout au long de son éducation, le futur seigneur Tutsi était quotidiennement soumis à des exercices physiques (guhamiliza) militaires (kumasha), il était associé à des jeux favorisant le développement mental et intellectuel tel que le Gisoro ainsi qu’à des séances spéciales pour acquérir des mécanismes de l’art oratoire (gutarama) nécessaires dans l’exercice du pouvoir.
Tandis que le jeune Hutu du même âge, à l’instar de son père ou au secours de celui-ci, devait s’occuper chaque jour des travaux durs, fatigants et de toute autre sale besogne que la famille du seigneur dédaignait. Les activités d’ordre intellectuel constituaient la moindre de ses préoccupations, et cela pendant des siècles. [n.d.l.r.un récit populaire corrobore intitulé 'Umurage n'umuvumo bya Kibaza' corrobore cette constatation]. C’est ce qui explique pourquoi, souvent le Hutu n’a pas toujours discerné les pièges (amayeri) que le Tutsi lui a tendus pendant des générations entières. Les exemples abondent dans l’histoire du Rwanda.
c)Une peur irraisonnée, permanente et traumatisante (Umususu)
C’était une peur constante inspirée par tout ce que le seigneur Tutsi, en sa qualité de propriétaire de la personne du Hutu, pouvait faire de mal à son esclave sans défense. [n.d.l.r.un récit populaire corrobore intitulé 'Umurage n'umuvumo bya Kibaza' (dernier paragraphe) corrobore cette constatation]
De tout ce qui précède l’on se rend aisément compte que le Hutu est devenu, au cours des siècles un robot au service de son seigneur. Il lui faut beaucoup de temps et de patience et surtout de détermination pour reconquérir sa qualité d’homme.
3.2.3.2.2. Sur le plan social
Le système d’Ubuhake était le fondement essentiel des relations sociales dans les Rwanda ancien. De nos jours ses séquelles se font encore ressentir. Les relations entre Hutu et Tutsi étaient nécessairement basées sur l’Ubuhake ; pour le Tutsi, le Hutu devait être naturellement à son service. A la limite, l’inverse était concevable: un Tutsi pouvait se constituer un umugaragu du Hutu - muhinza – mais à court terme et pour un objectif bien déterminé. C’est dire que lorsque le Tutsi n’avait pas réussi à éliminer le Muhinza par les armes, ou qu’il ne l’avait pas pu en lui donnant sa fille en mariage, il se rapprochait de lui sous les apparences d’un umugaragu, en vue de le faire disparaître sans difficultés. C’est ce que Ruganzu II Ndoli a fait sous le pseudonyme de Cyambarantama, pour tuer le dernier monarque du Bugara, Nzira. [n.d.l.r.lire l'histoire du roi Ruganzu II Ndoli].
Plus près de nous encore, pour ne parler que de cela, quand le Général Major Juvénal Habyarimana a accédé à la tête de l’ Etat, le Tutsi s’est approché de lui de telle sorte qu’il était devenu le vrai détenteur du pouvoir. Un proverbe rwandais dit, à ce sujet que « lorsque tu loges le Tutsi au cœur de ton foyer, il t’enlève ta femme » (umututsi umusembereza ikweru akaguca haruguru).
La vérité sur ce qu’il cherchait à obtenir a été révélée en 1980 lors de ce qu’il a été convenu d’appeler « Affaire Lizinde ». Monsieur Lizinde, alors chef de service du renseignement et auteur du livre La découverte de Kalinga ou la fin d’un mythe, a dénoncé le danger que constituait l’emprise des Tutsi sur le pouvoir républicain. Il fut accusé à son tour, et pour cette cause, de nourrir des ambitions pour renverser le pouvoir en place. A partir de son moment, les Tutsi jurèrent de prendre le pouvoir par la force.
Par ailleurs, le système d’Ubuhake avait atteint un tel degré de perversion que le mugaragu était plus fier d’être esclave de son maître Tutsi que d’être fils de son père biologique. Cela devait se concrétiser dans la conduite de tous les jours. C’est ainsi qu’un Hutu au service d’un seigneur Tutsi était apprécié dans ses agissements en fonction de la bravoure ou de la médiocrité de son maître.
Dans certains cas, lorsqu’une famille de Hutu (au sens large) avait donné des bagaragu à une autre famille de Tutsi pendant des générations, la première abandonnait son clan d’origine pour adopter celui de la deuxième (Abanyiginya, Abega, Abageserab’Abazirank ende) mais sans pour autant devenir Tutsi. Même au cas de mariage, le Hutu gendre du Tutsi pouvait bénéficier de beaucoup de faveurs mais jamais il ne pouvait changer de statut pour devenir Tutsi. Pour le Tutsi, la nature des choses était telle que le Hutu pouvait atteindre un certain degré de perfection, mais jamais égaler le Tutsi (zirungwe zange zibe isogo!) [n.d.l.r. Sur ce point, Alexis Kagame confirme qu'un Hutu pouvait devenir 'politiquement' Tutsi en acquérant ds richesses bovine mais qu'il restait 'racialement' (i.e. ethniquement) Hutu. Cfr. paragraphe 33 de Les trois races].
Dans les relations d’Ubuhakee, le mensonge et l’intrigue étaient les règles du jeu substantielles. En effet, l’action de guhakwa comportait entre autres pratiques, pour le mugaragu, à dire à son maître des choses agréables à l’oreille, même s’il s’agissait des contre -vérités, pourvu qu’il soit attentivement et favorablement écouté (ukuli wabwiye shobuja niko umuhakishwaho).Pour cela, le mugaragu devait couvrir son seigneur de louanges en évoquant ses actes de bravoure, mais surtout en compliquant au moyen des intrigues souvent cruelles, la vie d’un ou des collègues bagaragu adversaires pour rester seul dans les faveurs du seigneur.
Mais ces manoeuvres constituaient une armes à double tranchant : en cas de découverte, le coupable recevait un châtiment exemplaire ; au niveau de la Cour, il était souvent mis à mort, car, comme dit un proverbe rwandais, « le mensonge est celui dont l’auteur est convaincu de la culpabilité » (ikinyoma ni igitsinzwe).
Signalons enfin qu’en cas de commise féodale (kunyaga ukeza, kwunûra)contre un chef, par exemple par suite d’une faute grave, ses vaches étaient transférées à un autre chef avec l’ensemble des bagaragu sous ses ordres (le ban et l’arrière-ban) . Ceci pour signifier tout simplement que l’homme était subordonné à la vache.
Voilà, en résumé, en quoi le système d’Ubuhake a façonné les relations sociales dans le Rwanda ancien. On aura remarqué aisément, que les traits caractéristiques du système n’ont pas encore totalement disparu de la vie des rwandais à l’heure actuelle.
3.2.3.2.3. Sur le plan politique
L’Ubuhake, institution fondamentale de la monarchie féodale, avait créé au niveau le plus élevé dans chaque région du pays une pyramide de chefs représentant le pouvoir central (le Mwami). C’est ainsi qu’on retrouvait dans chaque région un chef des terres (umutware w’ubutaka), un chef des pâturages (umutware w’umukenke), et au dessus de tous, un chef de l’armée (umutware w’ingabo), représentant le Mwami en tout. Au sommet de tout le système, trônait le Mwami avec des pouvoirs exorbitants dont le droit de vie et de mort sur tous ses sujets.
Par ailleurs, pour jouir de ses droits, tout rwandais devait appartenir à une armée comme il devait avoir un shebuja dans des conditions que l’on sait. Du coup, tout citoyen rwandais appartenait à l’armée de son shebuja. C’est aussi dans ces conditions qu’il pouvait jouir du droit d’ester en justice au niveau des chefs et de la Cour et avec l’assistance de son shebuja. Quiconque propriétaire de vaches obtenues en dehors d’Ubuhake (imbata) pouvait se les voir dépouiller par un plus puissant, sans la possibilité de recourir à la protection d’un plus puissant encore.
Voilà en quelques lignes le système d’ Ubuhake, véritable base de la dynastie des Banyiginya, qui a joué un rôle considérable dans l’assujettissement du Hutu et, par conséquent, dans la création du conflit rwandais. C’est dans cet état de choses que l’étranger européen est arrivé au Rwanda.
3.3. Emancipation et Révolution de 1959
3.3.1. Radicalisation du conflit rwandais
C’est avec l’arrivée des colonisateurs que le conflit rwandais s’est radicalisé. En effet, c’est le belge qui, à la demande des seigneurs Tutsi, a décidé que l’appartenance ethnique soit obligatoirement mentionnée dans le livret d’identité parce que les droits étaient attachés à l’ethnie. Ce fut ainsi que selon Monseigneur Classe, « seul le Tutsi qui de par ses qualités supérieures et son sens de commandement, était bien indiqué pour gouverner sans partage le Rwanda ». C’est dans cette ambiance que le Groupe Scolaire d’Astrida a été fondée pour former des jeunes Tutsi (indatwa) destinés à succéder à leurs pères ; tandis que les jeunes Hutu devaient se contenter du catéchuménat, des écoles artisanales, etc. Exceptionnellement, les enfants Hutu pouvaient être admis à fréquenter les écoles de moniteurs et des séminaires.
A cette époque, l’institution de l’Ubuhake a aussi beaucoup évolué. L’ Ubuhake n’était plus qu’un simple contrat de clientélisme entre le Hutu et le Tutsi que le colonisateur a compensé par l’instauration de la corvée (akazi) et de la taille (uburetwa), auquel le Hutu était soumis au profit du seigneur Tutsi et du colonisateur. Le manquement à ces deux nouvelles obligations était sanctionné par la bastonnade (ikiboko)et la prison (umunyururu). Mais pour l’Administration belge, un Hutu qui parvenait à posséder 20 vaches au moins, accédait automatiquement au statut de Tutsi (kwihutura) et était automatiquement exempté de l’obligation de la corvée et de la taille. [n.d.l.r. Sur ce point, Alexis Kagame confirme qu'un Hutu pouvait devenir 'politiquement' Tutsi en acquérant des richesses bovines mais qu'il restait 'racialement' (i.e. ethniquement) Hutu. Cfr. paragraphe 33 de Les trois races]. C’est dans cette ambiance que le mouvement de l’émancipation du Hutu allait naître et conduire le pays à la Révolution.
3.3.2. Le Mouvement d’émancipation
Tout a commencé par l’élaboration par la puissance tutrice, d’un plan décennal qui, tenant compte des progrès jusque là réalisés, prévoyait une série d’actions à mener au cours de la décennie suivante. C’est dans ce cadre que fut pris le décret du 14 juillet 1952 portant réorganisation du Ruanda-Urundi, texte qui prévoyait notamment l’élection des conseillers à tous les échelons du pouvoir. Quelques rares Hutu qui avaient fréquenté l’école commençaient à manifester leurs idées démocratiques. C’est dans ce contexte que l’administration tutrice contraignit le Mwami Mutara III Rudahigwa à nommer des Hutu aux postes de sous-chefs et surtout à supprimer pour l’avenir, l’institution d’Ubuhake qui ne correspondait plus à l’évolution des choses de l’époque.
Au cours de l’année 1954, le Mwami, sous pression du colonisateur, prit une décision capitale de supprimer le système d’ Ubuhake en ordonnant qu’il y eût un partage de vaches détenues par le mugaragu, entre celui-ci et son shebuja. [n.d.l.r. L'opposition des nobles Tutsi - grands bagaragu de l’Ibwami- est explicitement exprimée dans un écrit datant du 18 mai 1958 connu sous le titre de 'Deuxième écrit de Nyanza']. Il y eut beaucoup de réactions négatives dans les milieux conservateurs Tutsi, mais un pas de géant venait d’être fait dans la libération du Hutu. Quelques temps plus tard, ce fut le tour de la corvée à être supprimée dans les mêmes conditions. Mais les Tutsi conservateurs se liguèrent pour combattre cette évolution pourtant irréversible. Les leaders Hutu acquis aux idéaux démocratiques réagirent en publiant en date du 24 mars 1957 un document resté célèbre intitulé le « Manifeste des Bahutu ». Dans ce document, pour la première fois le système féodo-monarchiste était publiquement mis en cause et la question Hutu-Tutsi posée clairement ; le conflit rwandais y était bien circonscrit et des solutions concrètes proposées.
3.3.3. La Révolution de 1959
En réponse au « Manifeste des Bahutu », les grands serviteurs Tutsi de la cour alors présents à Nyanza au nom de leurs congénères réagirent très négativement, par une lettre du 17 mai 1958 adressée au monarque d’alors. Dans cette lettre, les auteurs déclaraient que les Tutsi et les Hutu n’avaient rien de commun. Ils écrivaient en substance ce qui suit :
…comment les Bahutu réclament maintenant leurs droits au partage du patrimoine commun. Ceux qui réclament le partage du patrimoine commun sont ceux qui ont entre eux des liens de fraternité. Or les relations entre nous (Batutsi) et eux (Bahutu) ont été de tous temps jusqu' à présent basées sur le servage ; il n'y a donc entre eux et nous aucun fondement de fraternité. En effet quelles relations existent entre Batutsi, Bahutu et Batwa ? Les Bahutu prétendent que Batutsi, Bahutu et Batwa sont fils de KANYARWANDA, leur père commun. Peuvent-ils dire avec qui Kanyarwanda les a engendrés, quel est le nom de leur mère et de quelle famille elle est ? Les Bahutu prétendent que Kanyarwanda est père des Batutsi, Bahutu et Batwa ;or nous savons que Kigwa est de loin antérieur à Kanywarwanda et que conséquemment Kanyarwanda est de loin postérieur à l' existence des trois races Bahutu, Batutsi et Batwa, qu? il a trouvées bien constituées. Comment dès lors Kanyarwanda peut-il être père de ceux qu? il a trouvés existants ? Est-il possible d' enfanter avant d'exister ? Les Bahutu ont prétendu que Kanyarwanda est notre père commun, le « Ralliant » de toutes les familles Batutsi, Bahutu et Batwa : or Kanyarwanda est fils de Gihanga, de Kazi, de Merano, de Randa, de Kobo, de Gisa, de Kijuru, de Kimanuka, de Kigwa.Ce Kigwa a trouvee les Bahutu dans le Rwanda. Constatez donc, s'il vous plaît, de quelle façon nous, Batutsi, pouvons être frères des Bahutu au sein de Kanyarwanda, notre grand père. L'histoire dit que Ruganzu a tué beaucoup de « Bahinza »(roitelets). Lui et les autres de nos rois ont tué les Bahinza et ont ainsi conquis les pays des Bahutu dont ces Bahinza étaient rois. On en trouve tout le détail dans l' « Inganji Kalinga ».Puisque donc nos rois ont conquis le pays des Bahutu en tuant leurs roitelets et ont ainsi asservi les Bahutu, comment maintenant ceux-ci peuvent-ils prétendre être nos frères ? [ N.d.l.r. Lire l'entiéreté de l'écrit connu sous le titre de 'Voici le détail historique du règne des Banyiginya au Rwanda']
Par conséquent, les Hutu devaient rester soumis aux Tutsi comme toujours. Dans ces conditions, il ne manquait qu’une occasion pour déclencher la révolution. Le processus révolutionnaire a été accéléré par la mort inopinée du Mwami Mutara III Rudahigwa sans descendance et sa succession par son demi-frère Kigeli IV Ndahindurwa dans des circonstances restées obscures. [ N.d.l.r. Lire: 'La mort de Mutara III et l’ avènement de Kigeli V' par M. A. Maus, colon belge et membre du Conseil Spérieur du Pays. Selon lui, l'accession du Mwami Kigeri V Ndahindurwa au trône est un coup d'Etat. ] A l’avènement de celui-ci, des assassinats furent organisés pour intimider et décourager les leaders Hutu, mais sans succès. La goutte qui devait faire déborder le vase fut l’agression en date du 1 novembre 1959, par des jeunes gens Tutsi contre un sous-chef Hutu de Ndiza, Dominique Mbonyumutwa. La Révolution était déclenchée. Celle-ci a essentiellement consisté dans le soulèvement massif du peuple rwandais contre des structures féodales multiséculaires qui avaient écarté le Hutu de la participation à l’exercice du pouvoir dans son pays, en le réduisant à la condition d’esclave pour le compte du Tutsi. Les Tutsi extrémistes qui n’acceptaient pas les changements démocratiques se sont exilés à l’étranger pour y organiser des attaques terroristes.
Les élections démocratiques organisées aux mois de juin - juillet 1960 ont confirmé la situation en donnant une majorité écrasante (Bourgmestres et Conseillers Communaux) au Parti du Mouvement de l’Emancipation Hutu (PARMEHUTU), mais toujours, dans le cadre de la monarchie. C’est dans ce contexte que feu Président Grégoire Kayibanda, alors président du MDR PARMEHUTU, forma un gouvernement provisoire ; c’était le 26 octobre 1960. A cette occasion il devait notamment déclarer :
C’est aujourd’hui en effet, qu’un gouvernement représentatif et un parlement également représentatif sont mis en place. Aujourd’hui la démocratie, la démocratie libératrice a vaincu la féodalité, la féodalité, sous quelque forme qu’elle soit, sous quelque forme qu’elle puisse être, elle est vaincue définitivement, elle est abolie définitivement, nous la rejetons définitivement.
Une solution au conflit rwandais était encore une fois trouvée et proclamée solennellement : la démocratie.
Le nouveau Mwami avait quitté le Rwanda depuis avril 1960 et un problème institutionnel grave était aussi posé. Le gouvernement alors mis en place convoqua tous les élus du peuple en congrès à Gitarama pour leur demander de se prononcer sur une formule définitive qui convenait au pays compte tenu de l’évolution de la situation. C’était le 28 janvier 1961.Tous les Conseillers Communaux, tous les Bourgmestres, les Députés et les membres du Gouvernement Provisoire réunis en ce jour mémorable, décidèrent l’abolition de la monarchie et proclamèrent la République. Notre pays allait s’appeler, depuis, la « REPUBLIQUE RWANDAISE » régie par des institutions démocratiques avec un drapeau rouge, jaune et vert comme emblème de la Nation.
C’est cet évènement que, consciemment ou non, certains milieux ont désigné sous l’expression de « Coup d’Etat de Gitarama » oubliant qu’il s’agissait d’une oeuvre réalisée par les représentants du peuple rwandais. Cette décision des élus du peuple rwandais allait, à la demande des adversaires de la démocratie, être confirmée par le peuple lui-même lors du Référendum organisé et supervisé par l’Organisation des Nations Unies en date du 25 septembre 1961.
3.4. Le Rwanda : République indépendante
Comme on l’a vu, les ennemis du peuple rwandais n’ont jamais accepté la meilleure solution au conflit rwandais. Ils ont toujours combattu la démocratie. Sous la I ère et la II ème Républiques, ils n’ont fait que changer de stratégies selon la conjoncture du moment jusqu’au déclenchement de la guerre d’octobre 1990.
3.4.1. Sous la Première République
Le problème Rwandais est concrétisé par une série de guerres de reconquête du pouvoir par les anciens seigneurs féodo-monarchiques.
Depuis la victoire de la République démocratique, le Rwanda a été victime de nombreuses agressions terroristes des Inyenzi en provenance des pays limitrophes. Chaque fois, les complices de l’intérieur devaient payer de leur vie, et les agresseurs en profitaient pour accuser les Hutu des crimes de génocide. A ce sujet, feu le Président de la République Grégoire Kayibanda a, à plusieurs reprises, invité les Inyenzi
Les vies humaines qui malgré notre vigilance ont péri par terrorisme ne gagnent rien à être couvertes par les bruits de vos calomnies à l’égard du Gouvernement de la République.
Qui est génocide ?
Posez-vous honnêtement la question et répondez-y du fond de votre conscience.
Les Tutsi restés au pays qui ont peur d’une fureur populaire que font naître vos incursions sont-ils heureux de vos comportements ?
Qui est génocide ?
Ceux qui vous appuient et financent vos menées terroristes et fratricides vous rappellent-ils que les Bahutu ne se laisseront jamais malmenés, et qu’à vos coups, ils n’entendent pas du tout opposer un héroïsme qui serait d’ailleurs de mauvais aloi.
Qui est génocide ?
Les Inyenzi n’ont jamais entendu cet appel. Au contraire, ils ont multiplié leurs aventures meurtrières jusqu’en 1967, année au cours de la quelle ils ont lancé leur dernière attaque de la série contre le peuple rwandais. Ils ont dû faire un constat amer selon lequel ils ne pouvaient pas arracher au peuple un pouvoir chèrement et démocratiquement acquis. A partir de ce moment, les Inyenzidécidaient d’arrêter leurs attaques pour un certain temps mais sans abandonner l’idée de reprendre le pouvoir au Rwanda. Ils allaient changer de stratégie et s’organiser, en vue d’atteindre un jour, leur objectif ; ce qu’ils firent sans attendre. Ils allaient profiter d’une situation de crise grave qui caractérisa la fin des années 60.
En effet, suite à une divergence entre la vielle classe dirigeante et une nouvelle génération de dirigeants rwandais, divergence qui devait conduire au phénomène néfaste de division très grave au sein de la classe politique baptisé alors « Guta umurongo », le Rwanda allait être sérieusement secoué pendant un certain temps.
Les Tutsi devaient donc saisir cette occasion pour s’infiltrer dans tous les secteurs de la vie nationale (fonction publique, entreprises publiques et privées, écoles, Université Nationale etc.), et surtout pour détourner l’attention des jeunes dirigeants Hutu en leur donnant leurs filles en mariage. En agissant de la sorte, il est évident que les Tutsi ne cherchaient pas à contribuer à résoudre le conflit rwandais, mais plutôt à endormir les dirigeants Hutu pour reprendre le pouvoir le moment venu. Le procédé était devenu classique. La découverte de toutes ces manoeuvres et les actes de génocide contre les Hutu du Burundi en 1972 provoquèrent des troubles que connut le Rwanda au cours des années 1972-1973. Signalons que lesdits troubles se sont produits au moment où les Inyenzi se préparaient à lancer de nouvelles attaques contre le Rwanda, en provenance surtout du Burundi et de l’Ouganda. C’est pour mettre fin à ces troubles qu’un groupe d’officiers supérieurs de la Garde Nationale sous la conduite du Général Major Juvénal Habyarimana prit le pouvoir en date du 5 juillet 1973. La Deuxième République venait de voir le jour.
3.4.2. Sous la Deuxième République
A la naissance de la IIème République, ses fondateurs s’étaient assignés la mission de mettre fin aux troubles ethniques qui secouaient le pays depuis plusieurs mois. Mais en plus, ils nourrissaient une noble ambition de créer et maintenir un climat de Paix et d’unité nationale, véritables bases d’un Développement harmonieux et durable. Trois mots clés qui allaient constituer la devise du Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement (MRND). Effectivement, dans le cadre du MRND, le Rwanda connut, à ne pas en douter, un développement socio-économique sans précédent de son histoire. Pour concrétiser cette unité nationale, le peuple rwandais était confondu avec le Parti MRND. Dans ce cadre, et sous certaines conditions impliquant la réconciliation et la démocratie, le conflit rwandais allait encore une fois trouver une solution. Mais cette solution n’a pas pu véritablement voir le jour parce que, comme toujours, le Tutsi n’y tenait pas.
En effet, comme cela a été dit plus haut, le Tutsi n’a jamais abandonné l’idée de récupérer le pouvoir et de l’exercer sans partage. Comme toujours dans de pareilles conditions, profitant de ce climat de paix et d’unité nationale (le Hutu y croyait très profondément) , le Tutsi a réussi à s’infiltrer dans les plus hautes instances de l’Etat (guhakwa) pour prendre le pouvoir à l’aise au moment qu’il jugera le plus opportune.
Feu le Président Juvénal Habyarimana et son entourage immédiat étaient devenus, pendant des années, des otages du Tutsi. Ce dernier était parvenu à contrôler tout le secteur économique, tandis que le Hutu s’esquintait quotidiennement dans des activités de routines administratives sans lendemain. Il a fallu attendre la crise de 1980 (Affaire Lizinde) pour découvrir les desseins sataniques du Tutsi. Suite à la découverte de leurs manoeuvres lors de l’éclatement de l’Affaire Lizinde, les Tutsi décidèrent de s’emparer du pouvoir au Rwanda par la force. C’est ce qu’ils tentèrent de faire, à la chute du dictateur ougandais Idi Amin Dada. Mais cette attaque n’a pas eu lieu parce qu’il y eut conflit de génération au sein des Inyenzi mêmes. Ce sont les vieux qui voulaient attaquer, tandis que les jeunes estimaient que c’étaient trop tôt. Ils eurent raison. Par ailleurs, Museveni avait besoin de leur concours pour conquérir l’Ouganda, il s’étai engagé à les aider à leur tour à conquérir le Rwanda. Le pacte fatal pour le Rwanda était conclu. En effet, depuis que Museveni a pris le pouvoir à Kampala, les Tutsi ont été mis très à l’aise. Ils pris tout leur temps pour préparer la guerre de reconquête du pouvoir au Rwanda, par des entraînements massifs, des achats d’armes et par l’intoxication de l’opinion internationale par tous les moyens. Museveni qui, au cours de sa guerre de conquête de l’Ouganda avait bénéficié d’un appui substantiel du gouvernement rwandais, faisait croire partout que le Rwanda ne pouvait, en aucun cas, être envahi de l’Ouganda. Les autorités rwandaises y ont cru alors même que des actes de reconnaissance et de sabotage, de la part de l’armée ougandaise, étaient de plus en plus nombreux sur le sol rwandais, surtout du côté de la frontière nord-est.
A partir d’un certain temps, les Tutsi, naguère, trouvaient en Habyarimana leur sauveur pour avoir supprimé le PARMEHUTU, apporté paix aux Tutsi et unité à tout le peuple rwandais, se mirent à décrier sa dictature imposée au peuple rwandais au sein du MRND ainsi que tous les obstacles opposés par le régime en place au retour des réfugiés Tutsi. Les fils des Inyenzi étaient donc déterminés à intervenir militairement pour « libérer » le peuple rwandais de ladite dictature et pour permettre aux réfugiés de regagner leur patrie. Quel prétexte ! Signalons ici que, pour le Tutsi, le concept de dictature découle de l’idée qu’il se fait de lui-même. En effet, étant né pour commander (kuvukana imbuto), culturellement le Tutsi considère que tout ce qui se fait sans lui ou en dehors de lui n’a aucune valeur. C’est ainsi que la Révolution de 1959 n’en fut pas une (ce fut plutôt le début des massacres !) et que la gestion des affaires de l’Etat par la majorité du peuple rwandais, pendant plus de trente ans, fut qualifiée de médiocre parce que dictatoriale. Il appartient à l’Histoire de juger. [ N.d.l.r. Lire 'L' Histoire des Rois que supposent les Poèmes Episodiques. .. ' ( 6 & 7) où Alexis Kagame donne l'exemple de la période de "veuvage" (occupation par les Banyabungo) entre les règnes de Ndahiro II Cyamatare (vers 1550) et son successeur Ruganzu II Ndoli(vers 1580).] En ce qui concerne le problème des réfugiés Tutsi, il faut rappeler ici qu’après de multiples tractations, ce problème avait déjà trouvé une solution appropriée. C’est dans ce cadre qu’il fut convenu que les réfugiés pouvaient visiter le Rwanda pour se rendre compte de ses possibilités d’accueil (occasion sans pareilles pour des opérations de reconnaissance par le FPR) pour leur permettre, en définitive, soit de venir s’installer au Rwanda, soit de rester à l’étranger avec des facilités de visiter les familles se trouvant au Rwanda, soit enfin, d’acquérir une nouvelle nationalité, tout en jouissant des mêmes facilités. [ N.d.l.r. Lire 'Commentaires d'Edouard Karemera sur « Rwanda, le droit à l'espoir », livre écrit par le Général de Brigade Leonidas Rusatira ' (titre 3, paragraphes 3.1 et 3.2). En contredisant Léonidas Rusatira, Edouard Karemera, ancien ministre et membre du comité central du MRND à l'époque du monopartisme, éclaire le lecteur sur la position du gouvernement rwandais au sujet du retour des réfugiés Tutsi.] Ainsi donc, après s’être bien préparés et équipés et avec le concours maximum de l’Ouganda, les jeunes Tutsi, membres de la NRA (National Resistance Army, armée ougandaise) estimant que le moment était venu, déclenchèrent une guerre d’agression contre le Rwanda en vue de reconquérir le pouvoir. C’était le 01/10/1990. Ce fut la fin d’une époque.
3.5. La guerre de reconquête du pouvoir avec toutes ses tragédies
C’est en fait la dernière épisode d processus conflictuel au Rwanda qui a abouti à la tragédie la plus grave de l’histoire du pays, et où le problème rwandais s’est posé avec plus d’acuité que jamais. L’absence de volonté ou plutôt le refus délibéré du Tutsi de trouver une solution appropriée au dit problème a entraîné le démantèlement de la nation rwandaise toute entière. Cette épisode a, jusqu’à ce jour, connu deux phases : la phase qui va, précisément, du déclenchement de la guerre à la conclusion de l’Accord d’Arusha, et celle qui débute avec la reprise des hostilités en date du 06 avril 1994.
3.5.1. Du début de la guerre par le FPR à la conclusion de l’Accord de Paix d’Arusha.
Sous le prétexte mis en évidence plus haut, les fils des Inyenzi membres de la NRA déclenchèrent, contre le Rwanda, une guerre d’agression sous la dénomination de Front Patriotique Rwandais (FPR-Inkotanyi) ; c’était le 1er octobre 1990. Depuis, rien n’a plus été comme avant dans la vie des rwandais. En effet, jusqu’à cette date et depuis plusieurs années, le Rwanda était devenu selon la Banque Mondiale, un modèle de développement intégral dans toute la région sub-saharienne. Les ethnies vivaient en une symbiose telle que dans certains cas, la confusion était totale. D’aucuns croyaient que les ethnies comme telle étaient en voie de disparition. Mais comme on l’a vu, le Tutsi n’y croyait pas. Il a plutôt profité de ce contexte pour s’infiltrer dans les hautes instances de l’Etat pour les renverser le moment venu. Depuis le déclenchement de cette maudite guerre donc, non seulement les relations entre rwandais ont été bouleversées mais aussi des changements importants ont été opérés au niveau des institutions de l’Etat (Constitution du 10 juin 1991 et Accord de Paix d’Arusha du 04 août 1993).
3.5.1.1 La guerre d’octobre 1990
Cette guerre éclair qui a éclaté à Kagitumba dans la corne du nord-est du Rwanda, avait pour objectif la prise de Kigali endéans trois jours. Mais dès le deuxième jour de bataille, les Forces Armées Rwandaises neutralisaient les combattants du FPR et même leur Commandant en Chef en la personne du Général Major Fred Rwigema, ancien commandant adjoint de la NRA et vice-ministre de la défense du Gouvernement Ougandais y perdit la vie. Après ces combats très rudes au Mutara, le FPR fut repoussé en dehors de la frontière rwandaise, fin octobre 1990. Mais, dès les premiers jours du mois de novembre suivant, l’ennemi relança ses attaques contre les communes rwandaises frontalières avec l’Ouganda (Muvumba, Kiyombe, Cyumba, Kivuye de Byumba et Butaro de Ruhengeri), cette fois-ci sous forme de guérilla. A partir de ce moment, la population civile était directement concernée. Ce fut en effet, le début d’une série de crimes de droit international humanitaire commis par le FPR. La guerre contre le Rwanda devenait alors une très grave préoccupation non seulement pour le Rwanda, mais aussi, comme on le verra plus loin, pour la sous région. C’est dans ce contexte que des changements institutionnels importants ont été opérés au niveau de l’Etat.
3.5.1.2 Les changements institutionnels
Ces changements ont été introduits par la Constitution du 10 juin 1991. En effet, dans son discours du 05 juillet 1990, le Chef de l’Etat avait promis d’opérer des changements profonds (aggiornamento) au sein des institutions de l’Etat. Une commission ad hoc fut créée. Elle proposa un projet de constitution qui fut promulguée à la date susmentionnée. Comme cela a été dit, cette Constitution a apporté des changements considérables. On en indiquera deux qui sont, à coup sûr, les plus importants. La Constitution du 10 juin 1991 a d’une part, introduit le multipartisme dans les pays, le MRND cessant d’être parti unique et d’autre part, créé une nouvelle institution, à savoir le Premier Ministre, Chef du Gouvernement qui devait partager les pouvoirs avec le Président de la République. Comme on s’en aperçoit, ces changements étaient de nature, y croit-on, à permettre l’avènement d’un régime véritablement démocratique auquel même les réfugiés rwandais pouvaient participer. Et de ce fait, le conflit rwandais allait, encore une fois, trouver une solution adéquate. Mais hélas! c’était méconnaître le Tutsi qui, comme on l’a vu, avait depuis très longtemps, écarté l’idée de partager le pouvoir avec le Hutu. Il était déterminé, par conséquent, à s’emparer, tôt ou tard, de ce pouvoir par force.
Sur le plan interne, cette constitution a été appliquée tant bien que un mal. A ce sujet on peut citer, notamment, l’adoption de la loi du 18 juin 1991 sur les partis politiques. Les partis politiques ont, donc, été créés ; ils ont proliféré et en très peu de temps, ils ont dépassé la quinzaine. Le Premier Ministre a été nommé aussi. Dans un premier temps, il’ était issu du MRND et, depuis que les partis politiques opposés au MRND se sont organisés c’était un militant du MDR qui dirigeait le Gouvernement. Le FPR qui gagnait de plus en plus de terrain et de poids, a su exploiter très adroitement la situation pour détruire l’unité des hutu déjà précaire à son avantage. Pour finir, c’était pratiquement le MRND et le FPR et leurs alliés respectifs. C’est dans ce contexte politique que les négociations d’Arusha allaient être entamées.
3.5.2. L’Accord de Paix s’Arusha
Comme cela a été dit plus haut, dès les premiers mois, la guerre contre le Rwanda était devenue l’objet de préoccupation pour la sous-région. De nombreux contacts entre Chefs d’Etat furent organisés à ce sujet. C’est dans ce cadre que le Président de la République, alors Son Excellence le Général Major Juvénal Habyarimana a effectué plusieurs déplacements pour rencontrer ses pairs à Mwanza (le 17/10/1990), à Gbadolite (le 26/10/1990), à Goma (le 20/2/1991), à Zanzibar (le 17/2/1991) et à Dar es-Salaam (le 19/7/1991 et du 5 au 7 /3/1991). Par la suite, un accord de cessez-le-feu devait être conclu à N’sele (le 29/3/1991) et amendé à Gbadolite (le 16/9/1991) et à Arusha (le 12/7/1992). Tout cela en vain, les fils des Inyenzi étant déterminés à prendre le pouvoir par force. Des négociations directes entre le Gouvernement rwandais et le FPR-Inkotanyi la Communauté Internationale y souscrit. Lesdites négociations devaient se dérouler à Arusha en République Unie de Tanzanie. Elles devaient aboutir à la conclusion d’un accord de paix entre le Gouvernement Rwandais et le FPR-Inkotanyi.
Rappelons que cet accord a été négocié et conclu dans un contexte politique extrêmement tendu. En effet, depuis la rencontre de Bruxelles en juin 1992 entre les partis dits d’opposition (au MRND et à Habyarimana) et le FPR, la division entre les dirigeants Hutu était consommée au profit du FPR-Inkotanyi qui occupait déjà une certaine portion du territoire national. Ces partis, regroupés au sein de ce que certains de leurs dirigeants appelaient alors, « Forces Démocratiques de Changement » (FDC), déclaraient couvrir essentiellement toute la région du Nduga et d’autres régions semblables, pour dire que leurs adhérents étaient persécutés par les Bakiga du MRND-CDR au même titre que les Tutsi en général, façon astucieuse pour le FPR d’endormir la faction de hutu à sa solde pour s’infiltrer dans tous les coins du pays sans beaucoup de difficultés. C’est donc dans un tel contexte que les négociations d’Arusha se sont déroulées. Le représentant du Gouvernement rwandais était issu du MDR, parti principal d’opposition. Il était strictement interdit aux citoyens rwandais (sous peine d’être qualifié d’ennemi de la paix) de formuler des vœux ou de donner de simples avis dans le cadre de ces négociations de paix d’Arusha. Il va de soi, que dans ces conditions, le FPR allait, en fin de compte, obtenir plus qu’il ne demandait et, même, plus qu’il ne méritait.
L’Accord de Paix a été signé à Arusha par le Président de la République, le Général Major Juvénal Habyarimana du côté rwandais et par le Président du FPR-Inkotanyi le Colonel Alexis Kanyarengwe. Pour des raisons ci-haut évoquées, la conclusion de cet accord est intervenue dans l’indifférence généralisée de tous les rwandais. Cependant, ils gardaient l’espoirs que les anomalies constatées allaient être corrigées par les élections qui devaient être organisées vers la fin de la période de transition. Mais encore une fois hélas ! c’était se tromper grossièrement sur le Tutsi qui n’avait jamais abandonné sa logique de gouverner seul. En effet, malgré les avantages exorbitants et non mérités que l’Accord de Paix d’Arusha accordait au FPR, ce dernier n’était pas disposé à l’appliquer, car le Tutsi aurait été amené, un tant soit peu, à partager le pouvoir avec le Hutu, alors que pour lui, cela lui est culturellement prohibé. Il est à remarquer, par ailleurs, que dans le cadre des croyances et pratiques occultes, magiques et mythiques (imitsindo), le Tutsi, comme tel ne s’est jamais senti lié par cet accord de paix, ce dernier n’étant du début à la fin, que l’œuvre des Bahutu du nord (Abakiga) mais à l’avantage du Tutsi. Autrement dit, l’Accord de Paix d’Arusha élaboré et conclu pas les Hutu devait servir de tremplin aux Tutsi pour prendre le pouvoir et déraciner les Hutu. C’est cela la vérité sur le fameux Accord de Paix d’Arusha.
Toujours au sujet de cet accord, le point de vue actuel des du FPR au pouvoir à Kigali n’a pas changé ; il est exprimé avec un certain cynisme dans le journal Imboni No 003, dont l’extrait suivant :
Cependant, à part que cet (accord d’) Arusha nous reconduit sous le pouvoir semblable à celui d’Ikinani [le président Juvénal Habyarimana] , il ne présente aucun autre avantage. Il n’a pas empêché la guerre de reprendre, alors qu’il avait été conclu pour cela. Il n’a pas pu écarter le génocide [itsembabwoko] alors qu’il avait été conclu pour empêcher Ikinani de le commettre. Il n’a pas réussi le retour des réfugiés et leur réinstallation comme il le prétendait…Arusha n’existe plus, il est mort. Il est mort et il ne peut pas ressusciter. Tout cela se passe de commentaire.
Pour toutes les raisons ci-haut mentionnées, l’Accord de Paix d’Arusha a été donc conclu mais il n’a pas été appliqué comme c’était prévu. Aucun rendez-vous de mise en place des institutions prévues par lui, pourtant fixé de commun accord, n’a été respecté. Entre temps, les leaders Hutu des partis politiques membres des FDC avaient découvert le jeu du FPR, leur allié, et s’en étaient désolidarisés. A partir de ce moment, le FPR commit une série d’assassinats contre les Hutu pour préparer, dirait-on, la catastrophe sans précédent qui allait détruire la nation rwandaise toute entière depuis le début du mois d’avril 1994.
4. LA CATASTROPHE D’AVRIL 1994
Cette catastrophe vient de la guerre de reconquête du pouvoir au Rwanda déclenchée en date du 06/04/1994 en violation flagrante de l’article 1 de l’Accord de Paix d’Arusha. Cette guerre sauvage et meurtrière a produit des conséquences incalculables.
4.1. La guerre ultime de reconquête du pouvoir : préparatifs
L’horrible guerre qui a ensanglanté le Rwanda a été soigneusement préparée si bien que l’ennemi n’a pratiquement rencontré aucun obstacle de taille. La guerre ultime de prise de Kigali et de tout le pays a été très soigneusement préparée depuis longtemps. Las activités officielles de reconnaissance du terrain par le FPR se sont effectuées dans le cadre d’un organisme créé par l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine) en application d’un accord de cessez-le-feu. Il s’agit du « Groupe d’Observateurs Militaires Neutres (GOMN )» qui comptait cinq officiers du FPR parmi ses membres. Le GOMN avait accès à tout sans restriction aucune. Mais ces activités se sont intensifiées avec le soutien substantiel des éléments belges de la Mission des Nations Unies pour l’Assistance au Rwanda (MINUAR) qui étaient chargés de la protection de la ville de Kigali. Grâce à l’appui des casques bleus belges, le FPR a réussi à installer ses hommes et leurs matériels, sans aucune difficulté, dans la ville de Kigali et à travers tout le pays. C’est dans ce contexte que le FPR est parvenu à infiltrer ses brigades dans toute la zone gouvernementale (voir à ce sujet Le non-dit sur les massacres au Rwanda No 2 par l’ASBL SOLIDAIRE-RWANDA) . Mais le comble a été atteint quand, sous prétexte de protéger ses hommes membres des institutions de Transition à Base Elargie, le FPR a été autorisé a installer officiellement un bataillon (600 soldats) dans la ville de Kigali – un véritable cheval de Troie – et encore dans le palais du Conseil National de Développement (Parlement). C’était cette unité d’élite qui, le moment venu, avait la mission de mettre Kigali à feu et à sang.
Par ailleurs, après la signature du fameux Accord de Paix d’Arusha, le FPR-Inkotanyi a élaboré un document dans lequel il a consigné ses objectifs et des diverses stratégies à appliquer pour atteindre ces derniers. C’était un véritable « plan concerté ou complot » contre le peuple rwandais comme cela a été souligné dans Quand légitime défense devient génocide. En outre, avant la reprise de cette terrible guerre contre le Rwanda, un jeune officier, responsable du service de renseignement de l’armée ougandaise, en la personne du Major Paul Kagame, fut, pour des raisons certaines d’imitsindo hissé au grade de Général Major pour pouvoir chasser du pouvoir le Général Major Juvénal Habyarimana et, du même coup, les Hutu en général. Rappelons que Fred Rwigema, avait été érigé, en son temps, au même grade en présence du Chef de l’Etat rwandais alors en visite à Kampala en 1988, pour pouvoir diriger les opération de guerre dite d’octobre 1990 au cours de laquelle Kigali devait être pris endéans trois jours, comme on le sait déjà. Enfin, pour déclencher la guerre contre le Rwanda sans s’inquiéter de rien, le FPR s’était emparé des media du monde occidental et avait mis en garde les puissances étrangères contre toute ingérence dans cette guerre.
4.2. Une guerre sauvage et très meurtrière
Lorsque le FPR a estimé que le moment de s’emparer du pouvoir par force était venu, il choisit, comme le fait marquer Quand légitime défense devient génocide, d’exécuter une partie du scénario No 4 de son plan macabre:
Rupture des accords d’Arusha et recomposition d’un gouvernement en écartant par la force militaire et populaire Habyarimana et ses satellites dans un délai ne dépassant pas neuf mois à partir de la signature des accord de paix.
En effet, c’était mercredi 06 avril 1994 à 20h30, soit 08 mois et 02 jours après la signature de l’Accord de Paix d’Arusha, que l’avion qui ramenait du sommet de Dar-es-Salaam le Président Juvénal Habyarimana et son homologue burundais Cyprien Ntaryamira ainsi que leurs délégations respectives, fut abattu au moment ou il se préparait à atterrir à l’Aéroport International Grégoire Kayibanda de Kanombe à Kigali. Ce lâche et ignoble assassinat fut le déclenchement des massacres sans précédents dans l’histoire du Rwanda. En effet, pour le FPR, Habyarimana assassiné, il fallait continuer l’exécution du plan tel que prévu ; c’est-à-dire l’extermination des « satellites de Habyarimana » (ou l’élite Hutu). Mais, Dieu merci, le FPR s’est trompé dans ses sombres calculs. Il croyait que le Hutu qu’il fallait déraciner était toujours le même que celui des années 50. Au contraire, l’assassinat de Habyarimana a été un catalyseur pour l’unité de tout le peuple Hutu face à l’ennemi déclaré. A la très grande surprise des Tutsi et de leurs alliés, main dans la main et avec l’appui des forces armées rwandaises, les Hutu se sont défendus comme ils l’ont pu trois mois durant. Il a fallu l’intervention de la communauté internationale, longtemps intoxiquée par la propagande mensongère de l’ennemi, pour décréter un embargo militaire injuste et injustifié contre le peuple rwandais en vue de garantir une victoire militaire au FPR, en violation flagrante de l’Accord de Paix d’Arusha qu’elle avait pourtant cautionné. Il faut remarquer que c’est sur cette résistance farouche du peuple Hutu dans l’exercice de son droit de légitime défense que le FPR fonde ses accusations absurdes relatives au génocide commis à l’endroit des Tutsi par des Hutu. Comme on le verra un peu plus bas, c’est tout le contraire.
Après l’intervention des puissances de ce monde en faveur du FPR, le Rwanda était complètement exsangue (voir les témoignages dans Le non-dit sur les massacres au Rwanda No 1 et 2) ; le peuple rwandais (une partie qui a échappé à l’extermination) a quitté son pays pour se constituer réfugiés à l’étranger. Pour avoir une idée précise sur les responsabilité s de la tragédie du peuple rwandais jusqu’à ce jour il faut lire notamment : Le peuple rwandais accuse, document réalisé par le Ministère de la Justice (Gouvernement en Exile) ; Executive Intelligence Review (EIR) du 19 août 1994 et du 28 octobre 1994, une revue britannique qui souligne le rôle particulier joué par la Grande Bretagne dans cette maudite guerre.
5. LES CONSEQUENCES DE LA GUERRE
Pour saisir l’ampleur des conséquences de cette guerre par le FPR-Inkotanyi, il suffira de les considérer sur les plans matériel et humain.
5.1. Sur le plan matériel
Le Rwanda était certes un des pays les plus pauvres du monde, mais il était parvenu à se suffire dans des domaines diversifiés. En effet, sa devise est « Liberté, Coopération, Progrès ». Depuis que le Rwanda a accédé à la souveraineté internationale, il s’est attelé à la concrétisation de cette devise, malgré les interruptions dues à de multiples attaques des Inyenzi. Mais pour la 2ème République, dans le cadre du MRND, le Rwanda avait atteint un degré de développement tel que la Banque Mondial et le Fond Monétaire International le prennent en modèle de développement subsaharien. C’est d’ailleurs pour cette raison, selon la revue EIR, que la Grande Bretagne a contribué à la destruction du Rwanda. La guerre a donc eu entre autres pour effet, la destruction de toute l’infrastructure de développement que le peuple rwandais avait réalisée avec beaucoup de sueur, depuis son accession à l’indépendance. En effet, en plus de destruction des infrastructures, les biens abandonnés par les réfugiés ou les déplacés sont soit pillés, soit confisqués, sans aucune possibilité de récupération.
5.2. Sur le plan humain
La guerre d’agression qui a endeuillé le Rwanda depuis le mois d’octobre 1990 est la plus catastrophique de son histoire. En effet, à partir de ce moment, des dizaines de milliers de personnes ont été tuées tout au long de la frontière rwando-ougandaise, d’autres ont été portées disparues, et beaucoup d’autres se sont déplacées, étant ainsi obligé d’abandonner leurs biens. A cette époque, le FPR s’est rendu coupable d’une série de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité dont on ne parle presque jamais, et par conséquent restent impunis. Mais c’est à partir du 6 avril 1994 que le FPR a manifesté ses intentions véritables en violant de façon flagrante l’Accord de Paix d’Arusha qu’il avait signé. Par là, le FPR a montré qu’il ne tenait pas à résoudre le conflit rwandais de façon pacifique. Il voulait éliminer toute personnalité qualifiée de « satellite de Habyarimana », c’est-à-dire toute personne d’ethnie Hutu. C’est cela le génocide.
Depuis la date de triste mémoire du 06 avril 1994, le Tutsi a tué le Hutu, le Hutu s’est vaillamment défendu. Les chiffres exacts des morts ne sont pas connus mais ils dépassent sûrement deux millions. Les rescapés ont, depuis l’embargo décrété par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, pris le chemin de l’exile. C’est tout un peuple qui s’est déplacé en dehors de son territoire national. Fait sans précédent dans l’Histoire de l’Humanité. A l’étranger, le peuple rwandais vit tant bien que mal avec l’assistance des organisations humanitaires ; tandis qu’à Kigali, un gouvernement d’aventuriers, fils des Inyenzi est mis en place grâce à l’appui massif des puissances de ce monde qui ont, comme on l’a vu, contraint le peuple rwandais à l’exile. Ce gouvernement ne fait qu’arrêter ou tuer les Hutu qui n’ont pas pu fuir. Comme on le voit, le conflit rwandais est loin d’être résolu.
6. LA SITUATION DEPUIS L’INSTALLATION DU FPR AU POUVOIR A KIGALI
La guerre la plus tragique de l’histoire du Rwanda aura duré près de cinq ans. Kigali a été pris le 4 juillet et, le 19 juillet 1994 a été installé, la victoire était totale. Depuis, plus rien n’a été plus comme avant et c’est sur tous les plans.
6.1. Sur le plan politique
Il faut noter ici que la victoire militaire du FPR a placé l’Accord de Paix d’Arusha entre parenthèses. C’est dire que la seule volonté du FPR victorieux devait s’imposer (suppression du MRND, création de l’institution de « vice-président », etc.). En mettant en place des institutions éternellement provisoires. pour démarrer le nouveau régime, le FPR s’est rallier un certain nombre de Hutu de service dits « Hutu modérés »pour accomplir des missions qu’ils ne reconnaissaient pas. Quand l’objectif est atteint, le Hutu responsable devient indésirable et est souvent déclaré « génocidaire » (Cas de Faustin Twagiramungu, Pasteur Bizimungu, Pierre Célestin Rwigema, etc.). Aujourd’hui, le régime fait tout pour détruire la majorité numérique des Hutu pour pouvoir organiser des élections à son avantage. L’organisation administrative locale a été tellement chambardée qu’il n’est pas aisée de retrouver la situation d’avant la tragédie. Donc, le droit de propriété sur le terrain est totalement mis en cause.
6.2. Sur le plan judiciaire
Ce qui est remarquable ici, c est qu’il s’agit de la justice du vainqueur au vaincu. Les personnalités Hutu qui ne sont pas tuées sont purement et simplement jetées en prison sans aucun dossier. Le nombre de personnes se trouvant dans cette situation est toujours supérieur à 100.000. C’est dire que matériellement, les détenus jugés sont très peu nombreux, les détenus libérés encore très peu nombreux. Beaucoup de détenus meurent en prison. En plus, la justice sans défense dans le système « Gacaca » n’est qu’un moyen efficace pour coller à l’ethnie Hutu l’étiquette de génocide. Bref, la justice du FPR est un instrument politique parfait pour lui permettre de régner sur le Rwanda sans partage et sans inquiétude pour toujours.
A l’étranger, les Rwandais Hutu sont justiciables du Tribunal Pénal Internationale pour le Rwanda (TPIR) sis à Arusha en Tanzanie. La curiosité dans les compétences de cette juridiction, c’est que dans une situation bien déterminée, elle est habilité à juger les faits secondaires consécutifs (légitime défense) à un fait principal (assassinat du Président Habyarimana) tout en passant sous silence ce dernier pour, à coup sûr, mettre à l’abri le régime du FPR. Dès lors, il est clair que cette juridiction n’est qu’un moyen pour les grands de ce monde, de soutenir le régime du FPR. Par ailleurs, en date du 7 avril 2000, e Gouvernement belge a avoué sa part de responsabilité dans la tragédie qui a endeuillé le Rwanda. Dès lors, la question qui reste posée est de savoir comment l’Etat belge peut s’arroger le droit de juger les Hutu rwandais présumés génocidaires sans être juge et partie ! Seule l’histoire pourra y répondre.
6.3. Sur le plan social
Avant la Révolution de 1959, le droit était attaché à l’ethnie, sous le régime du FPR, les ethnies ne figurent plus dans les cartes d’identité mais une situation nouvelle a été créée. Les rwandais sont divisés en deux catégories : les «rescapés » et les « génocidaires ». Et le citoyen est traité en fonction du groupe auquel il appartient. Cette situation se fait particulièrement sentir dans les domaines de la santé, de l’éducation, du travail et de l’économie en général.
7. CONCLUSION
Le régime du FPR depuis sa victoire militaire a placé le Rwanda dans une situation pire que celle qui existait avant la révolution rwandaise parce que les temps ont changé et les esprits ont été de plus en plus ouverts alors que l’objet du conflit rwandais n’a aucunement changé. Oui, le conflit rwandais s’aggrave de jour en jour et le nombre de victimes se gonfle dans les mêmes proportions. Il appartient aujourd’hui à la communauté internationale, si elle croit encore au caractère sacré des droits de l’homme de se défaire des pièges du FPR, de pencher sur des raison profondes de ce conflit et de trouver une solution définitive appropriée permettant à tous les rwandais de jouir de tous leurs droits de citoyens rwandais.
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